Site clair (Changer
 
    Fiche livre     Connexion adhérent
La Servante écarlate

Margaret ATWOOD

Titre original : The Handmaid's Tale, 1985
Première parution : Toronto, Canada : McClelland and Stewart, 1985
Cycle : La Servante écarlate vol. 1 

Traduction de Sylviane RUÉ

Robert LAFFONT (Paris, France), coll. Pavillons
Dépôt légal : septembre 1987
Première édition
Roman, 362 pages, catégorie / prix : 98 FF
ISBN : 2-221-05238-2
Genre : Science-Fiction



Quatrième de couverture
     Defred est en quelque sorte un bien national, à elle seule une entreprise de salubrité publique. En ces temps de dénatalité galopante, elle a dû mettre au service de la République de Gilead, tout récemment fondée par une poignée de fanatiques religieux, son attribut le plus précieux : sa matrice. Et c'est avec un sentiment mal réprimé de révolte qu'elle offre son corps, comme toutes les femmes en âge de procréer, aux privilégiés en mal de progéniture.
     Vêtue d'écarlate, à l'exception des voiles blancs de sa cornette, elle accomplit sa tâche comme une somnambule. Doit-elle céder à la révolte, tenter de tromper le système ? A ce jeu-là, elle a déjà tant perdu : son mari et sa fille lui ont été arrachés...
     Le soir, Defred regagne sa chambre à l'austérité monacale. Là, elle laisse affluer les souvenirs. Elle songe au temps où les femmes avaient le droit de lire, d'échanger des confidences, de dépenser de l'argent, d'avoir un travail, un nom, des amants... C'était le temps où l'amour était au centre de tout. L'amour, cette chose si douce aujourd'hui punie de mort...
     Saluée partout comme une oeuvre majeure, La servante écarlate est l'un des plus grands succès littéraires des dix dernières années aux Etats-Unis, au Canada et en Angleterre. La société répressive qu'y évoque Margaret Atwood n'est pas sans rappeler 1984 d'Orwell : un monde si proche du nôtre qu'il paraît en être issu. Mais au-delà de cette magistrale création d'un monde, c'est la question du rôle et de l'avenir des femmes — libres ou soumises ? — que pose, avec force, ce roman fascinant.
Critiques des autres éditions ou de la série
Edition Robert LAFFONT, Bibliothèque Pavillons (2005)

     Avec la publication simultanée du Dernier homme (inédit critiqué in Bifrost 38) et de La Servante écarlate (réédition en poche), Margaret Atwood fait un retour remarqué sur le devant de la scène éditoriale française.

     C'est l'occasion de (re)découvrir l'extraordinaire travail de cette Canadienne presque sexagénaire, dont la virulence du propos est encore aujourd'hui un sujet d'émerveillement.
     Véritable roman politique et militant, au meilleur sens du terme, La Servante écarlate est un texte atypique, terrifiant et volontiers orwellien. Pendant féministe du célébrissime 1984, son intrigue tourne avant tout autour du mécanisme du pouvoir, et de l'acceptation lâche qui le produit. En l'occurrence, Atwood construit son roman comme une arme de guerre féministe, aussi incorrecte qu'assassine à l'égard de toutes les formes de dominations (y compris masculines).

     A travers l'histoire de Defred, femme-objet vêtue de rouge et dont la fonction officielle n'est rien d'autre que reproductive, Atwood dissèque la mécanique totalitaire avec une douloureuse lucidité. Résumons : le pays subit une dictature théocratique autoritaire qui réprime tout et n'importe quoi. Pour une raison inconnue, les femmes n'enfantent plus guère, menaçant de fait la survie même de l'humanité. Celles qui possèdent encore la capacité d'être enceintes sont réquisitionnées par le gouvernement. Commence alors une épouvantable existence de recluse, de prisonnière sexuelle et politique, alors que certains dignitaires les fécondent régulièrement pour renouveler la race. Dès lors, Defred n'est somme toute pas autre chose qu'une matrice, sans âme, sans esprit, sans rien. Constamment surveillée, perpétuellement soumise à une discipline patriarcale impitoyable, Defred se souvient du monde tel qu'il était avant. Le monde où son amant s'appelait Luke, le monde où elle pouvait lire, boire, chanter, le monde où elle avait encore une petite fille...

     Terriblement sombre, d'une violence extrême (une violence sourde et toujours pudique, donc plus efficace), intelligent et superbement mené, La Servante écarlate n'est évidemment pas qu'un simple manifeste. C'est une interrogation grave, un signal d'alarme lancé en 1985, mais dont l'écho est encore vivace aujourd'hui. A la manière d'un Orwell dont la lecture est aujourd'hui plus que jamais nécessaire, Atwood signe tout simplement un grand livre, dérangeant et fondamental. A ne pas manquer. Et à cacher au fond d'un carton avant qu'on interdise définitivement toute forme de libre pensée.

Patrick IMBERT (site web)
Première parution : 1/7/2005
dans Bifrost 39
Mise en ligne le : 10/8/2006

Prix obtenus
Arthur C. Clarke, [sans catégorie], 1987


Cité dans les pages thématiques suivantes
Dystopie

Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo...)
La Servante écarlate , 1990, Volker Schlondorff
The Handmaid's Tale , 2017, Bruce Miller (série)

retour en haut de page

Dans la nooSFere : 74061 livres, 81939 photos de couvertures, 69663 quatrièmes.
8527 critiques, 40052 intervenant·e·s, 1540 photographies, 3735 adaptations.
 
Vie privée et cookies/RGPD
A propos de l'association. Nous contacter.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres et ne publions pas de textes.
Trouver une librairie !
© nooSFere, 1999-2021. Tous droits réservés.