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Rétro-futur ! Demain s'est déjà produit

Raphaël COLSON



Illustration de David ALVAREZ

LES MOUTONS ÉLECTRIQUES , coll. La Bibliothèque des miroirs n° 13
Dépôt légal : janvier 2012
420 pages, catégorie / prix : 25 €
ISBN : 978-2-36183-070-0   
Genre : Science-Fiction 



    Quatrième de couverture    
     Un passé qui aurait pu être et un futur qui n’a pas eu lieu : le terme « rétro-futurisme » recouvre un courant esthétique apparu au début des années 1980, au fort accent post-moderne et aux ramifications fictionnelles portant les noms de steampunk, dieselpunk et atompunk.
     Dernière esthétique produite par l’imaginaire futuriste américain, aux côtés du cyberpunk, le rétro-futurisme s’est imposé comme l’une des grandes tendances culturelles des années 2000, révélant notamment une nostalgie pour un passé où l’Amérique créait le futur. Les représentants de ce courant se plaisent à revitaliser les vieux rêves futuristes de l’imaginaire populaire américain (pulps, sérials, etc...). Une fascinante ré-imagination, fertile et exubérante.
 
    Critiques    
     Comme son titre l’indique, « Rétro-futur ! », de Raphaël Colson (Les Moutons électriques), nous fait entrer dans l’univers infiniment varié et esthétiquement superbe de ces futurs qui ne sont jamais arrivés ou de ces passés qui auraient pu être, sources de rêve sans fin. L’auteur nous fait découvrir une masse colossale de romans, BD, mangas et films traitant de ces sujets dans le monde occidental et au Japon, après avoir posé les définitions : non seulement ce qu’est le rétro-futurisme en tant que tel, mais aussi ses origines et des courants ou sous-genres dont j’ignorais totalement l’existence comme le « dieselpunk » (action dans les années de l’entre-deux-guerres) ou « l’atompunk » (fin des années 40 et années 50) et autres dérivés (cf l’impressionnante nomenclature des pp 42-43 : j’adore le « teslapunk » !). Cela donne un livre passionnant et érudit, d’autant plus qu’il est enrichi de nombreuses interviews (comme celle de Henry Jenkins, l’homme qui a inventé cette magnifique expression de « The Tomorrow That Never Was » ou de François Schuiten sur les métropoles fantasmatiques). L’ensemble du livre est très beau, depuis sa couverture par David Alvarez que je trouve absolument magnifique et résumant fort bien le sujet jusqu’à la troisième partie du livre, « Vintage », où l’on découvre les communautés rétro-futurs de la toile, les tendances du graphisme ou celles du rétro-design automobile. Le chapitre consacré aux « Souvenirs des cités futuristes d’antan » (p. 139) est d’une beauté saisissante et glaciale dans ses illustrations (on ne peut que regretter qu’elles ne soient pas en couleurs mais cela aurait sans doute trop augmenté le prix du livre), en particulier les deux pages consacrées à un architecte extraordinaire, Hugh Ferris, et à son ouvrage que je rêve de posséder, « The Metropolis of Tomorrow » : somptueux ! Toute l’iconographie du livre de Raphaël Colson mérite d’ailleurs le même qualificatif avec tous ces documents (couvertures de magazines anciens comme « Popular Mechanics » ou de BD de différentes époques).Tout cela nous donne un livre d’une lecture passionnante auquel je ne mettrais que deux petits bémols : d’une part je ne suis pas sûr que tous les lecteurs suivront Raphaël Colson dans toutes ses analyses et appréciations politiques du système libéral et des implications qu’il en tire pour le genre, en particulier aux Etats-Unis et, d’autre part, il me semble qu’une lecture trop rapide de sa part de l’oeuvre de Wells lui fait parfois attribuer à cet immense auteur des vues complètement opposées à celles qu’il soutenait (par exemple p. 247 à propos de la guerre aérienne il ignore ce que Wells écrivait dans « La guerre des airs », dixit l’un des meilleurs connaisseurs français de Wells, Joseph Altairac, à qui j’ai demandé son avis en la matière).

     Ce livre est en tout cas un livre fondamental pour toute personne s’intéressant à ces sujets — grâce à Raphaël Colson j’ai encore augmenté la longueur de ma liste d’ouvrages et de BD à trouver impérativement de toute urgence... — et voulant avoir une bonne vue d’ensemble d’un sous-genre en plein développement. J’ajouterai qu’était sorti en 2010, aussi aux Moutons électriques, un ouvrage d’Etienne Barillier intitulé « Steampunk. L’esthétique rétro-futur » et que les deux livres sont des compléments indispensables l’un de l’autre.

Jean-Luc RIVERA
Première parution : 1/3/2012 ActuSF
Mise en ligne le : 27/1/2013


 

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