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Stark et les rois des étoiles

Leigh BRACKETT & Ray BRADBURY & Edmond HAMILTON

Textes réunis par Pierre-Paul DURASTANTI

Titre original : Omnibus original en VF

Cycle : Skaith / les aventures d'Eric John Stark (omnibus)

Traduction de Pierre-Paul DURASTANTI & Brian HESTER & Mary ROSENTHAL
Traduction révisée par Pierre-Paul DURASTANTI & Olivier GIRARD
Illustration de Elian BLACK'MOR
Illustrations intérieures de Philippe CAZA

BÉLIAL' , coll. Kvasar
Dépôt légal : mars 2014
Recueil de romans, 704 pages, catégorie / prix : 26 €
ISBN : 978-2-84344-123-3
Format : 15,0 x 22,0 cm  
Genre : Science-Fiction

Exite aussi en livre numérique, aux formats PDF (ISBN 978-2-84344-606-1) et ePub (ISBN 978-2-84344-607-8). Tirage : 2300 exemplaires.



    Quatrième de couverture    
     « Enfin, les vaisseaux promis arrivèrent.
     Stark les contempla sur les écrans lorsqu’ils jaillirent du néant. Shorr Kan les lui détaillait. Les escadrons du royaume de Fomalhaut, blasonnés d’un soleil blanc à la proue. Les nefs de Rigel, de Déneb, d’Algol, d’Altaïr, d’Antarès, de Véga. Les flottes des lointains royaumes de la Lyre, du Cygne, de Cassiopée, du Lièvre, du Corbeau, d’Orion. Les navires des barons d’Hercule, à l’enseigne de l’amas doré. Et ainsi de suite, et ainsi de suite, jusqu’à ce que les oreilles du Terrien résonnent de noms d’étoile et qu’un vertige le saisisse devant l’ampleur de ce rassemblement.
     En dernier, ce furent les vastes ombres mouvantes de la guerre interstellaire, les gigantesques croiseurs de l’Empire, et les flottes entières des Rois des étoiles, venues se masser devant le Voile de Dendrid, au point de poudroyer l’espace. »

     Leigh Brackett est mondialement connue pour avoir scénarisé certains des plus grands chefs-d’œuvre du cinéma américain : Rio Bravo, Le Grand sommeil (coécrit avec William Faulkner), ou encore le plus fascinant des épisodes de Star Wars : L’Empire contre-attaque. Mais c’est aussi une romancière de tout premier plan ayant donné ses lettres de noblesse à la science fantasy, créant avec son héros Eric John Stark une figure romanesque centrale qui a irrigué toute son œuvre ou presque et influençé quantité d’écrivains, Michael Moorcock en tête.
     Le présent omnibus, mêlant inédit et rééditions, dont la trilogie de Skaith, dans des traductions révisées, convoque deux proches de cette grande dame des littératures de genre : son ami Ray Bradbury, avec qui elle signe un long récit de jeunesse, et Edmond Hamilton, son conjoint, pour une rencontre entre Stark et l’univers des Rois des étoiles. Vertigineux...

    Sommaire    
1 - Pierre-Paul DURASTANTI, Avant-propos, pages 11 à 12, Introduction
2 - Edmond HAMILTON, Une jeune femme bronzée (Story-Teller of Many Worlds), pages 15 à 21, Préface, trad. Brian HESTER
3 - Leigh BRACKETT & Ray BRADBURY, Lorelei de la brume rouge (Lorelei of the Red Mist), pages 23 à 81, Nouvelle, trad. Mary ROSENTHAL rév. Pierre-Paul DURASTANTI & Olivier GIRARD
4 - Leigh BRACKETT, Magicienne de Vénus (Enchantress of Venus), pages 83 à 143, Nouvelle, trad. Mary ROSENTHAL rév. Pierre-Paul DURASTANTI & Olivier GIRARD
5 - Leigh BRACKETT & Edmond HAMILTON, Stark et les Rois des étoiles (Stark and the Star Kings), pages 145 à 180, Nouvelle, trad. Pierre-Paul DURASTANTI
6 - Leigh BRACKETT, L'Étoile rousse (The Ginger Star), pages 183 à 334, Roman, trad. Mary ROSENTHAL rév. Pierre-Paul DURASTANTI & Olivier GIRARD
7 - Leigh BRACKETT, Les Chiens de Skaith (The hounds of Skaith), pages 337 à 501, Roman, trad. Mary ROSENTHAL rév. Pierre-Paul DURASTANTI & Olivier GIRARD
8 - Leigh BRACKETT, Les Pillards de Skaith (The Reavers of Skaith), pages 503 à 673, Roman, trad. Mary ROSENTHAL rév. Pierre-Paul DURASTANTI & Olivier GIRARD
9 - (non mentionné), Glossaire des noms, lieux et personnages, pages 675 à 679, Index
10 - Alain SPRAUEL, Bibliographie des oeuvres de Leigh Brackett (1915-1978), pages 681 à 693, Bibliographie

