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Une collection très particulière

Bernard QUIRINY




SEUIL (Paris, France)
Dépôt légal : mars 2012
192 pages, catégorie / prix : 17 €
ISBN : 978-2-02-104695-3   
Genre : Fantastique



    Quatrième de couverture    
     Des livres qui s'écrivent tout seuls, d'autres qui produisent du courant, d'autres encore que leurs auteurs oublient en même temps qu'ils les rédigent : ce sont des ouvrages pas comme les autres que vous allez découvrir dans cette collection très particulière, une bibliothèque de livres imaginaires inventés par Bernard Quiriny et recueillis par son héros fétiche, Pierre Gould. Certains de ces livres ont sauvé des vies, d'autres ont tué leur possesseur ; il paraît même que certains ont dévoré leur auteur, qui s'agite depuis à travers leurs pages...
     Il n'est pas seulement question de littérature dans ce recueil : on voyage aussi beaucoup, en visitant une dizaine de villes fantastiques — villes symétriques, villes silencieuses, villes où l'on ne vit qu'un jour sur deux, etc. -, cousines des villes imaginaires qui hantent la littérature.
     Et pour couronner le tout, on jette un oeil satirique sur les grands bouleversements qui frappent ou frapperont bientôt notre époque, comme la résurrection en masse des trépassés et l'invention d'un sérum de jeunesse. Entre Borges, Calvino et Marcel Aymé, un festival d'humour et d'invention qui est aussi un hommage ludique aux excentriques et à l'esprit littéraire.

     Né en 1978, Bernard Quiriny est l'auteur de L'Angoisse de la première phrase et de Contes carnivores, deux recueils de nouvelles fantastiques couronnés par de nombreux prix, notamment le prix de la Vocation, le prix Victor-Rossel et le prix du Style. Il a également publié un roman de politique-fiction, Les Assoiffées.

    Sommaire    
1 - L'Écriture et l'oubli, pages 7 à 17
2 - Goran, en Silésie, pages 19 à 21
3 - D'outre-tombe, pages 23 à 30
4 - Volsan, en Amérique, pages 31 à 34
5 - La Littérature et l'ennui, pages 35 à 41
6 - La Grande renommée, pages 43 à 49
7 - Oromé, en Bolivie, pages 51 à 53
8 - Invraisemblable Gould, pages 55 à 70
9 - Livres gigognes, pages 71 à 79
10 - Kourmosk, en Russie, pages 81 à 83
11 - La Section des reniés, pages 85 à 94
12 - Port Lafar, en Égypte, pages 95 à 99
13 - Échangisme, pages 101 à 105
14 - Schnell !, pages 107 à 113
15 - Tous les chemins mènent à Rome, pages 115 à 123
16 - Morno, au Chili, pages 125 à 128
17 - Tenue correcte exigée, pages 129 à 132
18 - Albicia, en Italie, pages 133 à 134
19 - Dégglomération, pages 135 à 139
20 - Cuisine, pages 141 à 143
21 - Caori, au Brésil, pages 145 à 147
22 - Les Évaporés, pages 149 à 155
23 - Jouvence, pages 157 à 162
24 - Sauveurs et meurtriers, pages 163 à 168
25 - Livoni, en Sicile, pages 169 à 169
26 - Saint-Hermier, en France, pages 171 à 177
27 - Piles, tombeaux, silènes, pages 179 à 185

