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La Machine aux yeux bleus

Harlan ELLISON



Illustration de KAÏN

FLAMMARION (Paris, France), coll. Imagine n° (25)
Dépôt légal : mai 2001
350 pages, catégorie / prix : 104 FF
ISBN : 2-08-067986-4   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     A Las Vegas, un joueur au bout du rouleau risque son dernier dollar sur une machine à sous... et trois yeux bleus s'affichent sur les fenêtres indiquant les gains. Jackpot ! Coup de chance miraculeux ou amorce d'un piège autrement dangereux que celui des jeux de hasard ?
     Comment les habitants d'un immeuble new-yorkais ont-ils pu assister à un crime atroce commis sous leurs fenêtres, en suivre les moindres péripéties, sans chercher à intervenir ?
     S'entendre soi-même au bout du fil si l'on téléphone chez soi n'a pas de quoi inquiéter à l'ère du répondeur. Mais si vous n'avez pas de répondeur, qui est celui qui prétend être vous ? Et que faire de cet intrus ?
     Douze récits mêlant violence et tendresse, humour et émotion, pour découvrir ou redécouvrir une des voix les plus singulières et les plus percutantes des littératures de l'imaginaire.

     Harlan Ellison, né en 1934, s'est affirmé depuis le milieu des années 60 comme une figure clé de la scène littéraire américaine sans distinction de genre. Sa fameuse anthologie Dangereuses visions (1967), ses talents d'animateur (c'est lui qui a lancé Dan Simmons), voire de polémiste, son oeuvre variée, presque entièrement constituée de nouvelles qui lui ont valu un nombre impressionnant de distinctions, font de lui plus qu'un écrivain : une véritable centrale d'énergie.

    Sommaire    
1 - Jacques CHAMBON, Dites bonjour à Harlan Ellison, pages 8 à 12, Préface
2 - La Machine aux yeux bleus (Pretty Maggie Moneyeyes), pages 13 à 42, trad. Jacques CHAMBON
3 - Mal de solitude (Lonelyache), pages 43 à 68, trad. Jacques CHAMBON & Alain DORÉMIEUX
4 - La Plainte des chiens battus (The Whimper of Whipped Dogs), pages 69 à 92, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
5 - Le Septième jour (Shatterday), pages 93 à 110, trad. Nathalie SERVAL
6 - Le Prix de la sueur (Flop Sweat), pages 111 à 128, trad. Nathalie SERVAL
7 - Jeffty a cinq ans (Jeffty Is Five), pages 129 à 159, trad. Jacques CHAMBON
8 - Retour de flammes (All the Birds Come Home to Roost), pages 161 à 180, trad. Nathalie SERVAL
9 - Écoute l'horloge sonner le temps (Count the Clock That Tells the Time), pages 181 à 205, trad. Nathalie SERVAL
10 - Vengeance aveugle (The Man Who Was Heavily into Revenge), pages 207 à 225, trad. Nathalie SERVAL
11 - La Course de la reine rouge (Chained to the Fast Lane in the Red Queen's Race), pages 227 à 244, trad. Nathalie SERVAL
12 - Rites préenregistrés (Laugh Track), pages 245 à 271, trad. Isabelle DELORD-PHILIPPE
13 - Toute ma vie n'est qu'un mensonge (All the Lies That Are My Life), pages 273 à 344, trad. Sylvie DENIS

    Prix obtenus    
Écoute l'horloge sonner le temps : Locus, nouvelle / Short story, 1979
Jeffty a cinq ans : Nebula, nouvelle / Short story, 1977, Hugo, nouvelle / Short story, 1978, Jupiter, nouvelle / Short story, 1978, Locus, nouvelle / Short story, 1978, British Fantasy, nouvelle / Short story, 1979

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    

    Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo, ....)    
Jackpot , 1980, Renate Sami & Matthias Weiss (d'après le texte : La Machine aux yeux bleus)
La Cinquième dimension ( Saison 1 - Episode 01 : Le jour de la déchirure ) , 1985, Wes Craven (d'après le texte : Le Septième jour), (Episode Série TV)
 
