Tyrans de toutes les planètes,
ne restez plus en difficulté !
Si vos sujets vous manquent de respect,
si vos voisins vous asticotent,
si vos courtisans vous barbent, faites appel à
Trurl et Clapaucius, les deux constructeurs cosmiques !
Ils vous tireront d'affaire, que vous soyez
robots ou visqueux.
Leur imagination est débordante,
leur technique hyper-perfectionnée,
leur science insondable.
Et, s'ils vous mettent dans un pétrin pis encore
que le premier, eux sauront toujours s'en tirer...
Dans une traduction nouvelle et complétée,
les aventures épico-surréalistes
des deux as du bricolage cosmique.
L'auteur :
Né en 1921 à Lwow, en Pologne,
Stanislas Lem est l'un des maîtres
de la science-fiction contemporaine.
Médecin de formation, passionné de philosophie,
de cybernétique, de physique et de biologie,
il manie aussi bien l'humour que le sérieux
comme dans son chef-d'œuvre,
Solaris, publié dans Présence du Futur.
1 - Comment le monde échappa à la ruine (Jak ocalal swiat, 1964), pages 11 à 17, nouvelle, trad. Dominique SILA 2 - La Machine de Trurl (Maszyna Trurla, 1964), pages 19 à 31, nouvelle, trad. Dominique SILA 3 - La Grande rossée (Wielkie lanie, 1964), pages 33 à 40, nouvelle, trad. Dominique SILA 4 - Le Piège de Gargancien (Wyprawa pierwsza, czyli pułapka Gargancjana, 1965), pages 41 à 55, nouvelle, trad. L. MAKOWSKI 5 - L'Électrouvère de Trurl (Wyprawa pierwsza A, czyli Elektrybałt Trurla, 1965), pages 56 à 71, nouvelle, trad. L. MAKOWSKI 6 - L'Offre du roi férotien (Wyprawa druga, czyli oferta króla Okrucyusza, 1965), pages 72 à 103, nouvelle, trad. L. MAKOWSKI 7 - Le Dragon des probabilités (Wyprawa trzecia, czyli smoki prawdopodobieństwa, 1965), pages 104 à 123, nouvelle, trad. L. MAKOWSKI 8 - Comment Trurl recourut au féminotron dans le but de délivrer le prince Pantarctique des tourments de l'amour et comment l'on en vint subséquemment... (Wyprawa czwarta, czyli o tym, jak Trurl kobietron zastosował, królewicza Pantarktyka od mąk miłosnych chcąc zbawić, i jak potem do użycia dzieciomiotu przyszło, 1965), pages 124 à 134, nouvelle, trad. L. MAKOWSKI 9 - Les Tours du roi Jambonnier (Wyprawa piąta, czyli o figlach króla Baleryona, 1965), pages 135 à 154, nouvelle, trad. L. MAKOWSKI 10 - La Consultation de Trurl (Wyprawa piąta A, czyli konsultacja Trurla, 1965), pages 155 à 164, nouvelle, trad. L. MAKOWSKI 11 - Comment Trurl et Clapaucius conçurent un démon de seconde espèce afin de terrasser l'infâme Grandgueulier (Wyprawa szósta, czyli jak Trurl i Klapaucjusz demona drugiego rodzaju stworzyli, aby zbójcę Gębona pokonać, 1965), pages 165 à 186, nouvelle, trad. L. MAKOWSKI 12 - Comment la perfection de Trurl fut à la source de bien des maux (Wyprawa siódma, czyli o tym, jak własna doskonałość Trurla do złego przywiodła, 1965), pages 187 à 198, nouvelle, trad. L. MAKOWSKI 13 - Histoire des trois machines à raconter du roi Genialain (Bajka o trzech maszynach opowiadających króla Genialona, 1965), pages 199 à 280, nouvelle, trad. Dominique SILA 14 - L'Altruizine ou l'histoire véridique de l'ermite Bonnas lequel voulut faire le bonheur de l'Univers et ce qui s'ensuivit (Altruizyna, czyli opowieść prawdziwa o tym, jak pustelnik Dobrycy Kosmos uszczęśliwić zapragnął i co z tego wynikło, 1965), pages 281 à 314, nouvelle, trad. Dominique SILA
Ce sont des contes. Avec monarques, cours et royaumes, armes et édits, monstres et dragons, et même vœux à exaucer. De la fantasy, donc. Un prince est amoureux de l'héritière de l'empire ennemi, un roi n'aime rien tant que jouer à cache-cache, un autre cherche désespérément un monde à opprimer, un démon dévide tous les secrets de l'univers devant un pirate aux cent yeux et, de façon générale, les souverains essaient d'échapper à leurs obligations pécuniaires. Et si les machines sont omniprésentes, beaucoup seraient remplaçables par des enchantements façon Mille et Une Nuits, depuis les cormes à échanger les personnalités jusqu'au royaume lilliputien contenu dans une boîte, en passant par la machine à versifier sapant le moral de tous les poètes, le conseiller mécanique par ailleurs télépathe ou des juristes verbeux.
Reste qu'il s'agit de machines. Y compris les personnages récurrents, Trurl et Clapaucius, constructeurs de ces invraisemblables machineries, vieux amis se détestant cordialement, et dont on apprend petit à petit (ou dès la quatrième de couverture) la réalité mécanique et l'appartenance à une de ces civilisations robotiques se succédant tous les 50 000 ans depuis la disparition des blafards (nous, quoi...). On ne s'étonnera pas que l'électrorimeur soit équipé d'égocentriseurs à introversions, avec leurs compresseurs narcissiques, que le rendement effectif du féminotron atteigne 96% dans le spectre voluptuaire pénétrant, ni que la théorie générale des dragons ait été élaborée à l'École supérieure de néantologie, qu'iceux dragons soient (im)probabilistes, ou que les démons soient magiques mais aussi thermodynamiques, anticlassiques et statistiques (et aient quelque lien avec celui de Maxwell).
Ces machines d'avant l'électronique généralisée (l'ouvrage est de 1965) relèvent donc du n'importe quoi systématique. On le sait dès le début, dès qu'une machine haute de huit étages ne s'avère capable que d'additionner deux et deux en se trompant et en se fâchant contre qui en fait la remarque, ou qu'une autre, pouvant créer tout ce qui commence par un « n », produise du néant et prive l'univers des merveilles que sont les baillons et les scontrelles. On ne peut que se réjouir. Et admirer le travail du traducteur, entre néologismes, approximations, jargons, noms de royaumes en avalanche, vers canularesques ou grandiloquents, etc. etc. etc. Le tout pour la jubilation du lecteur, qui a bien le droit de ne pas être sérieux. Et de se délecter de cette fantasy à réserver aux amateurs de SF...