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L'Horreur dans le musée

ANTHOLOGIE

Textes réunis par August DERLETH & Howard Phillips LOVECRAFT

Titre original : The Horror in the Museum and Other Revisions , 1970
Première parution : Arkham House, 1970 (anthologie coupée en deux pour l'édition française)
Cycle : Les Révisions de H. P. Lovecraft vol. 1 

Traduction de Jacques PARSONS

Christian BOURGOIS (Paris, France)
Dépôt légal : 3ème trimestre 1975
Première édition
Anthologie, 288 pages, catégorie / prix : nd
ISBN : néant
Genre : Fantastique



Quatrième de couverture
     L'Amérique n'a guère bien traité, de leur vivant, les deux hommes auxquels elle mesure, depuis leur mort, une renommée que l'Europe a accordée sans réserve : Edgar Allan Poe et Howard-Phillips Lovecraft. Le plus maltraité des deux est sans doute le second : il fut privé du plaisir légitime de voir son œuvre publiée en librairie, exposée dans les vitrines, inscrite au catalogue des bibliothèques, analysée par les critiques des grands journaux littéraires. Enfin, contrairement à l'auteur du Corbeau qui consacra toutes ses forces à l'extension de son œuvre, Lovecraft gaspilla une partie des siennes à améliorer l'œuvre des autres. De 1918 jusqu'à sa mort en 1937, il fut redresseur de textes boiteux, dépanneur d'imaginations en détresse, vivante prothèse d'écrivains handicapés par une difficulté d'expression, professeur de rédaction, « nègre » d'imposteurs en quête d'une consécration, et aussi conseiller d'authentiques écrivains dont il a aidé le talent à s'épanouir.
     C'est ainsi qu'il s'adonna (parfois gratuitement) à la correction de textes à caractère fantastique avec un zèle et un désintéressement tels qu'il en faisait ses œuvres personnelles... mais publiées sous le nom du client. Ce sont les contes et nouvelles rassemblés (à quelques exceptions près) en 1970 par August Derleth sous le titre The Horror in the Museum (l'Horreur dans le musée).
     Francis Lacassin

     H.-P. Lovecraft et Elisabeth Berkeley : En rampant dans le chaos
     H.-P. Lovecraft et Elisabeth Berkeley : La Verte Prairie
     Sonia Greene : Le Monstre invisible
     Sonia Greene : Quatre heures
     Hazel Heald : L'Homme de pierre
     Haze ! Heald : La Mort ailée
     C.M. Eddy Jr. : Le Nécrophile
     C.M. Eddy Jr. : Sourd, muet et aveugle
     C.M. Eddy Jr. : Le Mangeur de spectres
     Robert H. Barlow : Jusqu'à ce que toutes les mers
     Hazel Heald : L'Horreur dans le musée
     Hazel Heald : Surgi du fond des siècles
     William Lumley : Le Journal d'Alonso Typer
     Hazel Heald : L'Horreur dans le cimetière
Sommaire
Afficher les différentes éditions des textes
1 - August DERLETH, Les "Révisions" de Lovecraft (Lovecraft's “Revisions”, 1970), pages 5 à 8, préface, trad. Jacques PARSONS
2 - Francis LACASSIN, H.P. Lovecraft : "nègre" littéraire ou accoucheur de talent ?, pages 9 à 30, introduction
3 - Elisabeth Neville BERKELEY & Howard Phillips LOVECRAFT, En rampant dans le chaos (The Crawling Chaos, 1921), pages 31 à 40, nouvelle, trad. Jacques PARSONS
4 - Elisabeth Neville BERKELEY & Howard Phillips LOVECRAFT, La Verte prairie (The Green Meadow, 1927), pages 41 à 48, nouvelle, trad. Jacques PARSONS
5 - Sonia GREENE, Le Monstre invisible (Invisible Monster, 1923), pages 49 à 56, nouvelle, trad. Jacques PARSONS
6 - Sonia GREENE, Quatre heures (Four O'Clock, 1949), pages 57 à 62, nouvelle, trad. Jacques PARSONS
7 - Hazel HEALD, L'Homme de pierre (The Man of Stone, 1932), pages 63 à 82, nouvelle, trad. Jacques PARSONS
8 - Hazel HEALD, La Mort ailée (Winged Death, 1934), pages 83 à 116, nouvelle, trad. Jacques PARSONS
9 - Clifford M Jr. EDDY, Le Nécrophile (The Loved Dead, 1924), pages 117 à 130, nouvelle, trad. Jacques PARSONS
10 - Clifford M Jr. EDDY, Sourd, muet et aveugle (Deaf, Dumb and Blind, 1925), pages 131 à 145, nouvelle, trad. Jacques PARSONS
11 - Clifford M Jr. EDDY, Le Mangeur de spectres (The Ghost-Eater, 1924), pages 146 à 158, nouvelle, trad. Jacques PARSONS
12 - Robert H. BARLOW, Jusqu'à ce que toutes les mers... ("Till All the Seas", 1935), pages 159 à 170, nouvelle, trad. Jacques PARSONS
13 - Hazel HEALD, L'Horreur dans le musée (The Horror in the Museum, 1933), pages 171 à 206, nouvelle, trad. Jacques PARSONS
14 - Hazel HEALD, Surgi du fond des siècles (Out of the Eons aka Out of the Aeons, 1935), pages 207 à 240, nouvelle, trad. Jacques PARSONS
15 - William LUMLEY, La Journal d'Alonso Typer (The Diary of Alonzo Typer, 1938), pages 241 à 268, nouvelle, trad. Jacques PARSONS
16 - Hazel HEALD, L'Horreur dans le cimetière (The Horror in the Burying-Ground, 1937), pages 269 à 285, nouvelle, trad. Jacques PARSONS
Critiques des autres éditions ou de la série
Edition POCKET, Science-Fiction / Fantasy (2014)

