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Le Château de Lord Valentin

Robert SILVERBERG

Titre original : Lord Valentine's Castle, 1980
Première parution : The Magazine of Fantasy & Science Fiction, novembre 1979 à février 1980. En volume : États-Unis, New York : Harper & Row, avril 1980

Cycle : Majipoor  vol. 1 

Traduction de Patrick BERTHON
Illustration de Philippe CAZA

J'AI LU (Paris, France), coll. Science-Fiction (1985 - 1993, 2ème série - dos violet) n° 2656
Dépôt légal : mars 1991
Roman, 704 pages, catégorie / prix : 8
ISBN : 2-277-22656-4   
Genre : Science-Fiction


Autres éditions
   J'AI LU, 1994, 1994
   LIVRE DE POCHE, 2002, 2004, 2005
   in Majipoor - Intégrale du cycle de Valentin, MNÉMOS, 2017
   Robert LAFFONT, 1980, 2010, 2017

    Quatrième de couverture    
     Robert Silverberg
     Né à Brooklyn en 1935, diplômé de l'université de Columbia, il est l'auteur de plus de cent nouvelles ou romans. Les Editions J'ai lu ont publié, entre autres, Un jeu cruel, Les monades urbaines, Trips, L'oreille interne...

     Sur Majipoor — trois continents immenses, des océans démesurés — , un jeune homme s'éveille. Il ne se souvient que de son nom : Valentin.
     Au même instant, des fêtes se préparent : on attend le maître de la planète, le Coronal. Mais est-il bien celui qu'il paraît être ? Tandis que Valentin découvre auprès d'une troupe de jongleurs son aptitude à leur art, il est hanté par d'étranges rêves : il serait le vrai Coronal et l'on aurait transféré son esprit dans un autre corps...
     Carabella, une jolie saltimbanque, l'encourage à revendiquer son identité. Mais pour parvenir jusqu'au Coronal, Valentin devra traverser des continents, des océans. La troupe de jongleurs dont il fait désormais partie se rallie à lui... Tous haïssent le Coronal Vont-ils pour autant aider Valentin ?

    Prix obtenus    
Locus, roman de fantasy, 1981

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
 
Jean-Bernard Oms : Top 100 Carnage Mondain (liste parue en 1989)  pour la série : Majipoor

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition Robert LAFFONT, Ailleurs et demain (1981)


 
     Voilà donc le livre qui marque le retour à la SF de Silverberg, après que celui-ci eut déclaré en 1976 (après la publication de Shadrach in the furnace, qui va également paraître prochainement dans la collection de Gérard Klein) qu'il l'abandonnait à tout jamais... Voilà le livre qui lui fut payé 127 500 dollars par Harper and Row. Message personnel à Harper and Row : si des fois vous avez encore quelques dollars de trop, hein... Voilà donc ce gros pavé, qui dans son édition française pèse 490 pages imprimées serré.
     Le dos de la couverture argentée fait référence à Dune et au Seigneur des Anneaux. De grandioses précautions, qui indiquent sans doute une certaine perplexité, peut-être une certaine déception face à un roman qui ne présente pas les qualités évidentes de Silverberg : modernité, ambiguïté. En fait, c'est bien plutôt Vance qu'il faudrait évoquer (le récit se déroule effectivement sur une planète géante) et dont les archétypes sont ici convoqués : des princes tout-puissants, les baladins qui leurs sont opposés, les races diverses et les créatures bizarres qui meublent la vaste planète, le long parcours (à la fois vengeance et initiation) qui entraîne les héros à travers un puzzle d'aventures et de péripéties enchaînées, dans une société qui, bien que distante de nous de 14 000 ans dans le futur, a toutes les caractéristiques de la médiévalité, y compris l'usage de la magie.
     Valentin, le héros de Silverberg, est un jeune homme naïf et astucieux, qui ressemble comme un frère à Cugel. Mais c'est aussi un homme double, puisqu'il est en même temps Lord Valentin, souverain de ce monde énorme, dont l'esprit a été effacé par un usurpateur et transplanté dans un autre corps. C'est ici qu'on retrouve Silverberg à travers sa thématique favorite : la crise de l'identité et la métamorphose. Car Valentin, le dépossédé, n'aura de cesse de retrouver sa mémoire et son pouvoir (son identité), et il ne pourra le faire qu'en abandonnant sa défroque funambulesque, dans laquelle il se plaît pourtant bien (la métamorphose).
     Mais bien sûr cette thématique très connue des lecteurs et des critiques n'est utilisée dans ce roman que comme un retour à une situation antérieure. Il n'y a pas ici progression, mais annulation. Et il n'est pas difficile de lire dans ce parcours bouclé la transposition des avatars subis par l'auteur : la reconquête de la science-fiction, dont il s'était lui-même dépossédé. D'où sans doute une gêne, une timidité qu'on ne connaissait guère à l'auteur de L'oreille interne : Silverberg remet ses pas dans la trace de la SF, mais une SF balisée, confortable, qui ne gênera personne, celle, colorée, de l'aventure planétaire aux marges de l'heroic fantasy.
     Mais ne faut-il pas voir là une manœuvre purement commerciale ? Sans doute. Silverberg avait jadis expliqué son abandon de la SF par le fait que celle-ci n'était pas assez lue, donc pas assez payée. Dans un pays où les meilleures ventes sont celles d'Edgar Rice Burroughs et Scheer et Darlton, on ne peut guère lui reprocher d'avoir voulu chercher de nouveaux lecteurs là où ils se trouvaient...
     Y a-t-on perdu au change ? Bien sûr : Les Monades Urbaines et L'homme stochastique sont loin. Mais l'auteur a une expérience de l'écriture qui fait que rien de ce qui sort de sa plume n'est inintéressant. Mieux, Silverberg trouve ici, dans cette histoire sans problème de construction particulier (elle pourrait être plus longue ou plus courte de 200 pages), un bonheur d'écriture qui emporte le lecteur dans un torrent limpide et majestueux, dont il connaît par cœur les méandres (ces géants à quatre bras, cette guerrière farouche, ces cités tentaculaires dressées sur des montagnes gigantesques, ce séjour dans le ventre d'un dragon).
     Le château de Lord Valentin n'est ni un grand livre ni un livre original. C'est une revisitation d'un décor connu, un bon vieux gros bouquin bien agréable à lire au coin du feu.

