Site clair (Changer
 
    Fiche livre     Connexion adhérent
Légationville

China MIÉVILLE

Titre original : Embassytown, 2011
Première parution : Londres, Royaume-Uni : Macmillan, mai 2011
Traduction de Nathalie MÈGE

POCKET (Paris, France), coll. Science-Fiction / Fantasy n° 7218
Dépôt légal : octobre 2016
Roman, 544 pages, catégorie / prix : 9,30 €
ISBN : 978-2-266-26927-8
Format : 10,7 x 17,7 cm
Genre : Science-Fiction


Quatrième de couverture
     Sur Ariéka, planète aux confins du monde connu, Légationville est un comptoir commercial où Ariékans et Humains cohabitent en paix.
     Pourtant, la communication entre eux est délicate : les Ariékans, bien que parlant par deux bouches, ne connaissent qu’un niveau de langage ; le mensonge leur est inconcevable et toute forme de métaphore, inintelligible.
     Seuls les Légats, paire de clones humains élevés et appareillés en symbiose, peuvent échanger avec eux. Et un Légat improbable vient d’arriver en ville, chargé d’imposer les nouveaux plans de la Nation Mère.
     Par tous les moyens.

     « Quand Légationville dévoile ses enjeux, la force de son fond associée à la beauté de sa forme vous colle au plafond stellaire ! » Midi Libre
Critiques des autres éditions ou de la série
Edition FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions, (2016)

                Légationville est un de ces livres compliqués, à l’instar de L’Œcumène d’or de John C. Wright ou L’Abîme de John Crowley. C’est aussi, à l’image de ces deux références, un planet opera et un livre-univers. China Miéville nous y propose un improbable croisement entre Jean-Claude Dunyach pour les animaux-villes, le Frank Herbert de Dosadi pour l’environnement toxique de la cité, Babel 17 de Delany pour les problématiques de langage liées aux personnages d’EzRa et EzCal, et Cité de vérité de James Morrow pour l’impossibilité du mensonge. Sans pour autant que tout cela rende compte du livre qu’est vraiment Légationville

                Légationville est une enclave humaine sise sur Ariéka, un monde à l’atmosphère toxique habité par des êtres appelés Hôtes ou Ariékans. C’est la colonie du bout du monde du Brémen (un État interstellaire), une manière d’île de Pâques, si on veut. Dans le premier tiers du livre, on découvre Légationville avec le personnage principal, Avice Benner Cho, au travers de chapitres alternés : « Ensuite » et « Auparavant », qui suivent l’« Entrée en matière ». « Auparavant » et « Ensuite » se rapprochent chronologiquement pour fusionner lorsque le roman prend son essor. On y voit Avice, gamine, s’amuser dans l’enclave, puis devenir pilote d’astronef, quitter Ariéka, se marier, y revenir avec un mari qui aura son rôle à jouer.

                Les Hôtes parlent simultanément par deux bouches un langage qui exclut tout mensonge. Les Humains comprennent cette langue mais sont incapables de se faire comprendre des natifs à l’exception de Légats, qui tiennent le haut du pavé de la communauté humaine d’Ariéka, étant indispensables aux échanges. Ce sont des paires de clones symbiotiques, élevés et formés pour ne faire qu’un unique individu s’exprimant par deux bouches. China Miéville perturbe l’accord en nombre pour rendre compte de cette situation inédite comme d’autres, Ayerdhal par exemple, ont altéré l’accord en genre pour mettre en scène des personnages bigenrés. L’auteur a aussi revu le lexique traditionnel de la SF pour amplifier l’originalité de sa création.

                Quand arrive EzRa à Légationville, un Légat différent, élaboré par le Brémen qui entend bien conserver dans son giron sa colonie traversée par des velléités d’indépendance, le fragile équilibre prévalant sur Ariéka se voit rompu par le déclenchement d’une sorte de guerre de l’opium impromptue dont Avice sera l’observatrice privilégiée.

                La dimension spéculative de ce roman très moderne est enfouie sous d’épaisses strates de complexité, mais il est néanmoins difficile de réduire Légationville à un simple divertissement, à moins de le voir comme une partie de bridge. Un roman qui prend la tête et procure par là même son plaisir en une sorte de défi. Si les motifs profonds sont bien connus – la colonie rêvant d’indépendance, la relation avec les natifs, etc. –, l’ensemble est nappé de la thématique du langage et de ses implications dans le contexte créé par l’auteur. Dépaysement garanti. Mais encore faut-il le vouloir…

Jean-Pierre LION
Première parution : 1/1/2016
Bifrost 81
Mise en ligne le : 25/10/2020

Prix obtenus
Locus, Roman de Science-Fiction, 2012


retour en haut de page

Dans la nooSFere : 72591 livres, 86393 photos de couvertures, 67917 quatrièmes.
8502 critiques, 39078 intervenant·e·s, 1500 photographies, 3731 adaptations.
 
Vie privée et cookies/RGPD
A propos de l'association. Nous contacter.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres. Trouver une librairie !
© nooSFere, 1999-2021. Tous droits réservés.