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La Terre demeure

George Rippey STEWART

Titre original : Earth abides, 1949
Traduction de Jeanne FOURNIER-PARGOIRE

Robert LAFFONT (Paris, France), coll. Ailleurs et demain - Classiques
Dépôt légal : 1er trimestre 1980
Réédition
Roman, 346 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : 2-221-00270-9
Genre : Science-Fiction


Autres éditions
   FAGE, 2018, 2020
Sous le titre Le Pont sur l'abîme
   HACHETTE, 1951

Quatrième de couverture
     « Je tiens ce livre pour le meilleur roman de science-fiction. Je crois qu'il s'agit d'un des meilleurs romans jamais écrits.
     « Parce que George Stewart y a traité l'un des plus stupéfiants sujets qu'il soit possible d'imaginer : la mort et la résurrection de l'humanité.
     « Dans ma propre carrière, ce livre a été un point de repère majeur. Pour moi, cette œuvre a la simplicité et la grandeur d'une chaîne de montagnes. Installés sur la plaine de la science-fiction ordinaire, nous portons le regard dans cette direction pour la première fois... et plus jamais nous ne pouvons nous satisfaire de cet ordinaire parce que cet exemple nous a démontré que de pareils sommets pouvaient être atteints.
     « Un roman dont l'impact demeure entier au bout de vingt ou trente ans a bien mérité sa qualification de chef-d'œuvre.
     « Je témoigne, persiste et signe, que ce livre en est un. »

JOHN BRUNNER
Sommaire
Afficher les différentes éditions des textes
1 - John BRUNNER, Préface, pages 9 à 13, préface, trad. Gérard KLEIN
2 - Rémi MAURE, Après les cendres, quel phénix ?, pages 321 à 337, postface
3 - ANONYME, Bibliographie, pages 338 à 340, bibliographie
Critiques
 
     ...même si les hommes passent.
     Les romans post-cataclysmiques sont si nombreux dans la science-fiction qu'il serait presque possible de définir cette dernière comme étant la littérature des morts et résurrections de l'humanité.
     A lire la fort copieuse postface de Remy Maure, on s'aperçoit qu'en effet ce genre de récits a exercé et continue d'exercer un attrait certain, et sur le public, et sur les écrivains.
     Quant à la préface fort chaleureuse de John Brunner, elle ne peut que donner envie de se plonger dans ce roman, publié en 1949, en même temps que 1984 de Orwell donc, mais qui reste d'une modernité, d'un impact, d'une actualité exceptionnels.
     1984 est devenu le classique que l'on sait, alors que La Terre demeure reste une œuvre inconnue en France, malgré une première traduction publiée en 1951, introuvable fort évidemment. Il y avait là une injustice à réparer.
     Et comme l'affirme John Brunner : « Tant que vous n'aurez pas lu ce livre, vous pourrez ne pas vous rendre compte de la fragilité extrême du monde dans lequel nous vivons... » Alors ne perdons pas de temps.

Francis VALÉRY
Première parution : 1/5/1980 dans Fiction 308
Mise en ligne le : 1/6/2009

Critiques des autres éditions ou de la série
Edition FAGE, (2021)

« La terre demeure » est un roman classé dans la SF post-cataclysmique. En fait, on pourrait pratiquement le qualifier de la quintessence de ce sous-genre. Tout y est. La catastrophe, qui a des relents très actuels, est une pandémie fatale à la presque totalité des humains. Seuls quelques individus ont survécu. La disparition d’une partie de la population à cause d’une infection n’est pas un thème rare ; on le retrouve dans « La mort blanche » de Frank Herbert. Dans « Dans la forêt » de Jean Hegland, une épidémie par un virus très contagieux tue la plupart des gens, mais deux jeunes femmes isolées en forêt vont survivre grâce aux leçons d’autarcie que leurs parents leur ont inculquées. À la différence des catastrophes du type nucléaire ou écologique, une maladie qui ne s’attaque qu’à l’homo sapiens a cet avantage de laisser intacts les structures et les biens. Le temps fera son œuvre de dégradation. 
« La terre demeure » démarre juste après la catastrophe. Le héros qui travaillait solitaire en montagne depuis un long moment va découvrir l’ampleur du désastre. Se retrouvant seul, il profite du fait que beaucoup de choses fonctionnent et n’a pas de problème d’alimentation (les épiceries sont pleines de boîtes de conserve) ou de déplacement (automobile en parfait état et essence restante dans les stations-service). Dans le premier tiers du roman, la survie dépend beaucoup de sa compréhension de ce qui se passe ; grâce à son expérience de vie en solitaire dans la montagne et sa formation scientifiques, c’est plutôt facile. C’est en quelque sorte une leçon d’écologie. Le défi pour lui est psychologique. Dans la deuxième partie, il rencontre une femme avec qui il fonde une famille puis une communauté. Son souci est dans la reconstruction d’une structure sociale viable, car les ressources de l’Ancien Monde s’épuisent. Il essaye d’inculquer aux jeunes la lecture, et un minimum de connaissances qu’il estime utiles pour l’agriculture et l’élevage, les soins de santé... Il faut trouver des solutions de remplacement facile à mettre en œuvre au fur et à mesure de la disparition des biens d’antan. D’autres survivants se joignent à la communauté. Dans la dernière partie, le retour d’un mode de vie plus axé sur la chasse ou la cueillette émerge. Les descendants qui n’ont pas connu la civilisation sont immergés dans la nature et ne voient pas l’utilité d’apprendre à lire ou d’acquérir des connaissances qui ne sont pas nécessaires à leur activité de tous les jours. Tout est dit, l’humanité repart sur les mêmes bases que nos ancêtres et la nature reprend ses droits en quelques années. Paru au milieu du XXe siècle, ce roman reste pertinent à ce jour. John Brunner ne s’y trompait pas, le classant comme incontournable sur ce thème dont lui-même était un maître. La lecture de ce roman est absolument fondamentale en cette époque au cours de laquelle nous avons tellement malmené notre planète, où nous subissons une pandémie virale mondiale ou l’effondrement écologique nous guette. Il est à la fois pessimiste et optimiste ; pessimiste puisque le redémarrage se fait selon les mêmes modes, mais optimiste par la résilience de l’espèce.

Patrice HILDGEN
Première parution : 1/10/2021
nooSFere

Prix obtenus
International Fantasy, Fiction, 1951


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