Site clair (Changer
 
    Fiche livre     Connexion adhérent
Le Mariage alchimique d'Alistair Crompton

Robert SHECKLEY

Titre original : The Alchemical Marriage of Alistair Crompton / Crompton Divided, 1978
Traduction de Rémi LOBRY

CALMANN-LÉVY (Paris, France), coll. Dimensions SF
Dépôt légal : 2ème trimestre 1979
Première édition
Roman, 248 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : 2-7021-0310-3
Format : 14,0 x 21,0 cm
Genre : Science-Fiction

Parution en juin 1979, prix de 46 FF.



Quatrième de couverture
     Alistair Crompton avait le nez fin. Il dirigeait le département création de Psychosmell, Inc., la plus grande firme de parfums du XXIe siècle.
     Mais Alistair n'était pas un homme complet. Soigné dans son enfance pour schizophrénie aiguë, il avait subi une véritable amputation psychologique. Le sensuel, le violent qu'il aurait pu devenir, vivaient désormais leur propre vie, dans des corps d'emprunt, sur d'autres planètes.
     Un jour, Crompton décida de tenter la Réconciliation, le « mariage alchimique  » : il se mit à la recherche de ses parties manquantes.
     Mais ses partenaires ne voulaient rien savoir : pas question de s'unir au médiocre Alistair.
     Ce n'est pas drôle d'être rejeté par soi-même...
     Alistair Crompton marque la rentrée romanesque d'un Sheckley particulièrement en verve, que Harlan Ellison salue en ces termes : « Si les Marx Brothers avaient écrit au lieu de jouer... ils se seraient appelés Robert Sheckley.  »

     Né à New York en 1928, Robert Sheckley exerce très tôt divers métiers : paysagiste, barman, guitariste, etc. Après son service militaire, il s'inscrit à l'université de New York et commence à écrire des nouvelles. Diplômé en 1951, il travaille quelque temps dans l'industrie aéronautique avant de se consacrer entièrement à la littérature. Il a publié vingt-trois livres et plus de deux cents nouvelles.
Critiques
 
     NEW LOOK

     Voilà donc le Sheckley dément qu'on annonçait ici et là. Il est vrai qu'on éprouve à le lire un plaisir typique : un Sheckley de bonne cuvée, presque aussi fou qu'Options dont on a récemment parlé. Reste cependant un petit goût de « déjà vu » — au moins pour les lecteurs de longue date. « Déjà vu » plaisamment pris au compte du texte, car l'un des « moi » d'Alistair se permet de nous entraîner dans une curieuse symphonie mémorielle (p. 93). Qui, dans la nouvelle originelle s'intitulait précisément « déjà vu ». Car ce nouveau roman est — bien que la chose soit pudiquement passée sous silence — l'expansion de Join Now (Galaxy dec. 1958) repris et traduit deux fois l'une dans l'ancien Galaxie (n° 63 fév. 59) sous le titre Tout ou rien, l'autre dans Galaxie n° 16, en 1965, sous le titre Les Quatre éléments. Certes, la réécriture sous forme de roman a modifié certains traits : le personnage clivé d'Alistaire est bien mieux dessiné, tout comme celui de Loomis le sensuel ; de nouvelles scènes fort drôles agrémentent le récit, et la fin est originale, comme le début : on y retrouve cet humour triste proche de celui des gags de Laurel et Hardy, qui provoque et empêche tout à la fois l'émotion. Mais pour le reste, à part de menus changements, l'armature de la nouvelle demeure. Il s'agit d'un futur où, pour traiter la schizophrénie, on dissocie les diverses tendances, on les greffe sur des corps de simili androïdes et on les expédie loin de la Terre, où reste le « moi » principal. A l'âge légal, celui-ci peut tenter de réintégrer ses divers « moi » c'est à cette quête qu'on nous convie, elle est drôle, fertile en rebondissements, chacun des « moi » voulant garder le pouvoir. Ce n'est pas la première tentative de Sheckley dans ce thème : qu'on se souvienne d'Invasion avant l'aube (Les Univers de R. Sheckley CLA) ou de Transfert stellaire (Dimension des miracles Laffont). Mais c'est peut-être la première fois où il le traite à fond, avec son sens aigu de la drôlerie. Cela nous change agréablement des autres vieux marcheurs sur le chemin de la quête d'identité. Pour conclure : un thème intéressant, un récit riche et plaisant, qui ravira les lecteurs qui le découvrent et rappellera de bons souvenirs aux autres, tout en leur permettant de mesurer à la fois la continuité et le changement chez ce diable d'auteur.
 

Roger BOZZETTO
Première parution : 1/9/1979 dans Fiction 304
Mise en ligne le : 6/10/2009

retour en haut de page

Dans la nooSFere : 73296 livres, 80421 photos de couvertures, 68716 quatrièmes.
8517 critiques, 39514 intervenant·e·s, 1513 photographies, 3732 adaptations.
 
Vie privée et cookies/RGPD
A propos de l'association. Nous contacter.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres et ne publions pas de textes.
Trouver une librairie !
© nooSFere, 1999-2021. Tous droits réservés.