    Critiques    
     Ce recueil marque la fin d'un long purgatoire pour l'enfant terrible de la SF et du fantastique US. Cela fait plus de vingt ans que le lectorat français n'a plus eu de nouvelles de Harlan Ellison. Celui qui, aux États-Unis est considéré avec le même respect qu'un Bradbury, un Silverberg ou un Asimov, est un inconnu pour les lecteurs français arrivés à la SF depuis le début des années 80. Son seul tort ? N'écrire quasi exclusivement que des nouvelles (l'équivalent d'une trentaine de gros recueils à ce jour), alors que l'édition française est plutôt friande de romans. Jacques Chambon a décidé d'y mettre bon ordre avec La Machine aux yeux bleus, un recueil de 12 textes rassemblés pour l'occasion. En effet, ce recueil, qui n'a pas son équivalent en langue anglaise, a pour vocation d'introduire Ellison au lectorat français avant la publication de son dernier ouvrage, Slippage, dans la même collection d'ici la rentrée 2001.
     Les nouvelles de La Machine... ont été choisies par l'auteur lui-même. L'ouvrage constitue donc une carte de visite idéale et chronologique couvrant une période allant de 1967 à 1980. La nouvelle qui donne son titre au recueil semble provenir en droite ligne de La quatrième dimension : une machine à sous et un joueur dont la chance semble enfin avoir tourné, qui enchaîne jackpot sur jackpot, au grand dam de la direction du casino. Mais derrière l'anecdote, le message est clair : rien n'est gratuit et il n'y a pas de rédemption à l'horizon pour les perdants dans la société de l'Amérique moderne. On retrouve ce pessimisme teinté de colère dans la plupart des nouvelles d'Ellison. Attention ! Auteur en colère, et dont le talent lui donne l'occasion de faire mouche le plus souvent, sans tomber dans le prêchi-prêcha. Dix ans plus tard, en 1975, dans La plainte des chiens battus, l'Amérique moderne s'est dotée d'un panthéon de nouveaux dieux qui règnent sur les mégalopoles (New York, dans cette nouvelle) et exigent des sacrifices de chair et de sang en échange de la protection qu'ils accordent à leurs disciples. Ceux-là abandonnent leur humanité pour une sécurité illusoire dans la jungle des villes. Les autres nouvelles du recueil ne disent pas autre chose, mais sans jamais donner le sentiment au lecteur d'une quelconque redondance, car Ellison, non content d'être un styliste hors pair, est aussi doté d'une imagination fertile : ses idées sont passées en fraude dans des nouvelles dont l'intrigue n'est jamais sacrifiée au profit des opinions de l'auteur.
     Alors, cette douzaine de nouvelles représente-t-elle dignement Harlan Ellison ? La réponse est oui, sans aucun doute, et jusqu'à l'agacement qu'il peut parfois susciter. Ellison l'avoue bien volontiers dans les introductions qu'il a rédigées pour chaque nouvelle : il est sa principale source d'inspiration. Le plus souvent, il parvient à transcender cette dimension personnelle et nous donne des textes universels qui parlent de l'humain. Dans certains cas (Mal de solitude), la proximité de sa source d'inspiration rend le résultat pour le moins hermétique. À cette réserve mineure près, La Machine aux yeux bleus a sa place dans toute bibliothèque de SF et de fantastique qui se respecte. Espérons que l'accueil que vous lui réserverez encouragera Flammarion a poursuivre sa redécouverte d'un des auteurs majeurs du XXe siècle.


Benoît DOMIS (lui écrire)
Première parution : 1/9/2001 dans Galaxies 22
Mise en ligne le : 15/10/2002


     Pour le lecteur français, connaître un tant soit peu l'œuvre d'Ellison exige d'être « vieux » ou chineur. Après divers ouvrages — les récits de jeunesse chez Marabout, les textes de la maturité aux Humanoïdes Associés — sortis au cours des années 70, le silence s'est fait.

     Or, l'enfant terrible de la SF US continuait d'écrire, de remporter des prix, de cracher sa colère à la face du système. Mais les nouvellistes ont, paraît-il, du mal à s'imposer dans notre pays, et Ellison n'a guère publié de romans, hormis de médiocres « Ace Books » au début de sa carrière, quelques incursions hors genre et une collaboration. Maigres perspectives, par ces temps de séries à rallonge pour culturistes en mal d'haltères.

     Saluons donc l'initiative de Jacques Chambon, déjà responsable des parutions aux Humanos, qui propose coup sur coup deux recueils de l'auteur dont son ami Isaac Asimov se délectait à souligner la petite taille... et le grand talent.

     La machine aux yeux bleus se veut un peu le Livre d'Or auquel Harlan Ellison n'a jamais eu droit. Cette anthologie présente en effet une sélection, effectuée en collaboration avec l'auteur, qui court sur vingt ans (de 1964 à 1984) et remet pas mal de pendules à l'heure. Certains des textes sont crûs, et percutants (« Mal de solitude », « La plainte des chiens battus », « Le prix de la sueur », « Vengeance aveugle »), d'autres plus introspectifs au point d'évoquer un Bradbury qui serait resté moderne, et acide (« Jefty a cinq ans », un authentique chef d'œuvre, « Écoute l'horloge sonner le temps », « Toute ma vie n'est qu'un mensonge »), mais tous puisent dans la vie de l'écrivain, une vie gauchie par un effet de miroir grossissant : en ne parlant jamais que de soi, au fond, il atteint ainsi à l'universel. Kafka ne procédait guère autrement.

     [...] 1

     En tout, dans ces deux volumes, trente-trois voyages au court cours, dont on ne revient pas intact. C'est voulu, c'est superbe, c'est Ellison, tel qu'en lui-même il demeure.


Notes :

1. Voir Dérapages pour la partie de la chronique portant sur ce recueil, partie que nous n'avons pas reproduite ici (Note de nooSFere).

Pierre-Paul DURASTANTI (lui écrire)
Première parution : 1/1/2002 dans Bifrost 25
Mise en ligne le : 9/9/2003


 
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