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Chants de la Terre lointaine

Arthur C. CLARKE

Titre original : The Songs of Distant Earth, 1986
Première parution : États-Unis, New York : Del Rey / Ballantine Books, mai 1986 / Angleterre, Londres : Grafton, 1986 (expansion d'une nouvelle du même titre, If Magazine (US) juin 1958)   ISFDB
Traduction de France-Marie WATKINS
Illustration de David B. MATTINGLY

J'AI LU (Paris, France), coll. Science-Fiction (1985 - 1993, 2ème série - dos violet) n° 2262
Dépôt légal : septembre 1987, Achevé d'imprimer : 18 septembre 1987
Réédition
Roman, 320 pages, catégorie / prix : 4
ISBN : 2-277-22262-3
Format : 11,0 x 16,5 cm
Genre : Science-Fiction


Autres éditions
   ALBIN MICHEL, 1986
Sous le titre Les Chants de la Terre lointaine
   BRAGELONNE, 2016
Sous le titre Chants de la Terre lointaine
   FRANCE LOISIRS, 1986, 1987
   J'AI LU, 1992, 1996
Sous le titre Les Chants de la Terre lointaine
   MILADY, 2010, 2013

Quatrième de couverture
Arthur C. Clarke
Né en 1917 en Angleterre, ancien président de l'Association interplanétaire britannique, il est aujourd'hui membre de l'Académie astronautique. Ses romans de S-F l'ont rendu célèbre dans le monde entier : 2001, l'odyssée de l'espace, 2010 : odyssée deux, Les fontaines du paradis...
 
     L'an 2500 — Alors que le soleil est condamné, les hommes prennent le chemin des étoiles. Sur une douce planète océane, un vaisseau semeur donne une deuxième chance à l'humanité...
     L'an 3500 — Dix siècles plus tard, le système solaire est sur le point d'exploser, mais la découverte de la poussée quantique permet désormais de transporter un million de corps cryogénisés vers Sagan Deux.
     Faisant escale sur Thalassa, le Magellan et son équipage feront la connaissance des descendants de l'humanité, et Loren Lorenson celle de Mirissa... mais la nouvelle Terre promise les attend, de l'autre côté de l'Univers...
Sommaire
Afficher les différentes éditions des textes
1 - Note de l'auteur, pages 7 à 9, notes, trad. France-Marie WATKINS
2 - Chronologie, pages 299 à 300, notes, trad. France-Marie WATKINS
3 - Note bibliographique, pages 301 à 301, notes, trad. France-Marie WATKINS
4 - Remerciements, pages 303 à 305, notes, trad. France-Marie WATKINS
Critiques des autres éditions ou de la série
Edition ALBIN MICHEL, (1986)

     Le Magellan, vaisseau de colonisation interstellaire, fait halte sur la planète aquatique Thalassa, parce qu'il a subi une avarie en cours de route et doit se « recharger » en glace pour reconstituer son bouclier contre les poussières cosmiques. Un jeune ingénieur, Léon, entame un romantique amour avec Lora, une Lassane. Mais le Magellan doit repartir et, chacun sa colonie, Lora ne peut suivre Léon, dont la femme, enceinte, dort à bord dans son cercueil de cryogénie. Et c'est en voyant le corps endormi de sa « rivale » que Lora comprend que sa place n'est effectivement pas dans le vaisseau.
     Ce résumé ne concerne pas Chants de la Terre lointains mais « la première version de ce roman, une nouvelle de 12500 mots, écrite entre Février et Avril 1957 et publiée dans IF MAGAZINE (USA) de Juin 1958... » Ainsi parle Clarke, et j'ajoute qu'on peut lire ce texte dans le recueil L'étoile, publié en 1979 chez J'ai Lu (mais ne correspondant pas à un recueil original anglais ou américain). Il est donc intéressant de comparer nouvelle et roman, pour voir ce que l'auteur a changé ou ajouté : on sait que son roman le plus célèbre 2001, a pour base la nouvelle La sentinelle... En fait, la transformation est totale ; Clarke n'est pas van Vogt, qui allonge ses textes par ajouts successifs, en laissant inchangées la ou les nouvelles de base. Seul dans le roman le cadre demeure : Thalassa, colonie heureuse, brusquement tirée de sa quiétude (qui est plutôt une torpeur) par l'arrivée du vaisseau géant Magellan, qui ne compte pas moins de un million de Terriens endormis dans ses flancs...
     Clarke a dramatisé fortement son postulat : la colonisation stellaire s'est faite poussée par une nécessité impérieuse — le soleil est devenu nova, la Terre vient d'être calcinée, et le Magellan est le dernier vaisseau à en être parti (alors que les colons de Thalassa sont depuis trois siècles sur le monde marin). C'est de ce postulat que Clarke tire ses plus belles pages (qui font écho au dernier chapitre des Enfants d'Icare), et de nombreuses notations annexes, toujours bienvenues : ainsi du sort des livres religieux aussi beaux et célèbres que les Veda, la Bible, le Coran, qui n'ont pas trouvé place dans le Magellan, parce que, « on ne pouvait leur permettre de réinfester des planètes vierges avec les anciens poisons des haines religieuses, de la croyance au surnaturel et tout le pieux jargon qui avait jadis réconforté d'innombrables milliards d'hommes et de femmes, au prix de leur raison » (p. 148)
     Une autre innovation importante est la présence dans l'unique océan de Thalassa d'une race de créatures caparaçonnées, les Scorps, qui portent en eux les germes de l'intelligence. Et un troisième ajout, plus anecdotique, concerne les « Sabras », minorité active atteinte du « syndrome du Bounty », et qui voudrait bien rester sur ce paradisiaque Thalassa au lieu de continuer un voyage de trois siècles vers Sagan deux, dont les conditions sont celles de Mars... Mais, autant Clarke a été prolixe et inspiré concernant la fin de la Terre, autant il reste dans le schématique et le flou pour ce qui est de ces deux thématiques. On comprend que, voulant lester son roman d'un bon poids d'humanisme (les coloniaux sont des hommes raisonnables, et aucun conflit grave ne peut surgir entre eux), l'auteur ait fait tourner court la mutinerie. Il est plus inexplicable qu'il n'ait fait que survoler le problème de la rencontre avec une intelligence extra-terrestre, qui est pourtant SA grande thématique. Peut-être a-t-il jugé qu'il avait déjà donné ? Pourtant une phrase, et une seule, en tout fin du roman (p. 295) laisserait entrevoir de futurs conflits entre les Scorps et les Lassans... Clarke préparerait-il une suite ? Ce serait amusant car il déclarait déjà à la parution des Fontaine du paradis, il y a dix ans, que c'était là son ouvrage ultime. Il a récidivé deux fois depuis, alors...
     Alors goûtons sereinement ces Chants..., qui ne sont sans doute pas du meilleur Clarke (cela n'existe plus depuis longtemps), mais qui ne valent pas les commentaires dédaigneux que j'ai pu lire à leur sujet dans la « grande presse » : le vieil îlien a sans doute perdu quelques dents, mais pas son charme de conteur, apte à vous bercer de biens jolies légendes du futur, comme celle-ci.