    Prix obtenus    
Grand Prix de l'Imaginaire, nouvelle française, 2013
 
    Critiques    
     Bernard Quiriny est un jeune auteur belge très peu connu parmi le lectorat habituel des littératures de l'imaginaire. Chose surprenante, car il en est avec cette Collection très particulière à son troisième recueil de nouvelles fantastiques. Il faut toutefois préciser qu'il est publié hors collection (au Seuil), ce qui explique très vraisemblablement cette ignorance, dont on espère qu'elle va vite céder la place à une vraie reconnaissance, tant son imaginaire semble fertile.
     La collection du titre concerne les livres : en effet, le narrateur rend visite à son ami Pierre Gould, qui l'introduit dans sa bibliothèque, et plus précisément dans certaines sections bien étonnantes. On y trouve des livres qui flirtent avec l'oubli : tel auteur ne se souvient plus qu'il a écrit un ouvrage, et réécrit le même jour après jour ; les livres d'un autre sont oubliés par leurs lecteurs aussitôt la dernière page tournée... Quiriny va ainsi nous proposer plusieurs thématiques (l'oubli, donc, mais aussi l'ennui, les livres gigognes, les ouvrages reniés, ceux qui s'évaporent ou nécessitent une tenue correcte pour être lus, enfin ceux qui traitent de cuisine, ou qui jouent le rôle de sauveurs, de meurtriers ou de tombeaux) ; Quiriny décline chacun de ces thèmes en plusieurs exemples, qui sont autant d'idées de départ d'autres livres qu'on ne verra jamais écrits. L'absurdité le dispute à l'inquiétude, la poésie au tangible... Au final, l'imagination est reine, surprend toujours, nous emmène loin de sentiers battus, même si l'on reste confiné dans les rayonnages d'une bibliothèque. C'est sans doute pour cela, pour la respiration procurée par d'autres horizons, que Gould nous fait également voyager dans dix villes fictives, splendides créations qui s'appuient sur un postulat de départ déroutant et le déroulent dans ses développements avec une logique implacable. On visite ainsi une ville dont les deux rives sont des répliques exactes l'une de l'autre, comme dans un miroir ; une autre, progressivement abandonnée selon des cercles concentriques centripètes, à partir d'un quartier initial qui agit comme un trou noir ; ou encore Goran en Silésie – ville que n'aurait sans doute pas désavouée China Miéville – où les trois ethnies d'habitants utilisent le même alphabet, la même orthographe, la même grammaire, mais sont incapables de se comprendre entre eux de telle sorte que tous les panneaux sont inscrits dans les trois langues !
     Les séquences sur les livres bizarroïdes (intitulées «  Une collection très particulière ») et celles sur les cités ( »Dix villes ») sont entrecoupés de textes baptisés du nom générique «  Notre époque », qui font office de nouvelles, même si elles reprennent le schéma des textes déjà décrits : Quiriny pose une hypothèse farfelue et tente de dresser le contour de ses conséquences (plus ou moins) évidentes ; c'est ainsi que l'on verra les morts revenir à la vie et poser d'énormes problèmes de société, les gens changer de nom ou de corps autant de fois qu'ils le souhaitent, ou encore rajeunir.
     Enfin, deux textes ne trouvent pas leur place dans les sections ci-dessus : l'un est un portrait de l'hôte du narrateur, Pierre Gould, dressé à partir de petites anecdotes très révélatrices sur sa personnalité, issues de sa vie. L'autre concerne un peintre, Oskar Schnell, capable de faire interagir le public avec ses tableaux.
     Cet excellent recueil fera ainsi office de découverte essentielle pour ceux qui, comme moi, ne connaissaient pas Bernard Quiriny jusqu'à présent. Empruntant tour à tour à Borges (pour les jeux sur les livres et les bibliothèques), Calvino (pour les villes imaginaires) et Marcel Aymé (pour la loufoquerie nonsensique permanente), il nous impressionne par son imagination débordante. On l'a déjà signalé, mais ce livre regorge d'idées de livres entiers à chaque page, et fonctionne par l'accumulation de ces synopsis ou scénarios plus que par le développement de ceux-ci. En quelque sorte, il fait office de bibliothèque idéale de l'absurde, même si on aurait aimé découvrir encore d'autres sections aussi invraisemblables que celles décrites ici, et défend à merveille la littérature qui ose sortir des schémas habituels de la blanche. En somme, un merveilleux avocat pour la cause des littératures de genre, et une vraie révélation.

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 13/1/2013 nooSFere


 
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