            Toute sa vie ou presque, H.P. Lovecraft a couru après l'argent ; il dira même de son divorce qu'il est dû à quatre-vingt-dix pour cent à ses difficultés financières ; on lira d'ailleurs à ce sujet « Un mari nommé H.P.L. » de Sonia H. Greene (pages 1184 à 1213 du tome 2 de l'intégrale « Bouquins »), un témoignage passionnant (et édifiant !) sur le Lovecraft de tous les jours, incapable de trouver un travail à New York pendant deux ans et ne supportant pas d'être entretenu par une épouse plus douée que lui pour les affaires. Un témoignage qui devient glaçant quand Sonia Greene, d'origine juive, évoque en addendum l'influence de Mein Kampf sur HPL et l'admiration qu'il vouait à Adolf Hitler… Très tôt dans sa carrière, dès 1918, Lovecraft fait des révisions, réécrit de la poésie épouvantable, redresse des textes boiteux, transforme en récit une idée et quelques notes éparses. Parfois, cela va encore plus loin : il écrit des textes complets qu'il ne signera pas, comme pour Houdini, ce qui donnera le très touristique et peu convaincant « Prisonnier des pharaons », nouvelle qui a toutefois l'avantage de montrer tout l'humour dont Lovecraft était capable (dire qu'il se paye Houdini, censé être le narrateur, est un euphémisme). Dans le lot de toutes ces révisions, effectuées jusqu'à la fin de sa vie, il y a, en proportion, assez peu de fantastique et de science-fiction, un « assez peu » (665 pages tout de même) que Francis Lacassin a compilé dans le tome 2 de l'intégrale « Bouquins » sous le titre « L'Horreur dans le musée », titre qui était aussi celui d'une précédente édition, partielle, en deux volumes, d'abord chez Christian Bourgois, puis en poche chez Pocket (où le tome 2 avait été renommé L'Horreur dans le cimetière). On précisera que le sommaire des deux volumes de l'édition Pocket diffère légèrement des sommaires de l'édition Christian Bourgois, et que ces deux éditions sont nettement moins complètes que la sélection « Bouquins ».

            En anglais, on appelle un nègre littéraire « a ghostwriter », un écrivain fantôme. Invisible, mort, en retrait ? Un peu tout cela à la fois. Mais, dès qu'il touche au fantastique, Lovecraft est un mauvais nègre, dans le sens où il ne sait pas toujours rester en retrait, et beaucoup de ses révisions sonnent comme du Lovecraft pur jus, et parfois même du très bon. Y compris dans des textes anecdotiques comme « Horreur à Martin Beach », signé Sonia Greene ; on y retrouve aisément sa patte et, dans ce cas précis, sa passion pour les créatures maritimes gigantesques.

            Il y a évidemment du bon et du moins bon dans ces 660 pages de révisions. Certains textes, bavards, sont interminables tant l'action et le mouvement y sont procrastinés (« Le Dernier examen », « L'Horreur venue des collines », « Le Tertre »), d'autres font preuve d'un racisme suffocant – l'histoire de jumeau maléfique « Cassius » par exemple. On trouve même une vibrante apologie de l'esclavagisme dans « La Chevelure de Méduse » (signée Zealia Bishop). Mais négliger cette sélection, à cause de sa qualité variable ou de son racisme intermittent, vous ferait passer à côté de quelques joyaux : « L'Homme de pierre », « L'Horreur dans le musée », « La Mort ailée », « La Malédiction de Yig ». Et de nouvelles certes moins réussies, mais qui restent longtemps en mémoire, à l’image de « Cendres », qui mêle avec une certaine espièglerie savant fou et ressorts du vaudeville.

Thomas DAY
Première parution : 1/1/2014
Bifrost 73
Mise en ligne le : 28/3/2020

Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo...)
Night Gallery ( episode : Last Rites for a Dead Druid ) , 1972, Jeannot Szwarc (d'après le texte : Hors du temps), (Episode Série TV)

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