Jean-Pierre ANDREVON (lui écrire)
Première parution : 1/1/1981
dans Fiction 315
Mise en ligne le : 15/5/2008


 

Edition LIVRE DE POCHE, SF (2ème série, 1987-) (2003)


     Voici typiquement le genre d'ouvrage qui pose des cas de conscience au lecteur méfiant. Car l'auteur du cycle de Majipoor (ouvert par ce Château de Lord Valentin) a beau s'appeler Robert Silverberg, on en connaît d'aussi talentueux qui ont eu du mal à tenir la distance de la saga sans mollir (à peu près tous ceux qui s'y sont essayés, en fait, à l'exception, peut-être, de Tolkien). Mais après tout, ce cycle est considéré comme un classique (récipiendaire du Prix Locus pour ce premier tome), et Silverberg déçoit si rarement qu'il a bien mérité le bénéfice du doute. Nous pénétrons donc avec curiosité dans le monde de Majipoor...
     ... et faisons connaissance avec Valentin, un séduisant vagabond amnésique. Devenu jongleur au sein d'une troupe de bateleurs, il parcourt cette gigantesque planète où diverses races intelligentes cohabitent pacifiquement. Mais au fil des rencontres et des rêves prémonitoires ou réminiscents, Valentin le jongleur va progressivement comprendre qu'il n'est autre que Lord Valentin, Coronal de Majipoor (le souverain de la planète), usurpé de sa fonction et de son identité par un imposteur. Valentin va alors tout mettre en œuvre pour déposer le tyran et découvrir quelle sombre coterie a ourdi le complot qui l'a évincé du trône. Cependant, le chemin est long de la poussière des sentiers de Majipoor aux ors du château du Coronal...
     Gérard Klein, dans une préface qui introduit fort à propos le roman — et le cycle — , nous fait part de son incapacité à ranger ce texte dans la catégorie science-fiction ou fantasy. C'est vrai qu'il y aurait de quoi polémiquer : on croit comprendre que l'on se situe dans le futur de l'humanité, sur une autre planète. On fait référence ça et là à des voyages spatiaux... Mais l'ambiance et l'histoire restent quant à elles bigrement médiévales, voire médiévales-fantastiques (il y a même des dragons, remarque Gérard Klein...). Bref, il y a là suffisamment de perches tendues pour que les aficionados de l'un ou l'autre genre y trouvent leur compte.
     L'intérêt de ce roman est d'ailleurs plus à chercher dans l'arrière-plan du récit que dans l'histoire, cette dernière étant — sans doute volontairement — résolument linéaire et dépourvue de toute originalité. Silverberg a voulu s'inscrire dans un genre proche de l'épopée, de la quête initiatique, du roman d'aventures, le tout étant d'un classicisme presque aussi vieux que la littérature elle-même (de l'Odyssée au Seigneur des Anneaux, on pourrait très certainement s'amuser à modéliser les péripéties rocambolesques qu'auront à affronter les souverains déchus avant de finalement reconquérir leur trône). L'histoire retient en effet si peu l'attention qu'on en vient rapidement à supposer qu'elle n'a servi à Silverberg que de prétexte pour dérouler son tapis de jeu : le monde de Majipoor. Une planète qu'il s'attache à décrire sous toutes ses coutures : géologie, écologie, climatologie, sociologie, économie, histoire, culture, spiritualité, le tout avec force détails et inventions. Et le pire est que cela fonctionne à merveille : le récit est l'occasion de visiter page après page une contrée inconnue et originale, que l'auteur a su rendre parfaitement cohérente.
     Mais qu'en sera-t-il de la suite du cycle ? Ce qui s'avère très digeste le temps d'un premier tome peut devenir extrêmement bourratif dans le deuxième (et ne parlons pas des suivants), surtout si l'histoire ne se décide pas à sortir des sentiers battus. Il faut ici poser la question fatidique : quel genre de lecteur-touriste êtes-vous ? Les voyages organisés et les chemins balisés, où un guide vous a préparé le terrain, suffisent-ils à votre dépaysement ? Ou bien préférez-vous partir à l'aventure, sac au dos, et en immersion totale ? Dans le premier cas, le Château de Lord Valentin est fait pour vous, ainsi que, présageons-le, le cycle de Majipoor dans son intégralité. Dans le deuxième cas, vous prendrez très probablement un plaisir sincère à lire ce premier volume, mais vous resterez quelque part sur votre faim, et hésiterez peut-être avant de voyager une nouvelle fois avec la même compagnie...

Julien RAYMOND (lui écrire)
Première parution : 3/6/2003
nooSFere


 Critique de la série par Marie-Laure VAUGE


 
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