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Dans la vallée

Hannah KENT

Titre original : The Good People, 2016
Première parution : Sydney, Australie : Picador, Pan Macmillan, 27 septembre 2016

Traduction de Karine GUERRE

PRESSES DE LA CITÉ (Paris, France)
Dépôt légal : septembre 2018
480 pages, catégorie / prix : 22,50 €
ISBN : 978-2-258-15058-4
Format : 14,2 x 22,6 cm  
Genre : Hors Genre

Image de couverture : © Getty images : Design Rachel Vale, Pan Macmillan Art Department.
Adaptation : Thierry Sestier.



    Quatrième de couverture    

Nóra a perdu son mari et sa fille et se retrouve seule avec son petit-fils de quatre ans, infirme. Pourtant, quelques années plus tôt, Micheál marchait et commençait déjà à parler. Que lui est-il arrivé ? A-t-il été changé, remplacé pendant la nuit par les fées qui auraient posé un démon dans le berceau ? Est-ce à lui que la vallée doit la malédiction qui la frappe ? Epaulée par Mary, une jeune servante, Nóra se met en quête de la seule personne en mesure de sauver Micheál : une originale, qui vit recluse dans la lande et parle le langage des plantes. Car, même si tout le monde s'en méfie, on sait que la vieille Nance Roche a le don. Qu'elle communique avec le peuple invisible. Et qu'il n'y a qu'elle pour faire revenir ceux qui ont été enlevés...

C'est toute l'Irlande du XIXe qu'Hannah Kent reconstitue de sa plume sensuelle et puissante. Inspiré d'un fait réel, ce roman brille du sombre éclat d'une question universelle : comment, de tout temps, les hommes et les femmes ont cherché à expliquer l'inexplicable injustice de leur sort — et comment ils, et surtout elles, ont fini victimes de leurs superstitions.

[Texte du rabat de couverture]

Née en Australie en 1985, Hannah Kent s'est fait connaître avec A la grace des hommes (Presses de la cité, 2014), son premier roman, salué dans le monde entier par une critique unanime et couronné de plusieurs prix littéraires.

 
    Critiques    

Dans l’Irlande du XIXe siècle, les créatures magiques sont encore présentes. Sitôt qu’une maladie ou un accident arrive, elles sont de la partie, responsables de tous les malheurs et de toutes les malédictions. Heureusement, quelques personnes disposent du don, connaissent les paroles, les sorts, les plantes et autres formules permettant de les contrer. Alors lorsque le mari de Nóra meurt brutalement, après que son petit-fils se soit mis à dépérir, elle va chercher l’aide de Nance Roche, la vieille du village qui est persuadée qu’un Changelin a remplacé son petit-fils et qui dispose des connaissances pour le récupérer. Malheureusement la situation empire et l’arrivée d’un jeune curé ne croyant pas à ces superstitions envenime la situation dans le village.

Tout d’abord, soyons clair : bien que ce roman soit rempli de magie et de créatures féériques (les bonnes gens du titre original), ce n’est pas un roman de genre. Ce récit est l’adaptation d’un fait divers réel survenu en Irlande en 1826. Néanmoins, il devrait intéresser beaucoup de lecteurs et de lectrices de nooSFere : les créatures et évènements décrits dans ces croyances peuplent beaucoup de romans de fantasy inspirés des mêmes contes et légendes.

Ces convictions partagées par une grande partie du village sont si fortes et si bien mélangées avec d’autres techniques (la connaissance qu’a Nance des plantes pour soigner par exemple) qu’elles semblent crédibles. Seul le jeune curé (qui y voit certainement de la concurrence) et la justice venue de la ville s’y opposent de manière frontale. Dans cette Irlande paysanne la population est laissée à elle-même : faire venir un médecin n’est pas dans les moyens de ces pauvres gens (le pays sera touché par une famine faisant plus d’un million de mort à peine vingt ans après) et même le curé doit être payé pour venir bénir un malade, laissant la place aux croyances les plus anciennes.

De ce fait divers terrible Hannah Kent fait un récit passionnant, insufflant la vie à ces personnages qui s’appuient sur ces êtres féériques pour expliquer et supporter les malheurs qui s’abattent sur eux. Cultivant l’ambiguité entre croyances et faits, elle mène le roman sans relâche jusqu’à son inévitable conclusion. Une œuvre remarquable.


René-Marc DOLHEN
Première parution : 16/1/2019 nooSFere


 
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