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
 
Annick Béguin : Les 100 principaux titres de la science-fiction (liste parue en 1981)  pour la série : Skaith / les aventures d'Eric John Stark
Jean-Bernard Oms : Top 100 Carnage Mondain (liste parue en 1989)  pour la série : Skaith / les aventures d'Eric John Stark

 
    Critiques    

            Six ans après Le Grand Livre de Mars, les éditions du Bélial’ achèvent la publication de l’intégrale des récits mettant en scène le héros emblématique de Leigh Brackett : Eric John Stark. Au sommaire : trois nouvelles, chacune intéressante à un niveau différent, et ce qui constitue l’ultime offrande de la romancière à un genre qu’elle a en grande partie façonné : la trilogie de Skaith.

            Ne vous fiez pas à la quatrième de couverture, qui promet d’homériques combats spatiaux opposant des myriades de vaisseaux interstellaires : Stark a beau cette fois quitter le système solaire pour poursuivre ses pérégrinations sur la lointaine Skaith, sitôt le pied posé sur l’astroport, il retrouve ses vieux réflexes d’antan et se débarrasse de ses oripeaux d’être civilisé pour enfiler pagne et sandales et partir chercher l’aventure l’épée à la main. Et quelle aventure ! Venu retrouver Simon Ashton, son père adoptif, dont il est sans nouvelles depuis des semaines, Stark est accueilli en homme providentiel par les uns, en fossoyeur de ce monde par les autres.

            Le premier héros de ces romans, c’est bien entendu Skaith, cette planète en orbite autour d’une étoile mourante, dont l’époque glorieuse est depuis longtemps révolue et où les conditions de vie sont de plus en plus précaires à chaque nouvelle saison. Leigh Brackett a toujours aimé mettre en scène des civilisations déchues, décadentes, vivant dans l’ombre et les ruines d’un passé mythique. Elle s’offre cette fois un terrain de jeu d’une ampleur inédite, qu’elle va explorer minutieusement au fil de cette trilogie. Elle y décrit une société complexe et variée, où les derniers détenteurs d’un savoir millénaire y côtoient des humains retournés à la barbarie et des créatures issues d’expérimentations génétiques ratées. Cette découverte se fait au fil des combats que mène Stark, qui s’enchainent sans répit. Le rythme est à ce point trépidant que les personnages que l’on rencontre, y compris ceux qui constituent la garde rapprochée de Stark, ne sont souvent qu’esquissés, et manquent en tous cas de place pour exister pleinement. C’est le principal reproche que l’on pourra faire à cette histoire.

            En revanche, Leigh Brackett accorde toujours autant de soins à son héros, que l’on découvre plus complexe encore que lors de ses précédentes apparitions. Jamais sa dualité ne s’est exprimée de manière aussi dramatique que dans ces pages, à la fois être civilisé et sauvage primitif, comme on le découvre dans les ultimes pages du premier roman, L’Étoile Rousse, où il connait une métamorphose qui va marquer tout le reste du récit et lui donner une tonalité qui le démarque assez nettement des récits précédents.

            Sans être un chef-d’œuvre, la trilogie de Skaith conclut de fort belle manière le parcours d’Éric John Stark et en fait l’une des œuvres majeures d’un genre que Leigh Brackett a pour beaucoup contribué à définir : la space fantasy.

            Terminons par le commencement : les trois longues nouvelles qui ouvrent ce recueil. « Lorelei de la Brume Rouge », qui date des années 40, met en scène un cousin guère éloigné de Stark (jusqu’à son nom, Hugh Starke), et a surtout la particularité d’avoir été en partie écrit par Ray Bradbury, remplaçant au pied levé son amie partie travailler à Hollywood. Et l’on est bluffé par l’aisance avec laquelle l’écrivain a réussi à adopter un style d’écriture pourtant fort éloigné du sien. « Magicienne de Vénus » voit Stark affronter une sorte de famille totalement dégénérée dont chaque membre est plus monstrueux que l’autre. C’est ce genre de personnage haut en couleurs dont on regrette quelque peu l’absence dans la trilogie de Skaith. Quant à « Stark et les Rois des Étoiles », coécrit avec son compagnon Edmond Hamilton, aussi bon soit-il, force est de constater que l’univers de ce dernier prend très vite le pas sur celui de Brackett, et que Stark n’y fait guère plus que de la figuration, en plus de se faire voler la vedette par Shorr Kan, l’un des vilains les plus charismatiques de l’âge d’or du space opera.


Philippe BOULIER
Première parution : 1/7/2014 dans Bifrost 75
Mise en ligne le : 3/4/2020


 
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