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Le Livre d'Or de la science-fiction : Orbit

ANTHOLOGIE

Textes réunis par Pierre K. REY



Illustration de Marcel LAVERDET

POCKET (Paris, France), coll. Le Livre d'or de la science-fiction n° 5163
Dépôt légal : juillet 1983, Achevé d'imprimer : juin 1983
320 pages, catégorie / prix : 4
ISBN : 2-266-01277-0
Format : 10,7 x 17,7 cm  
Genre : Science-Fiction 



    Quatrième de couverture    
Orchestrée de main de maître par Damon Knight — l'un des écrivains les plus mordants et l'un des critiques les plus exigeants de la science-fiction — la série d'« anthologies originales » ORBIT a constitué aux Etats-Unis, de 1966 à 1980, un champ d'expérience inégalé et un formidable foyer d'éclatement des frontières du genre. S'inscrivant dans la continuité de son essai mythique In Search of Wonder, les ORBIT de Knight — qui dominèrent longtemps le palmarès des prix Nebula — auront été, bien davantage que les Dangereuses Visions d'Ellison, l'organe essentiel de la « révolution » stylistique et thématique de la SF des années soixante. C'est ce dont veut témoigner ce Livre d'or, composé de textes en totalité inédits et signés de noms quasi inconnus ou au contraire prestigieux comme Lafferty, Kate Wilhelm ou Gene Wolfe.

    Sommaire    
1 - Pierre K. REY, Il y avait un mur, pages 7 à 34, Préface
2 - Carol EMSHWILLER, Animal (Animal), pages 35 à 46, trad. Pierre K. REY
3 - Kate WILHELM, Demain, le silence (The Chosen), pages 47 à 67, trad. Michèle VALENCIA
4 - Gene WOLFE, Le Souvenir à venir (Remembrance to Come), pages 68 à 80, trad. Emmanuel JOUANNE
5 - R. A. LAFFERTY, La Suite au prochain rocher (Continued on next rock), pages 81 à 108, trad. Emmanuel JOUANNE
6 - Richard HILL, Pour contenter Amaryllis (To sport with Amaryllis), pages 109 à 119, trad. Jean-Pierre PUGI
7 - Gardner DOZOIS, Tour d'ivoire (Horse of Air), pages 120 à 138, trad. Jean-Pierre PUGI
8 - George Alec EFFINGER, En direct de Berchtesgaden (Live, from Berchtesgaden), pages 139 à 153, trad. Jean-Pierre PUGI
9 - Doris PISERCHIA, Idio (Idio), pages 154 à 168, trad. Pierre K. REY
10 - Grania DAVIS, Un amour de reinette (Young love), pages 169 à 189, trad. Michèle VALENCIA
11 - George R. R. MARTIN, Retour aux sources... (Meathouse Man), pages 190 à 220, trad. Jean-Pierre PUGI
12 - John VARLEY, Le M&M, considéré comme un engin thermonucléaire de faible puissance (The M&M, seen as a low-yield thermonuclear device), pages 221 à 236, trad. Emmanuel JOUANNE
13 - Felix C. GOTSCHALK, Un hiver en famille en 1986 (The family winter of 1986), pages 237 à 251, trad. Pierre K. REY
14 - Carter SCHOLZ, La Veille du dernier Apollo (The eve of the last Apollo), pages 252 à 295, trad. Jean-Pierre PUGI
15 - ANONYME, Dictionnaire d'auteurs, pages 296 à 302, Dictionnaire d'auteurs
16 - ANONYME, Index d'Orbit, pages 303 à 319, Index
 
