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La Face des eaux

Robert SILVERBERG

Titre original : The Face of the Waters, 1991
Première parution : Angleterre, Londres : Grafton, mai 1991 (d'abord publié en français)
Traduction de Patrick BERTHON
Illustration de MANCHU

LIVRE DE POCHE (Paris, France), coll. SF (2ème série, 1987-) n° 7191

Réédition
Roman, 512 pages, catégorie / prix : 8,30 €
ISBN : 978-2-253-07191-4
Format : 11,0 x 18,0 cm
Genre : Science-Fiction



Quatrième de couverture
     Hydros est une planète-océan où vivent en bonne intelligence les Gillies, premiers habitants de ce monde, et quelques humains, sur des îles flottantes construites par les Gillies.
     Mais lorsque l'armateur Delagard commet l'irréparable, les Gillies décident de chasser les humains.
     Où fuir ? L'espace est inaccessible.
     Il ne reste à Lawler, le médecin, et à ses compagnons qu'à se confier à l'océan, sur les vaisseaux de Delagard, en espérant rejoindre le continent mythique nommé la Face des eaux, de l'autre côté du monde.
     S'il existe...
 
     Robert Silverberg, l'un des plus grands écrivains américains de science-fiction, nous donne ici un de ses plus beaux romans d'aventures et de mer, dans la veine de Joseph Conrad.
Critiques des autres éditions ou de la série
Edition LIVRE DE POCHE, SF (2ème série, 1987-) (1997)

     « Il y avait cinq animaux ondoyants aux yeux doux, au museau sombre et effilé couvert de poils noirs. Doucement, tendrement, ils entourèrent le corps de Martello bercé par la houle. En le maintenant à flot, ils commencèrent a dérouler la couverture dont il était enveloppé. Doucement, tendrement, ils dégagèrent le corps. Puis — toujours doucement, tendrement — ils se pressèrent autour de la forme sans vie et entreprirent de la dépecer. »

     Seul en maître règne l'océan sur Hydros, planète exclusivement aquatique où dérivent, ça et là, de rares îles artificielles minuscules, de dérisoires enclaves flottantes propriétés des Gillies, la race la plus évoluée de ce monde étrange et reculé. Aussi pour les humains échoués sur Hydros, sans aucun espoir de départ, soumis à la dépendance des îles du peuple autochtone et dépourvus de toute technologie digne de ce nom, les jours s'égrènent avec une morne régularité. Pourtant, dans la petite communauté humaine de l'ïle de Sorve où tout est si bien réglé, le quotidien bascule quand, à cause de l'incurie de l'armateur Delagard, les mystérieux Gillies décident de chasser leurs hôtes. Ainsi commence le périlleux voyage en quête d'un nouvel asile, un voyage sans retour qui les mènera loin, très loin, jusqu'à la Face des Eaux...

     La Face des Eaux, gros pavé de plus de cinq cent pages, livre fleuve, océan bien sûr, nous propulse, lentement mais puissamment, dans les tréfonds d'un univers ou tout est abîme. Abîme des mers, naturellement, d'où surgissent d'incroyables monstres tueurs, abîme des motivations humaines avant tout, lieux reculés peuplés de créatures non moins effrayantes. Car si La Face des Eaux est un livre d'aventure, c'est principalement d'une aventure humaine dont il est question, ou bien comment, sur une minuscule coquille de noix perdue dans un environnement viscéralement hostile, une quinzaine d'hommes appréhendent leur quotidien à travers leur prochain. Un huis clos donc, doublé d'une sorte d'initiation dans la quête d'un ailleurs qu'on rêve meilleurs, et sans doute un des ouvrages les plus ambitieux d'un des maîtres du genre.

     Vraisemblablement, l'aspect le plus rebutant de La Face des Eaux demeure la lenteur de son développement. Les introspections sont légion, les atermoiements sans nombre. Seulement les supprimer, c'est amoindrir le relief des personnages et donc en d'autres termes, détruire ni plus ni moins l'échafaudage d'un ouvrage qui repose totalement sur ses protagonistes. En effet il n'est ici nulle place laissée au verbiage, mais plutôt aux considérations éthiques, philosophiques, religieuses, autant de réflexions permettant l'analyse des personnages (il n'est pas non plus question de héros), les motivations de leurs comportements. Alors ?

     Gérard Klein, dans son introduction, parle de roman « conradien ». Sans doute et à plus d'un titre. Roman de S-F ? Oui, dans la mesure ou on se limite au cadre dans lequel s'inscrit l'histoire, un moyen bien plus qu'une fin, Roman à lire ? Assurément car, si vous y plonger sera peut-être difficile, vous en resterez mouillé un certain temps...

ORG
Première parution : 1/5/1997
dans Bifrost 5
Mise en ligne le : 1/11/2003

Prix obtenus
Grand Prix de l'Imaginaire, Traducteur, 1992


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