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Homo Vampiris

Fabien CLAVEL



Illustration de YAYASHIN

MNÉMOS , coll. Icares n° (139)
Dépôt légal : novembre 2009
300 pages, catégorie / prix : 20 €
ISBN : 978-2-35408-059-4   
Genre : Fantastique



    Quatrième de couverture    
C'est à une intrigue tentaculaire
que nous convie Fabien Clavel,
dans ce thriller vampirique
mené tambour battant où
il dépeint un avenir sombre,
bien plus terrifiant
finalement que les êtres
nocturnes qui le hantent.

     21e siècle. 8 mai.
     Roumanie. 2h environ. Un patient s'échappe de l'Usine, une clinique d'un genre un peu particulier.

     Londres. 13h02.
     Une jeune étudiante quitte en courant une conférence de l'ONU. Sa soif de connaissance a capitulé devant une faim plus insatiable encore.

     Dubaï. 21h48.
     Dans une luxueuse suite de l'Al-Mahara, autrefois l'hôtel le plus cher du monde, seule une panthère noire ressortira vivante de la violente dispute
     qui oppose deux hommes.

     FABIEN CLAVEL
     Né en 1978, professeur de français à Budapest, Fabien Clavel est l'auteur de nombreux romans mêlant imaginaire et culture classique. À mi-chemin entre l'ambiance d'un Riverdream (G.R.R. Martin) et la précision journalistique d'un World War Z (Max Brooks), Homo Vampiris devrait régaler les amateurs de littérature vampirique autant que ceux de thrillers fantastiques.
 
    Critiques    
     Après plusieurs romans écrits pour la jeunesse au sein des collections Autres Mondes et Royaumes Perdus chez Mango, Fabien Clavel revient à ses premières amours, avec un livre à destination des adultes, publié par son éditeur originel, Mnémos. Le même Mnémos qui sortit il y a quelque temps Petits arrangements avec l'éternité, d'Éric Holstein, où ce dernier apportait sa touche d'originalité au mythe vampirique en le plaçant dans le contexte parigot, argot à l'appui. C'est maintenant au tour de Clavel de tenter de renouveler le genre.
     Le titre, Homo Vampiris, parle de lui-même : l'auteur s'attaque à cette thématique très à la mode actuellement, les vampires. Mais, loin de la déclinaison romantique à la Twilight, Clavel décide de corser le tout en empruntant son intrigue à plusieurs genres : tout d'abord le fantastique, bien sûr, avec ses protagonistes aux canines acérées. Mais aussi la science-fiction, puisque nous sommes projetés dans un futur relativement proche, milieu du XXIe siècle, et pas particulièrement joyeux : le niveau des eaux a monté, inondant Berlin ; les ressources naturelles se sont taries, de telle sorte qu'on utilise désormais l'électricité plutôt que le pétrole... Pour terminer, Clavel emprunte aussi certains codes du thriller : tout commence par un assassinat à Dubaï, se poursuit par des courses-poursuites au rythme des capitales mondiales, et que certains complots historiques resurgiront au gré des chapitres.
     Ces éléments se mélangent afin de permettre à l'auteur de nous livrer un roman rythmé, nerveux, aux nombreuses scènes d'action (certaines m'ayant fait penser à la trilogie cinématographique Daywatch de Timur Bekmambetov adapté des livres de Sergueï Loukianenko), et saupoudré d'humour (les relations tendues du couple Nogar/Silveira, mais aussi une grosse pincée d'humour noir). On ne s'ennuie pas une seconde durant ces trois cents pages menées tambour battant. Et quand il le faut, l'écriture de Clavel sait se calmer, et devenir sensuelle, notamment lors de certaines descriptions des villes traversées, de Paris à Pékin, en passant par Londres et Berlin. Bref, on est ici en pleine lecture-plaisir, bien agencée par l'auteur, qui découpe son histoire avec force flashbacks, changements de points de vue, révélations distillées au bon moment... La maîtrise narrative de Clavel est certaine.
     On regrettera néanmoins que l'aspect science-fictif, qui ajoute très clairement une originalité bienvenue à ce roman, ne soit pas plus développé et reste au stade de décor, sans réelle prise sur l'intrigue. De sorte que celle-ci, au final, brode à nouveau sur le même thème des familles de vampires antagonistes, sans proposer de nouvel éclairage. Mais c'est un mal commun à nombre d'œuvres récentes (le Holstein avait le même défaut), on ne saurait donc lui en tenir trop rigueur...
     Il n'en reste pas moins que ce thriller vampirique futuriste saura plaire aux amateurs de sensations fortes (y compris ceux qui aiment jongler avec les coquilles qui parsèment l'ouvrage), et procurer à tous un moment de détente véritable. C'est déjà beaucoup.

