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L'Enfance attribuée

David MARUSEK

Titre original : We were out of our minds with joy, 1995
Première parution : Asimov's Science Fiction, Novembre 1995

Traduction de Patrick MERCADAL
Illustration de Vincent FROISSARD

BÉLIAL' , coll. Science-Fiction n° (5)
Dépôt légal : juin 1999
104 pages, catégorie / prix : 5
ISBN : 2-84344-023-8   
Genre : Science-Fiction

Co-édité par "Orion Éditions et Communication".



    Quatrième de couverture    
     Découvrez Le meilleur des mondes vu par David Marusek !

     Le 30 mars 2092, le ministère de la Santé et des Affaires humaines nous délivra un permis, à Eleanor et moi. Le sous-secrétaire d'état à la population nous fit part de la nouvelle avec les félicitations officielles. Nous étions abasourdis par tant de bonne fortune. Le sous-secrétaire nous invita à contacter l'Orphelinat National. Dans un tiroir se trouvait un bébé à notre nom. Nous étions fous de joie.
     L'enfance attribuée nous entraîne dans un avenir extrêmement crédible, sur les Autoroutes de l'information. Un univers aussi étrange que déconcertant où individus, machine et environnement sont interconnectés en permanence. C'est dans ce futur où les rapports entre l'homme et le réel n'ont jamais été aussi complexes, que David Marusek nous raconte l'histoire d'Eleanor et Sam, un couple désigné pour avoir un enfant dans une époque surpeuplée, où à force d'être truqués les décors en deviennent dangereux.
     Ce court roman visionnaire est le chef-d'oeuvre de l'ère post-cyberpunk.

     « David Marusek, tout nouvel auteur américain, est diplômé de Clarion West. Tout d'abord publié dans Isaac Asimov's Science Fiction Magazine en 1993 (The earth is on the mend) il a tout de suite enchaîné avec une seconde publication dans Playboy (She was good - She was funny). L'enfance attribuée (We were out of our minds with joy) n'est que son troisième récit ; pourtant suffisamment accompli pour avoir incité l'un des chroniqueurs du magazine Locus à penser qu'un écrivain de renom se cacherait sous le pseudonyme de David Marusek. Que nenni ! L'homme existe bel et bien. Jeune, tirant le diable par la queue, il habite un chalet rudimentaire dans les bois de Fairbanks en Alaska, et je suis prêt à parier qu'il n'a pas fini de faire parler de lui dans les années à venir. »
Gardner Dozois
(éditeur du Year's Best SF
et de la revue Asimov's Science Fiction)
 
    Critiques    
     Sam est un artiste, spécialiste des emballages. Eleanor est une toute jeune femme d'environ 200 ans, promise à une carrière politique importante. Ils évoluent dans une société brillante où abondent réceptions et célébrités... et tout débute par une belle histoire d'amour, dans un monde apparemment idéal... Ils sont fous de joie...

     Dans ce court roman - presque une longue nouvelle - Marusek nous conte une histoire classique, celle d'un homme dont l'univers s'écroule. La sobriété de l'intrigue et un style sans fioritures, presque anodin, en augmentent paradoxalement l'impact : la société qui se dévoile peu à peu est finalement plus terrifiante que bien des peintures plus morbides du futur.
     En nous faisant partager le quotidien de ses personnages, qui en deviennent plus vivants, il nous fait prendre conscience de l'absurdité de ce monde où les relations humaines sont devenues plus que superficielles, pratiquement impossibles :

     Difficile de s'approcher lorsque les rencontres se font souvent par hologrammes interposés.
     Difficile de s'intéresser aux autres lorsque nous vivons entourés de compagnons virtuels, d'autres "soi" plus compétents et qui jamais ne feront un reproche... des assistants indispensables sans lesquels il devient impossible de prendre un ascenseur !
     Difficile d'avoir confiance quand plus aucune intimité n'est possible et qu'il suffit d'avoir les moyens de percer les défenses des assistants pour savoir tout - absolument tout - sur un individu.
     Difficile de supporter la vie familiale lorsque l'on bénéficie d'une longévité de plusieurs centaines d'années et que les enfants peuvent choisir de ne pas vieillir en s'incrustant chez leurs parents.

     Sam et Eleanor ont pourtant surmonté ces obstacles. Lorsque le héros sera victime d'un "bug" (qui n'est pas sans rappeler le dysfonctionnement de Brazil, le film de Terry Gilliam - est-ce un hasard si le personnage central s'appelle Sam ?), les conséquences en seront d'autant plus cauchemardesques...

     Même s'il ne véhicule pas d'idée véritablement nouvelle, ce récit épate par son déroulement parfaitement maîtrisé et sa crédibilité. Marusek illustre parfaitement ses craintes, de façon simple mais non simpliste : attention à la société que l'on construit, car nul n'y sera à l'abri !…

Pascal PATOZ (lui écrire)
nooSFere


     À la fin du vingt-et-unième siècle, le monde ne ressemble plus guère à ce que nous connaissons. La prospérité semble générale, les progrès de la science et de la médecine assurent à l'homme une quasi-immortalité, le système solaire est colonisé. Sam Harger est un créateur très coté, inventeur entre autres du papier d'emballage imitant la texture de la peau humaine, et qui, bien sûr, saigne lorsqu'on le coupe. Ses conquêtes féminines ne se comptent plus, mais sa relation avec Eleanor Starke, procureur multinational promise à un brillant avenir, va le transformer radicalement. Le fait que le ministère de la Santé les autorise à avoir un enfant — chose exceptionnelle dans un univers où la longévité accrue risque d'entraîner une surpopulation dramatique — ne peut qu'ajouter à leur bonheur. Pourtant, un grain de sable va s'insinuer dans ce meilleur des mondes et remettre en cause toutes les certitudes de Sam Harger...
     De David Marusek, on ne sait à peu près rien, si ce n'est qu'il a publié deux autres nouvelles avant celle-ci (et depuis ?). Quoiqu'il en soit, L'Enfance attribuée est une novella absolument extraordinaire. L'univers mis en scène ici est tout à fait fascinant, fort complexe dans son fonctionnement mais décrit par l'auteur avec une acuité qui force le respect. C'est également l'une des sociétés les plus originales que la science-fiction nous ait offerte ces dernières années. En outre, sa brièveté ne fait que rendre ce récit plus intense.
     La parution de L'Enfance attribuée me semble être un choc tout à fait comparable à celui que procura il y a quelques années le Baby Brain de Greg Egan. « [David Marusek] n'a pas fini de faire parler de lui dans les années à venir » s'exclame Gardner Dozois dans sa présentation de l'auteur. J'espère bien...

Philippe BOULIER
Première parution : 1/12/1999 dans Bifrost 16
Mise en ligne le : 6/9/2003


 
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