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Conte de la plaine et des bois

Jean-Claude MARGUERITE

Première parution : Bordeaux, France : Les Moutons électriques, 2 septembre 2016

Illustration de Melchior ASCARIDE

LES MOUTONS ÉLECTRIQUES (Bordeaux, France), coll. La Bibliothèque voltaïque
Dépôt légal : septembre 2016
Première édition
Roman, 160 pages, catégorie / prix : 14 €
ISBN : 978-2-36183-277-3
Format : 14,0 x 18,2 cm
Genre : Fantastique

Existe aussi au format numérique (ISBN : 978-2-36183-247-6).



Quatrième de couverture
     De retour dans son pays natal, le patron d’un grand studio de dessins animés entend aboyer Dick, son premier chien, pourtant mort il y a longtemps.
     Il sort à sa recherche, traverse la rivière, se perd dans les bois... où il croise un garçon qui accompagne « son » Dick pour son ultime voyage. Débute un périple à la frontière du fantastique – ils dorment dans une maison hantée, partagent la dernière noisette de Mister Kreekle, son personnage fétiche... Toute fin étant une question de point de vue, chacun des trois voyageurs proposera la sienne.
 
     Né en Normandie en 1955, Jean-Claude Marguerite a été photographe, journaliste, publicitaire. Il travaille aujourd’hui dans l’édition et enseigne la PAO à l’université Paris 3 – Sorbonne nouvelle. D’un conte imaginé pour son fils, il a tiré Le Vaisseau ardent, écrit sur une période de dix-huit ans. Dès sa sortie, ce premier roman a été nommé Coup de cœur 2010 du Point. Conte de la plaine et des bois est son deuxième roman, un texte superbe où le « nature writing » se fait fantastique onirique.
Critiques

     Dans une aube brumeuse, un vieil homme encore en pyjama de flanelle, à peine réchauffé d’un manteau et d’un chapeau noirs, sort de son rêve et de son château après avoir entendu un chien aboyer au loin. Son premier compagnon, croit-il, mort depuis soixante-sept ans, et qui l’appelle de nouveau. Autrefois dessinateur, puis grand patron de studio de dessins animés mondialement connu, l’homme se laisse entraîner par les aboiements et s’aventure dans les bois bordant son immense domaine. Après avoir erré de branches en buissons, de flaques en feuilles mortes, il rencontre sous l’une d’entre elles un jeune garçon et un chien très âgé. Les rêveries du promeneur solitaire se transforment alors en une balade bucolique, initiatique, parfois mélancolique, où les souvenirs d’enfances de l’un font face aux espérances de l’autre. Les histoires se racontent et se mêlent, l’innocence guidant avec bienveillance les détours des trois personnages en « une course infinie après l’ombre d’un rêve ».

     Amateurs de romans de science-fiction et de grandes fresques fantastiques s’abstenir ! Dans ce court récit, l’intrigue n’est qu’esquissée, seules comptent les rencontres. Avec les joies et les regrets, avec soi-même. Tout en répondant au genre du nature writing, le pinceau-plume de Jean-Claude Marguerite (qu’on retrouve ici, six ans après son premier roman, Le Vaisseau ardent, paru chez Denoël – critique in Bifrost 60) brosse avec une tendresse lucide et une délicatesse toute ciselée, parfois proche du poème en prose, la recherche d’un temps perdu, la nostalgie d’une innocence égarée. Les hommages sont nombreux, que ce soit aux livres qui bercent les imaginaires enfantins ou à ceux qui accompagnent les adultes contemplatifs (Bosco, Whitman, Thoreau et Rousseau ne sont pas loin). Tel Charles Foster Kane murmurant son dernier « rosebud », le vieil homme évoque ici sa vie : son premier deuil, ce chien perdu de façon violente, son refuge dans ses dessins, aventures d’un jeune écureuil et d’un vieux crapaud, ses succès, et puis… la vie qui passe, qui s’accélère, pour conduire à cette journée si particulière. Le Merveilleux est là, à portée de main, Dehors. Il se pressent dans les bruissements des feuilles et de la rivière, dans le chant d’une nature actrice à part entière, dans des esquisses de paysages oniriques. Le fantastique aussi, se laisse deviner, par touches impressionnistes. Et le lecteur de se demander qui est qui quand les frontières se troublent dans la nuit de l’esprit… Personnages à part entière, rencontres au fil des mots, ou symboles d’une même vie qui se dévoile, vibrante et polymorphe, alors même qu’elle s’évade vers sa fin et vers les étoiles ?

     Invitation à se perdre, et à se laisser porter par les sensations plutôt que par une histoire structurée, ce texte allégorique nous rappelle que la plus grande aventure reste la vie, dont le sens ne cesse de se défiler, même à l’heure où la nuit tombe. Une belle promenade douce-amère, donc, mais qui pourrait bien déplaire tant elle s’éloigne des genres habituellement chroniqués ici.

Maëlle ALAN
Première parution : 1/1/2017 dans Bifrost 85
Mise en ligne le : 21/11/2022

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