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Le Démon de Malkirk

Charles SHEFFIELD

Titre original : Erasmus Magister, 1982

Traduction de Richard D. NOLANE & Michèle VALENCIA
Illustration de Éric SCALA

TERRE DE BRUME (Dinan, France), coll. Terres mystérieuses n° (4)
Dépôt légal : octobre 2003
192 pages, catégorie / prix : 18,25 €
ISBN : 2-84362-209-3   
Genre : Science-Fiction


Autres éditions

Sous le titre Erasmus Magister   GARANCIÈRE, 1986

    Quatrième de couverture    
     Savant, détective et bon vivant, voici Erasmus Darwin (le grand-père du fameux Charles), ressuscité dans une série de trois mystérieuses aventures se déroulant dans la brumeuse Angleterre du XVIIIe siècle, alors que des démons marins hantent les côtes écossaises et que le petit peuple danse sur les collines au clair de lune...

     Remarqué pour ses histoires de hard-science, Charles Sheffield a pris le parti de faire revivre l'un des plus brillants esprits du XVIIle siècle pour lui faire résoudre avec intelligence et humour des intrigues où le surnaturel est roi. Sous sa plume, Erasmus Darwin devient une sorte de Sherlock Holmes de l'aventure fantastique, un détective de l'Occulte hors série qui n'hésitera pas à affronter bien des dangers pour satisfaire son insatiable curiosité et sa fascination pour l'étrange. Un héros inhabituel pour un livre passionnant.

    Sommaire    
1 - Richard D. NOLANE, Avant-propos, pages 5 à 7, Introduction
2 - Préface, pages 9 à 10, Préface
3 - Le Démon de Malkirk (The Devil of Malkirk), pages 11 à 74, trad. Michèle VALENCIA
4 - Le Trésor d'Odirex (The Treasure of Odirex), pages 75 à 133, trad. Michèle VALENCIA
5 - Le Diable à Cambridge (The Demon of E Staircase), pages 135 à 181, trad. Richard D. NOLANE
6 - Maître Erasmus : réalité et fiction, pages 183 à 189, Postface
7 - ANONYME, Bibliographie, pages 191 à 191, Bibliographie
 
    Critiques    
     Charles Sheffield est bien connu des amateurs de science-fiction pour un sombre roman d'anticipation, Frère des dragons, et surtout pour deux ouvrages de hard science : La Toile entre les mondes et Les Chroniques de McAndrew.

     Avec l'extraordinaire docteur Darwin, Sheffield semble abandonner la SF pour le fantastique... Il n'en est rien.
     Erasmus Darwin est un personnage qui a réellement existé et que, selon Sheffield lui-même, « on peut considérer comme le plus grand anglais du XVIIIe siècle » (p.183) ! Grand-père de Charles Darwin (celui de la théorie de l'évolution), c'est en vérité un personnage peut-être plus fascinant encore que son petit-fils. Esprit éclairé, Erasmus Darwin « est un médecin, un inventeur, un philosophe, un poète, bref, tout excepté un chrétien. » (p. 87) Cet homme d'apparence ingrate — il est obèse et a le visage marqué par la vérole — est aussi le fondateur de la « Société lunaire » qui réunissait les plus grands esprits scientifiques de l'époque.
     Si Sheffield entraîne cette étonnante figure dans des aventures aux limites du surnaturel, c'est donc tout naturellement avec un souci d'appréhension scientifique des faits les plus bizarres, qui peuvent s'expliquer de façon rationnelle, sans recourir à la religion ni à la démonologie.

     Par exemple, dans Le Démon de Malkirk, la mise en scène qui mènera Darwin en Ecosse sur la piste d'un trésor englouti et d'un monstre marin, se révèle être une mystification aux implications politiques insoupçonnées.
     Dans Le Trésor d'Odirex, le médecin sera confronté à des « démons » en qui il reconnaîtra une race humaine distincte de l'homo sapiens, préfigurant la théorie de son illustre petit-fils : « Pour moi, toutes les formes animales évoluent et se modifient au fur et à mesure que leurs besoins changent. C'est une évolution continue et progressive et j'ignore comment elle intervient — peut-être en raison des modifications de l'environnement. Les bêtes que nous voyons finalement sont le résultat de cette longue évolution et ceci est également valable pour l'homme. » (p.127)
     Enfin, dans Le Diable à Cambridge, une enquête sur le décès mystérieux d'un archiviste conduira Darwin à s'intéresser à la chimie et aux travaux alchimiques d'Isaac Newton, « le dernier des grands magiciens » 1. Notons que cette nouvelle est inédite en France et qu'elle n'a été publiée qu'en janvier 2003, soit peu de temps après que Charles Sheffield eut lui-même quitté notre monde.

     Bref, malgré les connotations délibérément fantastiques de leurs titres, ces histoires relèvent plutôt d'une sorte de proto-SF factice, une science-fiction au propos moderne mais adaptée aux connaissances scientifiques du XVIIIe siècle. Le résultat est brillant, original dans l'atmosphère comme dans la qualité des intrigues — qui s'inspirent en partie de faits réels comme l'auteur l'explique dans un appendice où il démêle le vrai du faux. Voilà un savoureux cocktail qui peut séduire à la fois les fans de SF, les férus de fantastique et les amateurs de policier façon Sherlock Holmes.
     Un deuxième volume intitulé L'Immortel de Lambeth doit venir compléter cette édition intégrale des sept enquêtes d'Erasmus Darwin. On l'attend avec impatience !


