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Harry Potter et la coupe de feu

J. K. ROWLING

Titre original : Harry Potter and the Goblet of Fire, 2000

Cycle : Harry Potter  vol.

Traduction de Jean-François MÉNARD
Illustration de Jean-Claude GÖTTING

GALLIMARD Jeunesse (Paris, France), coll. Folio junior n° 1173
Dépôt légal : novembre 2001
768 pages, catégorie / prix : 9
ISBN : 2-07-054351-X   
Genre : Fantasy



    Quatrième de couverture    
     Harry Potter a quatorze ans et il entre en quatrième année au collège de Poudlard. Une grande nouvelle attend Harry, Ron et Hermione à leur arrivée : la tenue d'un tournoi de magie exceptionnel entre les plus célèbres écoles de sorcellerie. Déjà, les délégations étrangères font leur entrée. Harry se réjouit... Trop vite. Il va se trouver plongé au coeur des événements les plus dramatiques qu'il ait jamais eu à affronter.
     Fascinant, drôle, bouleversant, ce quatrième tome est le pilier central des aventures de Harry Potter.

    Prix obtenus    
Hugo, roman, 2001
Ozone, roman de Science-Fiction pour la jeunesse, 2000

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
 
Jean-Pierre Fontana : Sondage Fontana - Fantasy (liste parue en 2002)  pour la série : Harry Potter
André-François Ruaud : Cartographie du merveilleux (liste parue en 2001)  pour la série : Harry Potter


    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
Harry Potter et la coupe de feu , 2005, Mike Newell
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition GALLIMARD Jeunesse, (2001)


     Que reproche-t-on exactement à Harry Potter  ? son succès sans précédent  ? le merchandising effréné qui accompagne son adaptation au cinéma  ? Et si on parlait plutôt des textes  ?
     Harry Potter est une synthèse efficace de beaucoup de ce que la littérature enfantine compte de meilleur. L'auteur s'est largement inspirée d'un genre bien défini, la boarding house story (littéralement  : l'histoire de pensionnat). On aurait pu croire complètement suranné (ou réservé aux seuls nostalgiques) ce décor classique de la littérature pour la jeunesse (citons au moins Lisbeth Werner, auteur de la série des Puck, ou Frances Hodgson Burnett et sa Petite Princesse). Quelle erreur  ! Tous ses « gimmicks  » sont ici plus vivaces que jamais  : la bande de collégiens qui passe son temps à faire le mur, dès la nuit tombée, au nez et à la barbe de l'inquiétant gardien  ; le prof-peau de vache (Severus Snape), la prof sévère-mais-juste (Minerva McGonagall)  ; le méchant élève (Draco Malfoy), l'élève bêta (Neville Longbottom), la forte en thème (Hermione Granger), l'inséparable-compagnon-du-héros – souvent un rouquin, vous avez remarqué  ? – (Ron Weasley), et ainsi de suite. Mais le genre est ici subverti par la prodigieuse imagination de l'auteur (l'austère collège où l'on étudiait le latin et les mathématiques est devenu une école pour sorciers où l'on enseigne l'art de la métamorphose ou le pilotage des balais), et surtout par son sens de l'humour très britannique. Bref, le cycle de J. K. Rowling a d'ores est déjà promu — à juste titre — au rang de classique de la littérature pour la jeunesse, ce qui est loin d'être facile dans un pays qui a vu naître Lewis Carroll et Roald Dahl.
     Mais nous parlions des textes.
     Ça devient une habitude  : chaque nouveau Harry Potter est de beaucoup plus épais que le précédent. Nous retrouvons ici le jeune apprenti sorcier à l'orée de sa quatrième année scolaire au collège Hogwarts, qui s'amorce pour lui sous les meilleurs auspices : il est convié par son ami Ron Weasley à assister à la finale de la coupe du monde de quidditch, le sport des sorciers où il excelle. Puis l'année commence au collège par une surprise de taille  : le traditionnel tournoi de quidditch qui oppose les quatre maisons de Hogwarts (Gryffindor, Ravenclaw, Hufflepuff et Slytherin), principal événement de la vie de l'établissement, n'aura pas lieu. A sa place, le collège accueillera le prestigieux Tournoi des Trois Sorciers, qui réunit les trois principaux collèges magiques  : Hogwarts, Beauxbâtons (France) et Durmstrang (Bulgarie). Les champions de chaque établissement s'affronteront lors de trois dangereuses épreuves où ils devront faire la preuve de leur courage et de leur ingéniosité. Le jour venu, l'urne magique (la fameuse Coupe de feu) désigne les trois participants  : Beauxbâtons sera représenté par la ravissante Fleur Delacour, Durmstrang par le célèbre Viktor Krum (vedette de l'équipe nationale de quidditch, finaliste de la dernière coupe du monde), et Hogwarts par Cedric Diggory... et Harry Potter. Trucage ? Machination ? Harry est en effet trop jeune pour avoir pu déposer sa candidature, et il nie farouchement l'avoir fait. Cependant, nul ne saurait contester la décision de la Coupe de feu  : il lui faudra donc relever le défi, au cours d'une année riche en périls, comme à l'accoutumée.
     Outre le plaisir de retrouver un univers familier et attachant, ce nouvel épisode est l'occasion de voir les personnages évoluer et mûrir  : ici, Harry et ses condisciples commenceront timidement à s'intéresser au sexe opposé. De même, l'arrière-plan du cycle se dévoilera un peu plus  : un nouveau professeur de défense contre la magie noire fait son apparition (haut en couleurs, comme ses prédécesseurs), et Lord Voldemort, le sorcier maléfique, gagnera encore en puissance, ce qui n'augure rien de bon hormis le plaisir du lecteur)... Seul regret  : pour des raisons qu'on devine bassement mercantiles, Rowling est revenue sur sa décision d'offrir au public un roman par an. Le cinquième tome paraîtra donc en 2002, et il faudra donc nous armer de patience pour apprendre ce qu'il advient de Harry durant son antépénultième année d'études au collège Hogwarts.
     Je ne saurais trop conseiller à tous les lecteurs qui en ont la possibilité de lire cet ouvrage dans sa langue d'origine, certains aspects de la traduction étant des plus discutables, comme par exemple la francisation gratuite de la plupart des noms propres — qui tombe complètement à plat dans ce quatrième volume où des personnages français font leur apparition, ou encore la multiplication horripilante des noms en — ard (Poudlard, Serpentard, Croûtard, Rusard, Cognard, Epouvantard, et j'en passe !).

