Site clair (Changer
 
    Fiche livre     Connexion adhérent
Vent d'est, vent d'ouest

Frank Malcolm ROBINSON

Titre original : East Wind, West Wind, 1972
Première parution : Nova 2, anthologie composée par Harry Harrison. Walker & Co., 1972

Traduction de Jean-Marie DESSAUX

LE PASSAGER CLANDESTIN (Paris, France), coll. Dyschroniques
Dépôt légal : 1er trimestre 2014
Réédition en volume indépendant
Nouvelle, 80 pages, catégorie / prix : 5 €
ISBN : 978-2-36935-010-1
Format : 11,0 x 17,0 cm  
Genre : Science-Fiction

Design de couverture : Xavier Sebillotte.


Autres éditions
   in Dans la cité future, CASTERMAN, 1979
   in Science-Fiction 1950-1980 : Quand les futurs d'hier rencontrent notre présent, PASSAGER CLANDESTIN (LE), 2018

    Quatrième de couverture    
En 1972, Frank M. Robinson imagine un monde où la passion automobile l’emporte sur le besoin de respirer.
 
[Texte du site de l'éditeur]
 
Dans un futur proche, les voitures à essence sont bannies depuis longtemps et les rares récalcitrants s’exposent à la peine maximum. Comme le reste du monde, cette mégalopole américaine étouffe jour après jour un peu plus sous le poids de la pollution atmosphérique. Malgré tout, la vie continue et les entreprises locales – le Ramassage Sanitaire, les Aciers Oberhausen et l’Office Municipal de l’Énergie – poursuivent leurs activités ultra-polluantes. Jim Morrison, employé attaché à l’organisme Air Central, pourtant garant de la qualité de l’air, ne peut que constater son impuissance. D’ailleurs, la traque qu’il livre à ce mystérieux nostalgique de l’ère automobile a-t-elle encore un sens ?

Vent d’est, vent d’ouest – publiée en 1972 dans l’anthologie Nova 2, sous la direction de Harry Harrison (Soleil vert) – livre la vision pessimiste d’un monde incapable de prendre la mesure de la catastrophe dans laquelle il se précipite aveuglément. C’est le récit du dépassement d’un point de non retour, d’une fin du monde annoncée.

 
    Critiques    

            Entre février et mars 2014, la collection « Dyschroniques » du Passager clandestin nous a proposé pas moins de quatre titres signés par de grands noms de la SF américaine. Comme il se doit, ces titres sont d’une qualité et d’un intérêt très divers.

            Le plus faible (en qualité, mais pas en intérêt) est sans doute celui de Poul Anderson. Il met en scène de façon molle et terriblement démonstrative une idée bien tranchante qui, en 1950, relevait de la formidable intuition. Anderson avait pressenti un des effets pervers de la mondialisation : qu’au XXIe siècle il y aurait (au moins) un Starbuck’s café et un McDonald’s dans chaque grande ville de la planète. Évidemment, il décrit ici le phénomène à l’échelle de la galaxie.

            « Le Royaume de Dieu » de Damon Knight est bâti lui aussi sur une idée formidable : un extraterrestre à trois jambes débarque aux USA et provoque un choc empathique à l’origine de décès et de diverses catastrophes. Le plus saisissant dans ce texte longuet, qui manque terriblement de crédibilité sur la fin, c’est d’y (re)trouver en concentré quasiment toute l’œuvre de Roland C. Wagner. On côtoie dans ce « Royaume de Dieu » l’humour particulier de Damon Knight et sa faiblesse assez coutumière en matière de narration. Malheureusement, la traduction française, infecte, n’a pas été purgée de ses plus grosses erreurs.

            « Le Pense-bête » de Fritz Leiber, dans lequel on côtoie, non sans déplaisir, certains des tics d’écriture de l’auteur, son humour parfois voisin de celui de Fredric Brown, son personnage masculin principal typique, très proche de celui de Notre-Dame des ténèbres, ne restera pas dans les annales pour son originalité ou sa maîtrise narrative (sans parler de la traduction française : à dégueuler). Leiber prend son temps, se perd un peu dans cette histoire d’invention qui tourne mal et d’humanité qui vit sous terre. Pas désagréable, parfois surprenant, « Le Pense-bête » a surtout un intérêt historique – il ravira ceux qui se passionnent pour l’histoire de l’informatique vue à travers la SF et ses jalons, tels que « Un logique nommé Joe », Neuromancien ou Les Mailles du réseau.

            « Vent d’est, vent d’ouest » de Frank M. Robinson est une histoire de terre polluée où il est interdit de fumer, de se promener en voiture (équipée d’un moteur à combustion interne), où les climatiseurs ne se contentent pas de climatiser l’air, ils le filtrent. Le texte est construit autour d’une petite enquête policière (qui ne tient pas vraiment la route, mais peu importe), enquête qui nous permet de découvrir cette horrifiante Californie asphyxiée façon Pékin aux heures de pointe. Le meilleur des quatre volumes critiqués ici (et aussi le plus récent de la sélection : 1972).

            Voilà une collection qui continue d’être très intéressante, notamment en proposant des perspectives culturelles et historiques à chaque fin de volume, chouette idée, mais il faudrait que les traductions soient mieux relues, corrigées avec plus de vigueur, voire refaites pour les plus calamiteuses.


Thomas DAY
Première parution : 1/7/2014 dans Bifrost 75
Mise en ligne le : 3/4/2020


 
retour en haut de page

Dans la nooSFere : 70938 livres, 81349 photos de couvertures, 66133 quatrièmes.
8470 critiques, 38104 intervenant·e·s, 1487 photographies, 3724 adaptations.
 
Vie privée et cookies/RGPD
A propos de l'association. Nous contacter.
NooSFere est une encyclopédie et une base de données bibliographique.
Nous ne sommes ni libraire ni éditeur, nous ne vendons pas de livres. Trouver une librairie !
© nooSFere, 1999-2020. Tous droits réservés.