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L'Enchâssement

Ian WATSON

Titre original : The Embedding, 1973
Première parution : Londres, Royaume-Uni, Gollancz, juillet 1973
Traduction de Didier PEMERLE

CALMANN-LÉVY (Paris, France), coll. Dimensions SF
Dépôt légal : 1er trimestre 1974
Première édition
Roman, 288 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : néant
Format : 14,0 x 21,0 cm
Genre : Science-Fiction



Quatrième de couverture
     Dans un institut anglais, le linguiste Chris Sole enseigne à un groupe d'orphelins, coupés dès leur naissance de tout contact extérieur, un langage entièrement fabriqué d'après l'anglais par le procédé de l'« enchâssement  ». L'expérience s'inspire de la tentative poétique de Raymond Roussel dans Nouvelles impressions d'Afrique.
     Au cœur de l'Amazonie, l'ethnologue français Pierre Darriand, un ami de Sole, partage la vie d'une tribu indienne menacée de disparition par le projet américano-brésilien de construction d'un barrage. Les Xemahoa possèdent eux aussi un langage « enchâssé  » réservé à leurs récits mythiques, mais ne peuvent le comprendre que sous l'influence d'une drogue sacrée. Dans le désert du Névada, Russes et Américains négocient avec un groupe d'extra-terrestres débarqués secrètement. Les Sp'thra sont engagés dans une quête infinie du langage. D'une planète à l'autre, ils échangent quelques informations concernant les vols spatiaux contre la possession de toutes les langues parlées dans l'univers.
     L'« enchâssement  » sera-t-il pour les uns et les autres l'instrument d'une totale libération de l'esprit  ? Ian Watson mène à travers sa triple intrigue une enquête passionnante sur les rapports de l'être et du langage. Les luttes politiques du tiers monde, l'expérience psychédélique, les recherches linguistiques actuelles sont les éléments d'un roman spéculatif d'un genre entièrement nouveau. Dès sa parution en Angleterre, l'Enchâssement a été salué par un grand hebdomadaire comme « l'œuvre la plus stimulante publiée dans le genre depuis Solaris de S. Lem.  »
Critiques

     Ce livre constitue assurément une contribution non négligeable aux études rousselliennes… Les spéculations patientes et assidues de Jean Ferry y trouvent un prolongement qu’on pourrait croire, à première – et courte – vue, inattendu : en fait, il n’en est rien. La science-fiction, à sa manière, se doit d’investir tous les domaines de la recherche, dans la forme tout autant que dans le fond. Elle a montré par le passé que la dialectique du Nouveau Roman (ou ce qu’on a coutume de désigner sous ce nom) pouvait interférer, ou plutôt se conjuguer brillamment avec elle. Claude Ollier, avec Enigma et La vie sur Epsilon a tissé d’admirables tapisseries, sans doute un peu gelées, en tout cas fascinantes, proposant une « théorie de l’espace fictionnel » qui n’est pas éloignée, structurellement parlant, de l’univers de Philip K. Dick, par exemple… Mais je crois qu’un impact plus grand est offert aux œuvres qui s’approprient par le fond, et non plus dans la forme, les théories littéraires les plus avancées. Le procédé roussellien, on le sait, reste une énigme à peu près complète pour ce qui concerne sa raison profonde. C’est une planète incongrue dans l’espace des systèmes de références littéraires. Et c’est pour cette raison qu’il fascine tant de jeunes auteurs, Ian Watson est au nombre de ceux-ci.

     Agé de trente ans, Watson a publié quelques articles et des nouvelles dans New Worlds. L’Enchâssement est son premier roman. Le titre de ce livre peut sembler hermétique – en fait, il dit tout : ce mot bizarre appartient au vocabulaire de l’analyse du récit. On l’emploie notamment pour désigner le caractère syntaxique singulier du procédé poétique de Raymond Roussel dans Nouvelles Impressions d’Afrique. La succession, par enchâssement, des éléments du texte n’obéit plus aux lois de compréhension immédiate qu’exige le déroulement du temps mental et qui permet un décodage facile dudit texte. Il faut briser la superposition de parenthèses, rétablir un ordre prosaïque du discours, pour saisir mentalement le sens du texte. Il apparaît donc (et cela, Roussel n’était pas sans le savoir !) qu’il n’existe pas actuellement de lecteur véritable d’un tel texte, le seul décryptage possible ne pouvant se faire que par l’intermédiaire d’une « machine à lire » dont Jean Ferry a d’ailleurs proposé le plan dans une de ses études. Watson, en quelque sorte, postule dans le roman qu’il écrit, en référence constante à l’univers roussellien, l’existence de lecteurs potentiels, sous différentes formes – et ce sont ces « formes », précisément, qui vont constituer la matière de son livre.

