« C'était le reflet vampirique de la pourriture, des temps disparus et de la désolation ; le phantasme, putride et gras d'égouttures, d'une révélation pernicieuse dont la terre pitoyable aurait dû pour toujours masquer l'apparence nue. Dieu sait que cette chose n'était pas de ce monde — ou n'était plus de ce monde — et pourtant, au sein de mon effroi, je pus reconnaître dans sa matière rongée, rognée, où transparaissait des os, comme un grotesque et ricanant travesti de la forme humaine. Il y avait, dans cet appareil pourrissant et décomposé, une sorte de qualité innomable qui me glaça encore plus. »
Howard Phillips Lovecraft (1890-1937) fait partie des grands créateurs littéraires de ce siècle. Il est l'inventeur d'un genre inédit : le conte matérialiste d'épouvante, inscrit dans un cadre mythologique terrifiant car cohérent et scientifiquement plausible.
1 - Je suis d'ailleurs (The Outsider, 1926), pages 7 à 20, nouvelle, trad. Yves RIVIÈRE 2 - La Musique d'Erich Zann (The Music of Erich Zann, 1922), pages 21 à 36, nouvelle, trad. Yves RIVIÈRE 3 - L'Indicible (The Unnamable, 1925), pages 37 à 51, nouvelle, trad. Yves RIVIÈRE 4 - Air froid (Cool Air, 1928), pages 53 à 69, nouvelle, trad. Yves RIVIÈRE 5 - Le Molosse (The Hound, 1924), pages 71 à 84, nouvelle, trad. Yves RIVIÈRE 6 - La Maison maudite (The Shunned House, 1928), pages 85 à 128, nouvelle, trad. Yves RIVIÈRE 7 - La Tourbière hantée (The Moon-Bog, 1926), pages 129 à 142, nouvelle, trad. Yves RIVIÈRE 8 - Arthur Jermyn (The White Ape / Arthur Jermyn / Facts Concerning the Late Arthur Jermyn and His Family, 1921), pages 143 à 157, nouvelle, trad. Yves RIVIÈRE 9 - Le Modèle de Pickman (Pickman's Model, 1927), pages 159 à 181, nouvelle, trad. Yves RIVIÈRE 10 - La Cité sans nom (The Nameless City, 1921), pages 183 à 202, nouvelle, trad. Yves RIVIÈRE 11 - La Peur qui rôde (The Lurking Fear, 1923), pages 203 à 237, nouvelle, trad. Yves RIVIÈRE