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La Cité des méduses

Emmi ITÄRANTA

Titre original : Kudottujen kujien kaupunki, 2015
Première parution : Helsinki, Finlande : Teos, 6 octobre 2015
Traduction de Martin CARAYOL
Illustration de Clément CHASSAGNARD

PRESSES DE LA CITÉ (Paris, France)
Date de parution : 12 janvier 2017
Dépôt légal : janvier 2017, Achevé d'imprimer : décembre 2016
Première édition
Roman, 352 pages, catégorie / prix : 20 €
ISBN : 978-2-258-10798-4
Format : 14,0 x 22,5 cm
Genre : Fantastique

Photos : Shutterstock : lagunaticphoto/fesus robert/pio3.



Ressources externes sur cette œuvre : quarante-deux.org
Ressources externes sur cette édition de l'œuvre : quarante-deux.org

Quatrième de couverture
« Je rêve encore de l'île.
Parfois je m'en approche par les eaux, mais le plus souvent par la voie des airs, comme un oiseau, le grand vent sous mes ailes. »
 
C'est sur cette île, dans la cité des Méduses, qu'Eliana, citoyenne modèle, a grandi. Tisseuse au palais des Toiles, elle s'acquitte chaque jour avec application de sa tâche, dissimulant au monde un lourd secret. Sa solitude prend fin lorsqu'une intruse est découverte dans le palais, la langue coupée. D'où vient-elle ? Que fait-elle ici ? Le seul indice tient en un prénom tatoué sur sa main : « Eliana ». Les deux jeunes femmes se retrouvent bientôt au coeur d'une machination orchestrée par le Conseil.
   Et si, pour survivre et sauver l'île des eaux qui commencent à envahir les rues, Eliana n'avait d'autre solution que de faire appel à ce don qu'elle avait jusqu'alors considéré comme une malédiction : rêver ?
 
   « Emmi Itäranta possède le lyrisme d'un Kazuo Ishiguro et la remarquable aisance de Margaret Atwood à inventer un autre univers. » Publishers Weekly
 
   Née en Finlande, Emmi Itäranta a été critique littéraire, dramaturge, scénariste avant de se consacrer à sa carrière de romancière. Après Fille de l’eau (Presses de la Cité, 2015), finaliste des prix Arthur C. Clarke et Philip K. Dick, La Cité des méduses est son deuxième roman publié aux Presses de la Cité.
Critiques

    Après Fille de l’eau (critique in Bifrost 78), un premier roman traduit dans vingt-et-une langues et sélectionné aux prix Philip K. Dick et Arthur C. Clarke, Emmi Itäranta nous revient avec La Cité des méduses, paru en Finlande en 2015 et récipiendaire du City of Tampere Literary Award.

    La traduction du titre finnois, qui évoque une ville aux ruelles tissées, ne rend pas justice au contenu de ce roman de science-fiction. Les méduses y jouent un rôle anecdotique tandis que des toiles suspendues, tissées, détissées et retissées, reconfigurent en permanence le visage de la ville. Eliana est une de ces tisseuses, vivant et travaillant au palais des Toiles. Son frère, copiste, a rejoint le palais des Mots. Si, de prime abord, le décor paraît enchanteur – tout comme à Venise, des gondoles permettent de se déplacer sur les canaux, les édifices de pierre impressionnent par leur prestance et leur résistance aux assauts du temps, les palais manquent de faste et leurs habitants y vivent d’un dur labeur et dans la frugalité. La cité elle-même a perdu de sa superbe. Enclose dans une île menacée par des inondations de plus en plus fréquentes, ses grèves sont envahies par des algues toxiques et ses méduses aux propriétés thérapeutiques se retrouvent décimées par une étrange maladie. La société est une théocratie où l’on révère la Fileuse, un arachnide géant présent bien avant l’arrivée de l’homme. Dirigée par un Conseil tout aussi puissant qu’invisible, elle s’organise en castes et métiers pour que chacun trouve sa place et y reste. La police, redoutable d’efficacité, chasse sans scrupules les Songeurs, ces hommes et femmes capables de rêver. Dangereux car porteurs de la contagieuse peste onirique, ils sont envoyés au palais des Impurs et condamnés aux travaux forcés. Eliana dissimule sa capacité à rêver tout comme elle cache son éducation passée. Lecture et écriture sont réservées aux sages et aux puissants. Le savoir et sa diffusion font l’objet d’un contrôle strict du Conseil. Cette double transgression pourrait l’envoyer en enfer. L’arrivée de Valeria au palais des Toiles, après l’accident qui a coûté la vie à ses parents et une agression qui l’a définitivement mutilée, bouleverse la vie d’Eliana. Analphabète, Valeria ne dispose d’aucun moyen de communication depuis que ses agresseurs lui ont coupé la langue. Le prénom d’Eliana, tatoué à l’encre invisible sur la paume de la main de Valeria, marque le début d’une amitié qui les conduira à bousculer l’ordre établi de la Cité.

    Emmi Itäranta emprunte aux codes de la fantasy pour produire un roman dystopique de bonne facture. Elle distille ses révélations au compte-goutte autour d’un personnage principal réussi. Le rythme, délibérément lent, se prête à l’ambiance onirique et poétique du texte. Il est contrebalancé par une narration au présent qui insuffle énergie et vivacité à un roman qui vaut qu’on s’y arrête.

Karine GOBLED
Première parution : 1/7/2017 dans Bifrost 87
Mise en ligne le : 4/1/2023

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