     L’auteur imagine une expérience collective menée dans un centre neuro-psychiatrique anglais, par un groupe de chercheurs et plus particulièrement un linguiste, fanatique de Roussel… Celui-ci, Chris Sole, a mis au point un langage enchâssé qu’il entreprend d’inculquer à des enfants en bas âge parfaitement isolés du monde extérieur. Un autre personnage, Pierre Darriand, ami de Sole, mène en Amazonie une autre expérience, tout aussi curieuse : il partage la vie d’une tribu qu’un projet de barrage américano-brésilien menace de disparition par immersion… Avec l’aide de son confident Kayapi, il s’initie au langage initiatique Xemahoa, qui n’est autre qu’un discours enchâssé, à la fois cause et conséquence de la philosophie naturelle, « marginale », de ces Indiens et, bien sûr, de leur conception de l’espace et du temps. En troisième lieu, nous assistons à l’atterrissage, en plein désert américain, d’un navire spatial des Sp’thras, qui, portés par les « vagues cosmiques », mènent d’une planète à l’autre une vaste (en)quête linguistique. Leur propre langage, qui obéit lui aussi au procédé de l’enchâssement, cherche à se conjuguer à d’autres modes d’expression, et, par là, ce peuple tente de renouer avec un passé auquel il voue une étrange nostalgie. Des pourparlers s’engagent entre un aréopage terrien et Ph’théri, le porte-parole. Celui-ci avoue la raison profonde de sa mission chaque peuple de l’espace possède, à l’intérieur des limites de son langage, une Réalité. On est ainsi confronté à « la Leur-Réalité, la Nôtre-Réalité, la Vôtre-Réalité ; tous ces concepts mentaux fondés sur l’environnement au sein duquel s’est déroulée l’évolution, présentent tous de légères différences, mais sont partie intégrante de la Cette-Réalité, ou totalité exhaustive de l’univers présent… » Et c’est l’Autre-Réalité, celle qui leur est transcendante, que recherchent de façon désespérée les Sp’thras. « Il y a, dit Ph’théri, tant de façons d’envisager la Cette-Réalité, et de tant de points de vue ; ce sont ces points de vue qui sont l’objet de notre négoce. (…) Notre intention est de rassembler tous ces points de vue pour nous faire une image exhaustive de la Cette-Réalité. De cette connaissance, nous déduirons les modes d’être qui lui sont extérieurs, nous pourrons appréhender l’Autre-Réalité, communiquer avec elle, nous assurer une prise sur elle ! » Cette belle allégorie n’évoque-t-elle pas des réalités littéraires ?

