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Notre fin sera si douce

Will McINTOSH

Titre original : Soft Apocalypse, 2011
Traduction de Michel PAGEL

FLEUVE NOIR / FLEUVE Éditions (Paris, France)
Dépôt légal : mars 2014
Première édition
Roman, 372 pages, catégorie / prix : 19,90 €
ISBN : 978-2-265-09598-4
Format : 14,0 x 22,5 cm

Image de couverture : Johner / Plainpicture.



Ressources externes sur cette œuvre : quarante-deux.org
Ressources externes sur cette édition de l'œuvre : quarante-deux.org

Quatrième de couverture
PEUT-ON TROUVER L'AMOUR
LORSQUE LA FIN DU MONDE
APPROCHE ?

     En 2023, le taux de chômage aux États-Unis a explosé, la crise économique bat son plein, les conflits pour l'accès à l'eau potable se multiplient, le gouvernement ne peut plus rien face aux gangs de tous bords. Et pourtant, pour ceux qui ont encore un travail et un toit, l'apocalypse à venir n'est qu'une menace diffuse. La crise va sûrement passer, les choses s'arranger, la vie reprendre ses droits ?
     Jasper ne fait pas partie de ceux qui connaissent encore ce confort. Il migre de ville en ville avec sa « tribu », des jeunes issus de la classe moyenne qui n'ont jamais réussi à s'insérer dans une société devenue impénétrable. Jasper est un romantique, et dans ce monde qui refuse de lui donner une place, il s'est fixé un objectif : trouver l'âme sœur, connaître l'amour avant que tout ne s'écroule.
     Pendant ce temps, une nouvelle drogue fait fureur : le Dr Bonheur, censée rendre les gens heureux... Serait-ce l'ultime solution en attendant la fin du monde ?

     « Des personnages forts, habilement dessinés... Un premier roman profondément émouvant. » Publishers Weekly

     « Terriblement plausible. » Library Journal
     « Implacable et intrépide... Tonique ! » BNReview

     Nouvelliste et romancier américain, Will Mclntosh a notamment obtenu le prix Hugo pour sa nouvelle Bridesicle. Professeur de psychologie, il écrit désormais à plein-temps. Il vit à Williamsburg, en Virginie, avec sa femme et leurs jumeaux.
Critiques

         2023. Depuis quelques années, le monde sombre dans la crise. Le chômage se généralise, la pauvreté devient la norme et notre planète subit de plus en plus de saccages. C’est le début d’une apocalypse lente qui se profile. Comment affronter cet univers agonisant ? La réponse semble être pour certains dans ce nouveau virus, le Docteur Bonheur, qui promet de vous rendre béats. Pour d’autres, comme Jasper, elle se trouve dans la vie en communauté, dans la tribu qui vous soutient et vous maintient en vie. Et dans l’amour, bien sûr.

         Car c’est bien là la thématique centrale de Notre fin sera si douce, qui aurait pu être modestement sous-titré « L’amour au temps de l’apocalypse ». Will McIntosh décortique ici les nombreuses relations de Jasper, héros simpliste qui, alors que la fin du monde s’accomplit petit à petit autour de lui, ne vit que pour trouver celle qui sonnera comme une évidence à son cœur. Nous voilà embarqués dans sa quête d’absolu, nous demandant qui de Sophie, la maîtresse interdite lui envoyant des SMS enflammés, de Deirdre, la chanteuse allumée à la poitrine divine, ou d’Ange, la meilleure ami attitrée pour laquelle l’amitié passe aussi par le sexe, sera l’heureuse élue de cet homme qui refuse de se laisser mourir avec sa planète.

         Notre fin sera si douce avait tout pour être un livre marquant. Cette idée d’apocalypse lente, perturbante et pourtant tellement pertinente, avait déjà de quoi séduire. Si l’on rajoute à cela quelques concepts originaux comme les jihadistes dadaïstes semant la terreur avec leurs actes meurtriers, violents, totalement gratuits et entièrement absurdes (certainement l’élément le plus intéressant du roman, le plus glaçant également, encore plus que l’agonie d’un monde incapable de survivre), ou comme le Docteur Bonheur, ce virus permettant d’être heureux et insouciant, Will McIntosh avait de quoi tournebouler ses lecteurs. Cependant, il délaisse complètement ses idées les plus prometteuses pour s’occuper uniquement de la vie amoureuse de son héros.