    Critiques    
     Bienvenue à la SF qui n'est presque plus de la science-fiction : on comprend les problèmes commerciaux qui ont finalement conduit à l'arrêt d'Orbit après 21 volumes quand on lit le dernier texte de cette sélection, La veille du dernier Appolo par Carter Scholz. Non seulement il ne s'agit pas de SF — on y voit simplement le personnage (fictif) du premier astronaute ayant marché sur la Lune incapable de faire face à sa vie terrestre quelques années plus tard, mais encore le texte est-il déprimant, anti-SF au possible, joué sur un fond d'abandon du programme spatial : le dernier vol Apollo... Bien des dents ont dû grincer. Quand on écrit sur le programme spatial, il faut pour se vendre faire comme James Michener dont le roman réaliste à la gloire de la NASA, Space, s'est propulsé en tête des meilleures ventes...
     Ce qui frappe d'abord dans ce recueil, c'est une qualité littéraire sans faille : j'ai dû réfléchir pour trouver un texte que je n'aime pas (Pour contenter Amaryllis, décidément trop daté). Tous sont bien écrits, tous originaux : on ne peut pas les rattacher à une école ou retrouver leur intrigue dans vingt histoires précédemment publiées. Et si presque tous se rattachent quand même bien à la science-fiction, dans tout ce qu'elle a de plus ambitieux, tous sont centrés sur l'homme ; les auteurs rentrent à fond dans leurs personnages (à part Lafferty, qui préfère bavarder avec les rochers ; il a encore trop bu). Qu'ils soient des aristocrates tombés (Tour d'Ivoire de Gardner Dozois), des intellectuels incompris (Souvenirs à venir de Gene Wolfe) ou des retardés complets (Un amour de reinette de Grania Davis ou Idio de Doris Piserchia).
     Nous savons que depuis l'âge d'or d'Orblt (vers 1970) la SF américaine, si elle a opéré une très nette retraite au niveau de l'originalité des thèmes et de l'expérimentation formelle, a conservé cette attention pour le psychologique. Mais même des auteurs au registre plus classique comme George R. R. Martin ou John Varley sont clairement sortis d'eux-mêmes dans les textes repris ici — que l'on ne trouvera d'ailleurs pas dans leurs propres recueils. Si Damon Knight n'avait pas été là avec Orbit, aurions-nous jamais vu ces textes ?
     Tout cela serait raison bien suffisante pour acheter le recueil, mais Pierre K. Rey ne s'en est pas arrêté là. On le savait connaisseur émérite de la SF américaine la plus originale (et la plus intéressante), mais il se révèle ici aussi bien un traducteur attentif et soigneux d'une bonne part des textes, un historien du genre dans son excellente préface, et un documentaliste dans son index final, qui nous permet d'apprécier le tour de force de l'anthologiste : pour composer ce Livre d'Or entièrement inédit en français, il a dû se passer des meilleures nouvelles de Gene Wolfe ou de Kate Wilhelm (reprises dans leurs recueils), mais aussi de nombres de textes déjà traduits ou ayant donné naissance à des romans : citons pêle-mêle Shark d'Ed Bryant, When we were good de David Skal, The food farm de Kit Reed, winter's klng d'Ursula Le Guin... Les nouvelles présentées ici proviennent de la même cuvée, et n'ont pas été filtrées avec moins de soin.


Pascal J. THOMAS (lui écrire)
Première parution : 1/10/1983 dans Fiction 344
Mise en ligne le : 14/1/2006


 
     Enfin, dira-t-on, comme on l'a dit lors de la parution en langue française des Dangereuses visions. Il fallait présenter Orbit, cette série d'anthologies quasi-légendaire, dont on a pu voir en France seulement quelques extraits dans Univers ou bien dans les anthologies Casterman. La tache a été dure pour Pierre K. Rey au moment du choix tant a été grande la diversité des auteurs présentés par Damon Knight au cours de ces 24 années (1966 à 1980) de direction littéraire. Les critères retenus pour ce choix semblent avoir été au nombre de deux : d'abord les habitués d'Orbit (Kate Wilhelm, Gene Wolfe, R.A. Lafferty), tous trois présents dans la presque totalité des recueils, ensuite les « nouveaux auteurs » — nouveaux au sens où ils sont pratiquement inconnus en France malgré une œuvre abondante, à l'exception, notable, de John Varley, qui est toutefois présent ici avec un texte très différent de ceux auxquels il nous a habitués (Le M&M considéré comme un engin thermonucléaire de faible puissance, première parution française dans Opzone) On ne saurait critiquer le choix lui-même — comment présenter treize textes sur près de 270 !.. Il serait aisé de faire remarquer à l'anthologiste qu'il a omis des noms, et non des moindres : Joanna Russ, Harlan Ellison, Brian Aldiss, mais il s'agissait avant tout d'éviter les rééditions ; on peut regretter l'absence de James Sallis ou de Langdon Jones, beaucoup trop rares dans notre pays... Travail très dur que celui de la sélection. On conçoit fort bien l'état d'esprit de Pierre quand il s'est trouvé face à ce monument foisonnant de talents très différents, unis sous la seule bannière du patriarche Knight, et qui eut un retentissement bien plus profond que les trop vantées Visions dangereuses à la publication hasardeuse. La tentation est grande pour le critique de prendre The best of Orbit réuni par Knight lui-même chez Berkley et qui est censé donner les meilleurs textes des dix premiers numéros à travers 28 nouvelles (où l'on trouve deux histoires de James Sallis ainsi que le Time machine de Jones). Seules trois histoires sont communes (Lafferty : La suite au prochain rocher, roman d'amour complètement « stoned » ; Gardner Dozois : Tour d'ivoire, dont on peut dire qu'il est une révélation de Pierre en France ; et G.A. Effinger avec En direct de Berchtesgaden, sur la montée du fascisme), et seulement six auteurs en ajoutant Carol Emshwiller, Kate Wilhelm et Gene Wolfe). Si vous ne connaissez pas The best of Orbit, procurez-le vous en complément de l'ouvrage signé P.K. Rey. Celui-ci ne perd rien à la comparaison, grâce aussi, il est vrai, à une préface remarquable sur la genèse et la vie d'Orbit où sont cités abondamment Knight et Ursula Le Guin.

Jean-Pierre VERNAY
Première parution : 1/10/1983 dans Fiction 344
Mise en ligne le : 22/12/2008


 

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