     Ph’théri propose donc aux Terriens, en échange des coordonnées de la plus proche planète habitable, d’emporter six cerveaux terriens qu’il pourra soumettre à l’expérience de la Réalité. Sole participe à cette conférence : c’est lui qui prend très vite la direction des négociations. Il propose de fournir aux Sp’thras l’unité cervicale Xemahoa « isolée » par Pierre Darrand. Une petite expédition commandée par le jeune linguiste s’en va donc retrouver l’ethnologue… Celui-ci, précisément, participe à l’expérience suprême, en compagnie des membres initiés de la tribu Xemahoa : les préparatifs de la naissance du « bébé de la drogue », fils du sorcier, conçu sous l’influence du champignon maka-i. C’est l’épreuve de force. En même temps, au centre de Haddon, l’un des « élèves » de Sole opère une sorte de crise de rejet : son cerveau, programmé pour l’enchâssement, inapte à broder celui-ci sur sa trame naturelle d’acquisition linguistique, entre en révolte. Est-ce la preuve de l’échec des expériences de Chris Sole ? À partir de ce moment, l’espèce de progression rigoureuse et infaillible du récit et de ses données, en leurs judicieux entrelacs, va battre de l’aile ; la mécanique s’enraye, se détraque, en même temps que s’efface peu à peu l’approche d’un dénouement classique, sécurisant… Watson, comme par jeu, commence à poser d’insidieuses questions auxquelles il ne répondra pas. Le bébé de la drogue naîtra, monstrueux. Puis mourra. Autre échec flagrant ? Roussel aurait-il seulement rêvé ? Par dépit, ou sous l’effet d’un subit effet d’affolement, les autorités terriennes décident de sacrifier le vaisseau sp’thra… Mais n’était-il pas déjà trop tard ? Sole et Darriand rentrent en Angleterre. Et le linguiste est pris d’un vertige : « Jamais, marchant sous le blanc cassé du ciel, il n’avait ressenti avec une acuité et une tension semblables l’impression d’avoir pris place dans un absurde accident statistique, comme s’il était cerné par les fantômes des milliards de futurs qu’il aurait pu vivre, mais n’avait jamais vécus, d’autres Soles qui auraient pu naître sans avoir jamais vu le jour, et dont l’exclusion mettait entre parenthèses sa propre vie au point qu’elle en paraissait irréelle : une vie vécue entre parenthèses. (…) Le bleu du ciel à travers les branches décharnées était le vitrail d’une cathédrale, l’éventail de plumes qu’un paon aurait déployé pour courtiser le néant. » On assiste là à une sorte de mise en abîme cosmique du projet de l’auteur, en référence au propre projet roussellien, plus obscur mais tout aussi insensé. En outre, le style poétique, singulier, de Ian Watson, remarquablement restitué par la traduction de Didier Pemerle, dans ses hardiesses métaphoriques et ses espiègleries de tournures, concrétise l’audace de ce jeu qui se joue dans le livre. On pourrait dire, à l’issue de cette fantastique tentative d’approche concrète de l’univers de Raymond Roussel, de sa cosmogonie, que le récit qui nous est proposé ne pouvait être mieux mené, mieux mis en jeu, pour produire cette impression inouïe de vérité là où il n’y avait encore que des abysses de rêves… Ian Watson est un lecteur exemplaire de l’Œuvre Roussellienne et le prolongement qu’il lui donne en opérant de subtils glissements de la forme au fond incite à croire qu’il ne s’agit là que d’un début : Watson, ou d’autres, pourront bientôt donner des prolongements nouveaux à cette première expérience. Nous ne faisons qu’entrer dans les Années Roussel, Ian Watson est un initiateur – il a l’étoile au front !

François RIVIÈRE
Première parution : 1/8/1974 dans Fiction 248
Mise en ligne le : 8/9/2022

Critiques des autres éditions ou de la série
Edition POCKET, Science-Fiction / Fantasy (1986)

     Toutes les préoccupations de ce roman tournent autour du langage et de la communication. Elles sont véhiculées par trois fils conducteurs.
     Etude, d'abord, (dé)formation et éducation d'enfants coupés du monde et de la réalité dans un hôpital assez spécial. On essaie de leur inculquer la préhension d'un autre niveau de langage, quitte à les sacrifier en les rendant fous ou inaptes à la vie normale.
     Observation, ensuite, d'une tribu d'indiens vivant en Amazonie — les Xemahoa — qui, sous l'effet d'une drogue — le maka-i — , parvient à parier et à comprendre une langue dans la langue ; une langue enchâssée.
     Relations, enfin, entre les hommes et les Sp'thra, extra-terrestres qui se disent Changeurs de Signes. Ce peuple de linguistes s'est lancée dans une quête que les terriens trouvent absurde — ils veulent annihiler l'Amour Veuf qu'ils portent aux Diseurs de Change. Ils prétendent chercher à échapper à la Cette-Réalité, c'est-à-dire à se libérer de l'univers dans lequel ils sont « enchâssés », afin d'atteindre l'Autre-Réalité. Quelques cerveaux humains pourraient les satisfaire. C'est alors qu'on leur parle des Xemahoa.
     En échange d'une unité cervicale xemahoa, les Sp'thra sont prêts à révéler leurs techniques de voyage interstellaire. Mais la politique — l'affreuse politique terre à terre et bornée — va s'immiscer dans ces négociations vitales, mutilant la communication entre les deux races.
     L'enchâssement étonne par son pessimisme. Watson serait-il un écrivain profondément pessimiste ? Peut-être pas... Mais tout de même, la porte qu'il laisse entrouverte est à peine bonne pour les souris.
     Pour lui, semble-t-il, les hommes parlent une langue de sourds, Ils ne savent pas écouter. Par contre, ils savent s'écouter. Cette démarche aveugle conduit à un isolement inévitable que l'auteur, dans un registre différent, a déjà mis en scène dans L'Ambassade de l'Espace (Calman-Lévy).
     Quel avenir pour l'homme ? Brrr... Je n'ose y penser. Il semble prisonnier pour l'éternité de la Cette-Réalité.
     Certes, ce roman laisse apparaître une grande complexité. Mais il constitue également une grande réussite.
     A lire, donc, mais surtout à relire.

