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Le Prisonnier de la planète Mars suivi de La guerre des vampires

Gustave LE ROUGE



Illustration de Lucien RUDAUX

TERRE DE BRUME (Dinan, France), coll. Terres Fantastiques - Littérature
Dépôt légal : février 2008
Recueil de romans, 426 pages, catégorie / prix : 22 €
ISBN : 978-2-84362-371-4   
Genre : Science-Fiction


Autres éditions

Sous le titre Le Prisonnier de la planète Mars / La guerre des vampires   Jérôme MARTINEAU, 1966, 1966
Sous le titre Le Prisonnier de la planète Mars, suivi de La guerre des vampires
   LES MOUTONS ÉLECTRIQUES, 2008

    Quatrième de couverture    
     Envoyé sur la planète Mars grâce à l'énergie produite par plusieurs milliers de yogis rassemblés dans un monastère indien, Robert Darvel y découvre une monstrueuse réalité : la race la plus civilisée est la plus cruelle. Sur cette terrifiante planète, où la vie est un cauchemar à peine interrompu par le jour, les humains servent de cheptel à leur maîtres, les vampires. Ces derniers rendent le même service aux plus raffinés et aristocratiques d'entre eux : des pieuvres volantes géniales et invisibles. Mais les Invisibles eux-mêmes tremblent devant le mystère caché par la montagne de cristal. Un mystère que Robert Darvel a bien l'intention de découvrir...

     Depuis un demi-siècle, les amateurs de Gustave Le Rouge tiennent Le Prisonnier de la planète Mars — et la suite, La Guerre des Vampires — pour un chef-d'œuvre. C'est peut-être aussi et surtout le plus étrange de tous les romans inspirés par la planète rouge.

     Gustave Le Rouge est né en 1867 à Vologne dans la Manche. Journaliste et écrivain, il fréquentera assidûment les Symbolistes et sera un ami proche de Paul Verlaine.
     Écrivain de littérature populaire, Gustave Le Rouge restera l'immortel auteur du Mystérieux docteur Cornélius et de la Conspiration des milliardaires.

    Sommaire    
1 - Le Prisonnier de la planète Mars, pages 9 à 206, Roman
2 - La Guerre des vampires, pages 207 à 422, Roman
 
    Critiques    
     L'œuvre de Gustave Le Rouge ne se résume pas à La Conspiration des milliardaires ou au Mystérieux Docteur Cornélius. Certes, ce dernier et énorme roman paru, à l'époque en dix-huit fascicules, a tout pour plaire. Par rapport à d'autres cycles devenus célèbres tels que Fantômas ou Harry Dickson, ce livre fait la différence par l'inventivité du sujet, le renouvellement des péripéties, par une forme écrite élaborée, structurée avec des qualités littéraires indéniables. Les titres des fascicules préfigurent le surréalisme. Il est d'ailleurs considéré comme le chef d'œuvre de l'auteur.
     Journaliste au Petit Parisien, puis au Petit Journal Illustré où il s'occupait des « chiens écrasés », Gustave Le rouge a toujours eu, (comme beaucoup d'individus) des problèmes d'argent. Ce n'était pas qu'il fût dispendieux, mais son métier le nourrissait mal. Il devait donc, pour compléter ses revenus, produire une littérature écrite dans l'urgence, aussi vite oubliée que publiée. Cette activité alimentaire lui a valu une réputation d'auteur populaire au sens négatif du terme. Or, dans cette production, il y a quelques bijoux, surtout ceux relevant de la SF, des aventures fabuleuses avec des inventions merveilleuses, des rebondissements puisant dans le fantastique et les sciences occultes. D'ailleurs nombre de poètes surréalistes, et en particulier Blaise Cendrars, ne s'y sont pas trompés.