Notes :

1. Les hasards de l'édition font que paraît le même mois Le Dernier chasseur de sorcières, de James Morrow, où apparaît justement le personnage de Newton et où l'on retrouve la même approche de la connaissance scientifique confrontée au pseudo-surnaturel.

Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 1/12/2003 nooSFere


     Je n'aime pas les quatrièmes de couverture... Il ne faut jamais leur faire confiance. Pas plus qu'aux critiques littéraires : vous êtes bien placés pour le savoir.

     Dans le cas du Démon de Malkirk, de Charles Sheffield, je m'étais laissé dire qu'il y avait là un style holmesien, pour trois nouvelles à la limite du surnaturel. Miam ! Miam ! Le bonheur : j'adore Shelock Holmes, et tout le style policier qui s'en inspire, même les feuilletons un peu « has been » du XIXe... Je me plonge donc avec délectation dans le recueil, persuadée du bonheur qui m'attend. Joie : je vais pouvoir dire du bien d'un genre de SF que j'aime. Je suis tombée de haut. N'est pas Sir Arthur Conan Doyle qui veut.

     Charles Sheffield (disparu en novembre 2002), surtout connu pour ses récits de hard science, est plus convaincant dans l'introduction et l'appendice — excellent, en ce qui concerne ce dernier — qu'il ne l'est dans les nouvelles ici proposées. C'est peut-être cruel, mais c'est vrai. On retrouve une pseudo-ambiance de roman policier, avec des personnages typés : le médecin Erasmus Darwin (grand père du célèbre naturaliste Charles...), son acolyte le colonel Pole (qui évoque l'irremplaçable Shatterwhaite de Poirot chez Agatha Christie), le monstre marin, la femme hallucinée, le prétendant au trône rejeté, le chercheur fou penché sur l'Alchimie.... Mais rien ne séduit vraiment. L'auteur, pour se conformer à la psychologie de son héros, « un médecin, un inventeur, un philosophe, un poète, bref, tout excepté un chrétien » (p. 87) cherche à donner une explication rationnelle à tous les événements de ses intrigues. Résultat : la faille entre le surnaturel affirmé dès les titres de chacune des nouvelles et assumé dans les deux premiers tiers, et la logique froide de l'explication ultime, est mal comblée. On tombe souvent dans la naïveté, voire dans le franchement « tiré par les cheveux » pour parvenir à exclure l'irrationnel des événements racontés.

     Finalement, il y a dans ces textes quelque chose de très « scolaire » : le héros parfait, en avance sur son temps, bedonnant et sympathique, à l'intelligence supérieure, autour duquel le monde entier semble tourner... On a beau être dans le registre du presque pastiche, c'est souvent trop — on se surprend à douter du bien-fondé de la comparaison entre ces textes, sympathiques au demeurant, et les œuvres de Doyle, si ce n'est les brumes du décor anglais.

     Enfin si le livre en lui-même est un fort bel objet (soulignons la séduisante couverture d'Eric Scala), les coquilles qui émaillent le texte n'en sont que plus irritantes... Bref, tout concourt à ce sentiment de déception : on aurait tellement aimé que ce soit bien... Ce Démon de Malkirk n'est pas le meilleur Sheffield que vous lirez jamais, et c'est bien dommage. Ça se lit, certes, mais sans plus.

Sylvie BURIGANA
Première parution : 1/1/2004 dans Bifrost 33
Mise en ligne le : 6/3/2005

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition GARANCIÈRE, Aventures fantastiques (1987)


     S'il y a un auteur qu'on ne se serait pas attendu à lire en Aventures Fantastiques, c'est bien celui de La toile entre les mondes et des Chroniques de McAndrew. Mais les écrivains américains ne partagent pas forcément les préjugés de genres des éditeurs français, et il y avait somme toute un précédent célèbre d'auteur de hard-science faisant de la fantasy : Larry Niven. À quand un Robert Forward mettant en scène de véritables dragons ?
     Le héros des trois longs récits de ce recueil est Erasmus Darwin, grand-père du Charles Darwin que tout le monde connaît. C'était lui aussi un érudit et un médecin éclairé, et une figure haute en couleur apte à devenir une entité littéraire mémorable (il se trouve également être l'un des précurseurs de la SF, par le biais d'un long poème sur la biologie). Sheffield s'est emparé du bonhomme et lui a rendu justice en le transformant en héros de fiction, à travers des récits qui rappellent agréablement les enquêtes de Sherlock Holmes. Les lecteurs francophones songeront également à Harry Dickson  : le surnaturel n'est jamais qu'apparent, et la logique scientifique d'Erasmus Darwin vient toujours au bout des affaires qui lui sont données à résoudre. Ainsi de ces êtres mystérieux réfugiés dans une montagne (« Le trésor d'Odirex ») ; ou de cette affaire d'animal-tueur immortel recommençant à semer la terreur (« L'immortel de Lambeth »)... Quelque part du côté de Baskerville, un nouveau « détective de l'étrange  » est né.

André-François RUAUD (lui écrire)
Première parution : 1/1/1987
dans Fiction 382
Mise en ligne le : 29/1/2003




 
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