Site clair (Changer
 
    Fiche livre     Connexion adhérent
Simetierre

Stephen KING

Titre original : Pet Sematary, 1983

Traduction de François LASQUIN
Illustration de CORBIS

LIVRE DE POCHE (Paris, France), coll. Stephen King n° 15143
Dépôt légal : avril 2009, Achevé d'imprimer : avril 2009
Roman, 638 pages, catégorie / prix : 7,50 €
ISBN : 978-2-253-15143-2
Format : 11,0 x 18,0 cm  
Genre : Fantastique



    Quatrième de couverture    
Louis Creed, un jeune médecin de Chicago, vient s’installer avec sa famille à Ludlow, petite bourgade du Maine. Leur voisin, le vieux Jud Crandall, les emmène visiter le pittoresque « simetierre » où des générations d’enfants ont enterré leurs animaux familiers.
Mais, au-delà de ce « simetierre », tout au fond de la forêt, se trouvent les terres sacrées des Indiens, lieu interdit qui séduit pourtant par ses monstrueuses promesses.
Un drame atroce va bientôt déchirer l'existence des Creed, et l'on se trouve happé dans un suspense cauchemardesque...
Simetierre a été adapté au cinéma par Stephen King lui-même et réalisé par Mary Lambert.
 
Il y a des angoisses dont nous parlons rarement, car elles ne nous tourmentent guère le jour. Mais, la nuit tombée, elles viennent nous hanter et ne nous lâchent plus. Simetierre, c'est l'histoire d'une famille détruite par la peur.
Mary Lambert.

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
 
Jean-Pierre Fontana : Sondage Fontana - Fantastique (liste parue en 2002)


    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
Simetierre , 1989, Mary Lambert
Simetierre 2 , 1992, Mary Lambert
Simetierre , 2019, Kevin Kölsch, Dennis Widmyer
 
    Critiques    

            Début des 80’s. Louis Creed prend le poste de médecin-chef à l’université d’Orono, dans le Maine. Venu de Chicago, il s’installe avec sa famille – sa femme Rachel, leurs jeunes enfants, Ellie et Gage, et Church, le chat – dans une belle maison proche de Ludlow, en bordure de la très fréquentée Route 15. Il y fait la connaissance de Jud, son voisin âgé, qui devient vite plus qu’un ami, une figure paternelle. Peu de temps après, Jud montre aux Creed, au bout du chemin qui part de leur terrain, le charmant « simetierre » dans lequel les enfants du coin enterrent leurs animaux domestiques depuis plus d’un siècle. Au-delà des tombes maladroites, derrière l’énorme tas de bois en équilibre qui barre le côté opposé, on devine la forêt qui appartint aux Indiens Micmacs. Mais impossible de passer l’instable tas de bois pour y aller voir.

            Quand Church se fait écraser par un camion, Jed, pour bien faire, livre à Louis des secrets qui auraient dû rester dissimulés pour toujours. Passé le gain immédiat, c’est pour celui-ci le début d’une lente ascension dans l’horreur ; prisonnier d’un rollercoaster que rien ne peut arrêter, Louis boira jusqu’à la lie le calice de la folie et de l’abomination.

            Avec Simetierre, King écrit un roman proprement terrifiant. Il brise l’un des tabous importants de la narration contemporaine. Il construit une mécanique que rien ne peut arrêter et avance sans relâche vers une issue fatale qu’on espère ne pas voir en sachant qu’on n’y échappera pas. Il décrit finement une famille de la classe moyenne US, avec son amour et ses failles, la fait vivre sous les yeux du lecteur avant de la lui donner en pâture. Et c’était peut-être inévitable. Les Creed sont nos contemporains, enfants d’une civilisation qui a mis la mort à l’écart, l’ignore, et ne sait qu’en faire. Ils sont aussi de vrais citadins modernes, oublieux des puissances ataviques et des lieux de pouvoir. La terre qu’on croit posséder aujourd’hui, d’autres l’arpentèrent avant ; l’Occident se convainc trop facilement du contraire.

            Simetierre, c’est aussi un King très personnel. On y visite le Maine, où vit l’auteur. On y voit Louis travailler pour l’Université du Maine (King y enseigna en 78), trouver un père de substitution (le père de King l’abandonna), passer l’un des plus beaux moments de sa vie en jouant avec son jeune fils (écho d’une scène similaire dans Christine), se demander ce que ça ferait de devenir aveugle. Et quant aux faits du roman (maison, route dangereuse, cimetière des animaux, chat écrasé – Smucky le chat vraiment écrasé de King a sa tombe dans le roman), King les vécut en 78 avant de les sublimer ici.

            Lisons donc Simetierre, autant pour trembler que pour toucher, à distance, son auteur.


Éric JENTILE
Première parution : 1/10/2015 dans Bifrost 80
Mise en ligne le : 25/10/2020

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition ALBIN MICHEL, Romans étrangers (1986)


     Tout nouveau Stephen King traduit en français est un petit événement de l'édition fantastique, comme chacun sait. Simetierre est l'un des ouvrages les plus récents du pape américain de la peur et c'est avec une certaine satisfaction que j'ai pu constater que, pour une fois, la traduction était, en principe, intégrale, chose assez rare pour être notée...
     Avec cette histoire, Stephen King revient à sa veine fantastique pure, celle qui nous avait donné Salem, Shining et Christine.
     Simetierre est, une fois de plus, du pur King du point de vue de la progression du récit (très lente au départ, puis qui s'accélère progressivement pour déboucher sur le bouquet final) ou de celui de la psychologie des personnages. Ceux-ci appartiennent à la middle-class américaine, cette tranche sociale que l'auteur a toujours su dépeindre à merveille. On peut voir, d'ailleurs, dans ce choix délibéré une des clés du succès phénoménal de King aux USA : c'est à ce groupe qu'appartient la majorité des lecteurs, ce qui leur permet une identification d'autant plus facile avec les personnages. De plus, ces derniers possèdent une épaisseur rarement égalée, ce qui les rend très vivants et crédibles.
     Cela dit, Simetierre n'offre pas d'innovation fulgurante du point de vue de la thématique fantastique. On a affaire ici à une nouvelle variation sur le sujet des morts-vivants, avec une (grosse) pincée de magie indienne en prime. Mais quelle classe ! Une fois de plus, Stephen King prend son histoire à bras-le-corps, tout en jouant au maximum sur les effets psychologiques plutôt que sur les ressorts de l'horreur pure. Le résultat est un roman inquiétant à l'extrême, même si une petite baisse de tension est à noter dans les derniers chapitres, juste avant la chute finale. Et puis, il y a cette écriture nerveuse et, quelquefois, rugueuse, qui vous saisit et vous emporte, sans que vous ne puissiez rien faire pour lui échapper. A lire absolument, pour reprendre un bon vieux cliché de la critique littéraire...

Richard D. NOLANE
Première parution : 1/4/1986
dans Fiction 373
Mise en ligne le : 11/11/2003




 
retour en haut de page

Dans la nooSFere : 70967 livres, 81436 photos de couvertures, 66166 quatrièmes.
8471 critiques, 38134 intervenant·e·s, 1488 photographies, 3725 adaptations.
 
Vie privée et cookies/RGPD
A propos de l'association. Nous contacter.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres. Trouver une librairie !
© nooSFere, 1999-2020. Tous droits réservés.