     Reste à soulever un dernier point  : Harry Potter et la coupe de feu a obtenu le prix Hugo 2001. C'est tout simplement incroyable. Incroyable qu'il ait fallu attendre le quatrième volume de la série pour qu'une telle chose se produise. Rappelons-le, le Hugo est un prix décerné par le vote du public lors de la convention mondiale de science-fiction., et pour lequel cinq ou six romans sont présélectionnés chaque année.
     Bien entendu, on pourrait épiloguer sur le fait qu'un roman pour la jeunesse, de surcroît totalement exempt de fusées, d'extraterrestres ou de rayons laser, ait obtenu cette distinction habituellement promise aux tenants de la SF de papa. Mais nous ne le ferons pas, pour trois bonnes raisons au moins  : premièrement, ce prix n'est que le reflet logique de l'engouement du public pour ces romans  ; deuxièmement, il ne dépare pas au tableau d'honneur, car Harry Potter et la coupe de feu est l'un des meilleurs Hugo de ces dernières années (voire le meilleur)  ; et troisièmement, quoi qu'en pensent les plus réactionnaires des fans de SF (qui ne manqueront pas de pousser des hauts cris à la simple idée que Joanne Katherine Rowling soit honorée au même titre qu'Isaac Asimov ou Robert Heinlein), il est plutôt salutaire pour le petit monde de la SF qu'un peu de l'immense notoriété de Harry Potter rejaillisse sur un prix de littérature populaire qui n'a pas couronné une œuvre réellement populaire depuis bien longtemps (d'ailleurs, c'est sans doute la première fois dans l'histoire du prix Hugo qu'une large majorité de lecteurs a lu le livre primé avant qu'il soit couronné).
     Grâce à l'attribution de cet Hugo à Harry Potter et la coupe de feu, l'académie science-fictive, si elle doit exister un jour, échappe à la mortification d'avoir un jour à exposer dans ses vénérables murs un buste du jeune sorcier où figurerait la mention  : « Rien ne manque à sa gloire  ; il manque à la nôtre ». Et c'est très bien comme ça.

Julien RAYMOND (lui écrire)
Première parution : 15/12/2001
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