Éric SANVOISIN
Première parution : 1/1/1986
dans Fiction 370
Mise en ligne le : 5/3/2005


Edition BÉLIAL', Kvasar (2015)

            Sous une superbe couverture signée Manchu, voici la quatrième édition de ce premier roman de Ian Watson qui se veut définitive, le fruit d’un projet longuement mûri qui tenait particulièrement à cœur à Olivier Girard, qui l’a porté de nombreuses années durant. Le résultat est à la hauteur de l’ambition. La récente collection « Kvasar », désormais la vitrine du Bélial’, était toute destinée à l’accueillir.

            On lira tout d’abord « Souvenirs enchâssés », la longue préface de près de trente pages rédigée spécialement par Ian Watson pour cette occasion. Il y revient sur le contexte socio-politique de l’époque qu’il ne faut pas perdre de vue pour saisir les tenants et aboutissants du roman. L’heure était encore à la Guerre Froide, cette période particulière que l’on appelle aujourd’hui la « détente » où, si les tensions Est/Ouest baissaient, un événement tel que celui au cœur du roman avait tout pour remettre le feu aux poudres. Hormis la visite d’extraterrestres, l’ensemble des événements et la manière dont ils se déroulent sont conditionnés par la situation politique de l’époque. De même, le lecteur va être confronté à des références historiques vieilles de quarante ans. Au premier chef desquelles l’Union Soviétique, bien sûr, mais nombre d’autres en passe de devenir obscures au public d’aujourd’hui. Ainsi, aux pages 138 & 139 entend-on parler de « Skylab » (première station spatiale), de « Concordski » (Tupolev 144, avion supersonique civil russe ressemblant au Concorde), du Jefferson Airplane (groupe de rock psychédélique formé en 65 à San Francisco avec Paul Kantner, Jorma Kaukonen et Jack Cassidy, qui deviendra Starship quelques années plus tard après de départ des deux derniers cités, partis fonder Hot Tuna – l’album cité par Watson est en fait du Starship, où officiaient entre autres Jerry Garcia (Grateful Dead) et David Crosby), de Howard Hughes (aviateur, homme d’affaires, producteur de cinéma et homme à femmes, l’un des hommes les plus riches et puissants des USA qui développa la compagnie TWA disparue par fusion en 2001). Un autre monde, en somme, où les deux blocs avaient transposé leur rivalité dans le tiers-monde. Watson revient également sur sa situation personnelle et les conditions dans lesquelles il écrivit L’Enchâssement qui sont, elles aussi, le fruit de leur époque. Il y évoque sa position et son travail d’universitaire, la genèse de son intérêt pour la linguistique. Autant d’éléments qui permettent au lecteur d’aujourd’hui d’appréhender le roman avec le recul nécessaire.