     Robert Darvel est un ingénieur passionné par la recherche de sociétés extra-terrestres et par la planète Mars. Ruiné par une expérience hasardeuse de contact interplanétaire, en Sibérie, il est revenu à Londres. Sa situation n'est pas brillante. Ses fiançailles avec Alberte Téramond, la fille d'un banquier, sont rompues. Seul Ralph Pitcher, son ami, continue de lui proposer son aide. Il reçoit un billet sibyllin, le pressant de rejoindre un certain Ardavena. C'est un brahme, le supérieur d'un monastère hindou. Celui-ci lui propose de le suivre dans son pays pour mettre en commun leurs deux puissances, celle de l'ingénieur maîtrisant nombre de techniques, celle des fakirs maîtrisant la psychologie et la philosophie de son peuple.
     C'est ainsi qu'ils conçoivent un appareil capable d'accumuler la force psychique produite pour en faire une énergie capable de merveilles. Mais le perfide Ardavena a d'autres projets, comme la domination de l'humanité ! Lorsque l'invention de Robert est au point, il se débarrasse de l'ingénieur en l'envoyant ...sur la planète Mars.
     Robert Darvel découvre une société où les « humains » servent à nourrir des vampires, eux-mêmes soumis aux besoins de pieuvres volantes et ...invisibles. Mais ces dernières vivent dans la crainte de ce qui se cache dans la montagne de cristal. Nouveau Robinson, Robert Darvel met toute son inventivité pour survivre et s'imposer dans une telle société, avec l'espoir de revenir un jour sur terre... Sur celle-ci, Ralph et Alberte ne restent pas inactifs !

     Gustave le Rouge utilise pour nourrir les intrigues de ses romans de merveilleux, de ses livres d'aventures et de fantastique, les connaissances scientifiques les plus pointues de l'époque. Avec « Le Prisonnier de la planète Mars », il se base sur les découvertes de deux scientifiques : Flammarion et l'astronome Schiaparelli, le découvreur des « canaux » de la Planète Rouge. On sait aujourd'hui qu'il n'en n'est rien. Mais cette théorie a perduré quelques décennies, le temps que d'autres astronomes disposent de moyens d'exploration plus performants. Cependant, il faut se rappeler que, si Schiaparelli a été le premier à émettre cette hypothèse, nombre de scientifiques lui ont gaiement emboîté le pas, n'hésitant pas d'ailleurs à en rajouter dans l'incohérence.
     Le psychisme et les capacités du cerveau intriguent, au début du XXe siècle. La découverte de sociétés, en particulier en Inde, où la puissance de la pensée commande les corps, émerveille et donne naissance à nombre de récits tous plus fantastiques les uns que les autres.
     Il est impressionnant de mesurer avec ce diptyque, comment un roman de distraction apporte de connaissances sur les mœurs de l'époque, sur les courants de pensées, sur les préoccupations des populations.

     Un autre intérêt du livre est le rappel de l'état des connaissances scientifiques, de l'état embryonnaire de certaines et de mesurer leur évolution. Est-ce l'auteur qui se laisse aller à émettre des théories personnelles ou reprend-il des idées émises quand il fait référence au tableau de Mendeleïev pour l'étendre à l'ensemble de la flore et définir, ainsi, toutes les espèces végétales « possibles » ? Mais, il met beaucoup de cohérence dans la structure de la vie sur Mars.

     On peut aussi lire, dans ce roman, une critique sociale. L'auteur décrit une société où les couches successives exploitent les précédentes et donne les vampires comme les suceurs du sang ...du peuple humain. N'est-il pas, lui-même dans une situation identique ? On retrouve, dans les combats menés pour libérer les humains de Mars, le climat politique et social de l'époque avec les grands mouvements sociaux qui ne sont pas si éloignés et les luttes que continuent à mener des socialistes comme Jaurès. Cependant, l'auteur donne à son héros les pensées dominantes de cette période où le colonialisme était florissant. Il en fait un roi : « ce sont mes sujets plutôt. ». Il lui prête, aussi, les travers bien humains, tel que le goût pour la gloire avec : « Robert savourait les joies d'une popularité bien acquise... ».

     On peut noter également la richesse du vocabulaire employé et s'étonner de celle-ci pour une littérature « populaire ». Peut-on s'engager sur l'hypothèse que le public de l'époque avait une culture bien différente ? Toutefois, c'est particulièrement frappant !

     Gustave le Rouge a la capacité de faire vibrer son lecteur par une suite de rebondissements, une succession d'actions, certes violentes, mais où les sentiments sont exacerbés et où l'amour tient une place importante. Certes, on peut trouver quelques contradictions, quand par exemple, le héros examinant son environnement depuis une colline, ne trouve pas trace d'activité sur un horizon immense, mais qui atteint, quelques pages plus loin, un hameau martien en un quart d'heure.

     Le Prisonnier de la planète Mars et La Guerre des vampires sont des livres passionnants qui ne se lâchent pas avant le mot fin. Un mot qui vient trop vite ! Gustave Le Rouge est un auteur à redécouvrir et « réhabiliter » d'urgence.

Serge PERRAUD
Première parution : 24/5/2008 nooSFere


 
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