Jean-Pierre ANDREVON (lui écrire) (site web)
Première parution : 1/11/1986
dans Fiction 380
Mise en ligne le : 1/5/2003


Edition MILADY, Imaginaire (2010)

     En dépit d'une production pléthorique, je n'avais jusqu'à présent trouvé chez Milady aucun livre qui me fasse envie. La tétralogie de Peter F. Hamilton m'avait bien un temps tenté mais l'expérience de L'Aube de la nuit refroidit fissa cet embryon enthousiasme. Milady est un label de Bragelonne et cette réédition d'un roman relativement récent de sir Arthur C. Clarke s'inscrit dans une tendance intéressante chez cet éditeur. Depuis quelques temps, Bragelonne a entrepris un travail patrimonial tant sur la S-F que sur la fantasy. Ainsi « Les Trésors de la SF », collection dirigée par Laurent Genefort, qui se consacre à une S-F très populaire faisant revivre, entre autres, quelques-uns des meilleurs romans du Fleuve Noir « Anticipation ». Par ailleurs, après « Le Cycle des Epées », chef-d'œuvre de Fritz Leiber, un très beau travail est en cours sur Robert E. Howard, auteur que l'on peut considérer comme le père de l'heroic fantasy. Citons encore les fameux « Livres de sang » de Clive Barker pour montrer que l'horreur dont ces recueils constituent l'un des plus prestigieux fleurons n'est nullement négligée. C'est dans ce contexte que Milady se voit mis à contribution pour une édition de ces Chants de la Terre lointaine simultanée avec L'Odyssée du Temps, co-signée par Clarke et Stephen Baxter (Bragelonne).

     Sir Arthur C. Clarke n'a jamais été un grand écrivain, mais il est peut-être, entre tous, celui qui incarne le mieux la science-fiction. Les Chants de la Terre lointaine n'est pas non plus un de ses chefs-d'œuvre qui, à mon sens, sont au nombre de trois : La Cité et les astres, Les Enfants d'Icare et Rendez-vous avec Rama. Chants de la Terre lointaine est le développement d'une nouvelle disponible dans le recueil L'Etoile (J'ai lu) sous le curieux titre « Les Sons de la Terre lointaine ».

     S'il repose sur un fond dramatique à souhait (la mort de la Terre), le roman de Clarke est au contraire tranquille, jalonné tout au plus d'incidents relevant du fait-divers. A aucun moment l'auteur ne joue si peu que ce soit la carte du thriller. Le premier (et dernier) astronef interstellaire à poussée quantique, tirée de l'énergie du vide, doit faire escale sur Thalassa pour reconstituer son bouclier de glace usé par l'abrasion des atomes errant dans l'espace avant de poursuivre sa route. Thalassa a cependant déjà été colonisée car la Terre — dont la condamnation à mort était connue depuis des siècles, pour cause de nova du Soleil — a lancé de nombreuses stations automatiques chargées de matériel génétique humain et terrestre, comme autant d'arches de Noé, ainsi que de quoi redémarrer la civilisation. Sur Thalassa, une culture paisible, tournée vers la mer mais néanmoins évoluée, a donc vu le jour, et s'est développée sur les trois seules îles de la planète. Une poignée de péripéties vient à peine troubler cette escale (le roman aurait pu porter ce dernier mot comme titre) où tout ou presque se déroule comme prévu et nous laisse quelque peu sur notre faim.

     Chants de la Terre lointaine ne passionne ni n'engendre une lecture frénétique et pourtant, sans recourir à quelque tension dramatique, sir Clarke parvient à nous intéresser du début à la fin. Voilà une bonne occasion de profiter, sans qu'il y ait lieu de crier au génie, d'un roman qui, somme toute, méritait d'être à nouveau à la disposition des lecteurs.

Jean-Pierre LION
Première parution : 1/4/2010
dans Bifrost 58
Mise en ligne le : 16/7/2011

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