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 6/12/2009 nooSFere


     Après un détour du côté de la littérature pour la jeunesse, Fabien Clavel est de retour chez l'éditeur où il fit ses premiers pas, il y a bientôt dix ans, avec un livre tout à fait dans l'air du temps. Autant vous prévenir d'emblée : si vous avez développé une allergie chronique aux jeunes héroïnes à la sexualité débridée, aux canines hypertrophiées et aux habitudes alimentaires singulières, passez votre chemin. Ceci dit, si pour vous un roman doit mettre en scène des personnages bien campés, développer une intrigue qui tienne la route et faire preuve d'un minimum d'originalité, Homo Vampiris n'est pas pour vous non plus.

     Au milieu du XXIe siècle, entre pénurie de combustibles fossiles et cataclysmes à répétition, le monde se porte de plus en plus mal. A Londres, Nina Kudelski mènerait une vie tout à fait banale si elle ne ressentait pas régulièrement le besoin irrépressible de se nourrir de sang frais, un besoin qu'elle a pris l'habitude d'assouvir en s'abreuvant à même le sexe de ses amants d'un soir. La demoiselle ne semble se poser aucune question sur sa nature et sa soif particulières, jusqu'au jour où elle rencontre Ashanti Kumasi, diplomate ghanéen travaillant à l'ONU et vampire lui aussi. Elle va alors se retrouver au centre d'une lutte opposant un ancien groupe d'activistes buveurs de sang (l'Ancolie), la famille régnante du petit monde vampirique (le prince Bathory et son entourage), et une armée de tueurs à la solde des trois grandes religions monothéistes (la Brigade Œcuménique), sans oublier Zéro, créature unique en son genre, évadée d'une clinique privée roumaine et poussée par son instinct à rechercher ses « enfants » aux quatre coins de l'Europe.

     De Londres à Pékin en passant par Paris, Berlin ou Prague, Fabien Clavel lance tout son petit monde dans une course ininterrompue durant laquelle on se flingue à tout va et l'on s'égorge entre amis. Le romancier semble être allé chercher son inspiration dans des films comme Ultraviolet ou le Blade version Guillermo Del Toro, mais on se lasse assez vite de ces fusillades à répétition revenant avec une régularité métronomique.

     Tout aussi pénible, à la longue, est l'histoire elle-même. En multipliant les protagonistes et les différends qui les opposent, Fabien Clavel ne fait que délayer son intrigue et repousser ses révélations bien au-delà de leur date limite de fraîcheur.

     On trouve bien dans Homo Vampiris quelques éléments potentiellement intéressants, que ce soit le contexte dans lequel se déroule le récit ou la forme particulière de vampirisme que décrit Clavel. Malheureusement, ce dernier ne les développe jamais. Son futur proche n'est qu'un décor sans vie, et ils ont beau déambuler en plein jour et être insensibles aux symboles religieux, ses vampires n'en sont pas moins caricaturaux au possible. Le romancier tente bien de leur donner davantage d'épaisseur à travers divers flashbacks, peine perdue. Ils ne sont que des coquilles vides qu'il manipule selon les besoins de son intrigue et dont il se débarrasse une fois leur rôle terminé. Il n'est qu'à voir le destin final des membres de l'Ancolie, individualistes féroces tout au long du roman qui, dans un élan de philanthropie sorti de nulle part, se sacrifieront bravement pour le bien supposé de leur espèce.

     Accumulation pénible de clichés artificiellement dopée à la testostérone, Homo Vampiris ne devrait plaire qu'aux plus boutonneux des amateurs du genre, que la promesse de quelques scènes de cul explicites et de virils fracassages de tronches suffit à émoustiller. Le reste de la population sera bien inspiré d'aller chercher son bonheur ailleurs, et ce malgré le jury du Grand Prix de l'Imaginaire qui, de façon incompréhensible, a sélectionné le présent roman dans sa short list des meilleurs titres francophones de l'année... On passe.

Philippe BOULIER
Première parution : 1/4/2010 dans Bifrost 58
Mise en ligne le : 17/7/2011


 
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