            Le volume se complète, outre la bibliographie signée Alain Sprauel, d’une postface du linguiste Frédéric Landragin qui se penche sur la pertinence du roman au regard des sciences du langage, des enjeux de la linguistique-fiction. Il nous permet de mieux appréhender comment et pourquoi Ian Watson s’est emparé du concept de « grammaire universelle » de Noam Chomsky. Il nous éclaire sur le renouvellement de la thématique induit par ce choix en rupture, mais pas totalement, avec des romans tels que Les Langages de Pao de Jack Vance ou Babel 17 de Samuel R. Delany, qui reposaient sur la théorie du relativisme linguistique d’Edward Sapir et Benjamin Whorf (ditehypothèse Sapir-Whorf) supposant que notre langue influe sur notre manière de percevoir le monde, avec pour corollaire, l’hypothèse totalitaire selon laquelle qui contrôle le langage contrôle la pensée. L’enchâssement qui découle du principe de récursivité, proche du concept de mise en abyme, est une règle centrale de la théorie de Chomsky. Une autre théorie de Chomsky présente dans le livre pose le caractère inné du langage, que donc, des êtres relativement semblables finiront par produire des langages suffisamment proches pour que la communication soit possible grâce à une grammaire universelle qui reste à démontrer. Watson étend cette idée aux langues extraterrestres. Tant l’hypothèse de Sapir-Whorf que les théories de Chomsky sont l’objet de quantité de contre-exemples qui tendent à démontrer, avec les linguistes modernes, que la réalité est certainement dans un entre-deux.

            Le roman de Ian Watson commence par offrir trois fils conducteur qui ne vont pas tarder à s’enchâsser des uns dans les autres autour du personnage de Christopher Sole qui, en Angleterre, travaille dans un institut où sont menées des expériences linguistiques sur des orphelins à qui l’on administre une substance censée développer leurs capacités cognitives afin de voir quel potentiel sera ainsi libéré.

            Dans le même temps, dans la jungle brésilienne menacée d’engloutissement par la construction d’un barrage géant, son ami Pierre Darriand, un Français, étudie les Xemahoa et leurs langages, notamment leur langage enchâssé, support des mythes auquel le chamane accède par l’entremise d’une drogue.

            Enfin, des extraterrestres, les Sp’thra, lancé dans une sorte de quête mystique de tous les langages de l’univers afin d’accéder à une libération totale de leurs esprits, arrivent sur Terre où ils sont invités à se poser dans le désert du Nevada, bien à l’abri des regards. Ils envisagent de troquer leur technologie contre des cerveaux de différents locuteurs humains, dont trois indo-européens. Des choix tels qu’une langue Khoï parlée par les Bochimans, le Warao, seule langue dont la typologie syntaxique est OSV (objet-sujet-verbe), ou le Piraha, qui semble ne pas connaître de récursivité et sur laquelle le linguiste Daniel Everett s’est appuyé pour contredire Chomsky, eussent été plus judicieux en terme de diversité…

            Si Ian Watson évoque les théories de Chomsky, notamment au chapitre 3, lors de la discussion entre Sole et Zwingler, l’enchâssement, lui, apparaît davantage comme une illustration de l’hypothèse Sapir-Whorf et sert de grille d’interprétation du monde.

            Les problématiques posées dans L’Enchâssement restent d’actualité quarante ans après sa publication initiale et continuent d’en faire l’un des plus beaux chefs-d’œuvre de la littérature spéculative, un roman qui tient sa place dans le top 20 des meilleurs livres de SF et dont aucune bibliothèque généraliste ne saurait se targuer d’éclectisme sans l’accueillir sur ses rayons. Un livre au sortir duquel on perçoit le monde quelque peu différemment, après lequel on se pose des questions qui ne nous effleuraient même pas l’esprit auparavant. N’est-ce pas à cela que doit en fin de compte servir toute littérature digne de ce nom ?

Jean-Pierre LION
Première parution : 1/10/2015
Bifrost 80
Mise en ligne le : 19/7/2020

Prix obtenus
Apollo, [sans catégorie], 1975


Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes
Denis Guiot & Jean-Pierre Andrevon & George W. Barlow : Le Monde de la science-fiction (liste parue en 1987)
Jean-Bernard Oms : Top 100 Carnage Mondain (liste parue en 1989)
Lorris Murail : Les Maîtres de la science-fiction (liste parue en 1993)
Stan Barets : Le Science-Fictionnaire - 2 (liste parue en 1994)
Association Infini : Infini (1 - liste primaire) (liste parue en 1998)
Francis Valéry : Passeport pour les étoiles (liste parue en 2000)

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