         Ce n’est pas nécessairement une mauvaise chose, mais ce n’est pas forcément ce que le lecteur de romans apocalyptiques et post-apocalyptiques recherche. Dès lors, celui-ci pourrait être désarçonné par une histoire qui, certes, se laisse lire toute seule, mais repose trop sur des stéréotypes agaçants et des personnages n’offrant pas grand-chose d’intéressant pour remplacer ces concepts ayant à peine eu le temps d’exciter l’intérêt du lecteur avant d’être laissés de côté.

         Alors certes, Notre fin sera si douce conviendra sans doute à ceux qui recherchent surtout distraction et amusement léger sans conséquence (ça fait du bien, de temps en temps). Mais pour peu qu’on attende plus d’une histoire de science-fiction, il sera difficile de trouver quelque chose à se mettre sous la dent avec ce premier roman de Will McIntosh, sauf à être particulièrement versé dans les romances à la sauce « jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare »…

Sophie CORRADINI
Première parution : 1/7/2014 dans Bifrost 75
Mise en ligne le : 12/11/2022


     L'Apocalypse comme si vous étiez. Mais pas une apocalypse genre catastrophe nucléaire qui, du jour au lendemain, saccage la planète. Non, plutôt une apocalypse lente, liée au dérèglement progressif de la société : nous sommes en 2023, aux États-Unis. Le taux de chômage est monté en flèche et avoisine les 50 %, l'eau potable devient une ressource rare pour laquelle on se bat, le pays, ou ce qu'il en reste, est engagé dans de multiples guerres... Les SDF sont légion, et se réunissent en tribu. Jasper en fait partie, lui qui était inséré à une époque mais a décidé de parcourir le monde. Avec comme seule et unique quête de trouver une femme qui le comprenne et partage ses idées sur l'avenir. À plusieurs reprises, il va croire l'avoir trouvée, mais devra déchanter, tandis qu'autour de lui sévissent des terroristes, qui plantent des bambous pour détruire les villes, et que se répand une drogue censée aider à mieux vivre l'horreur des événements.
     Ce roman, dont on avait pu lire il y a quelques années la nouvelle séminale dans le Galaxies nouvelle série n° 2, se présente sous la forme de tranches de futur de quelques heures ou jours, séparées par des trous narratifs de plusieurs mois voire années et narrées à la première personne par Jasper. Un procédé efficace qui permet à McIntosh de nous brosser un portrait crédible de la situation sans pour autant avoir à décrire minutieusement l'évolution qui a ainsi conduit le monde à sa perte. Il n'a au fond pas besoin d'extrapoler beaucoup : poussez un peu plus loin la déliquescence de nos sociétés modernes, le libéralisme sauvage, et vous aurez une vue assez fidèle de ce qui vous attend dans ce livre. Parce qu'il n'est au fond pas si éloigné que ça de nous, ce futur est glaçant. Et comme il est en outre inéluctable, il ne sert à rien d'espérer pouvoir renverser le cours des choses, il faut se rendre à l'évidence. Alors, Jasper a choisi : plutôt que de se replier sur lui-même et de s'apitoyer, il va tenter de vivre du mieux qu'il peut les années qu'il lui reste à vivre. Et autant les vivre à deux : cela permet d'avoir encore quelque chose à attendre de l'avenir. En indécrottable romantique qu'il est, Jasper tombe quasi-systématiquement amoureux des femmes qu'il croise, espérant toujours que cette fois-ci sera la bonne. Mais comment construire quelque chose quand le monde autour de vous s'effrite ? C'est la douloureuse expérience que va vivre Jasper. À moins bien sûr que la solution ne passe par cette fameuse drogue, le Dr Bonheur, qui nettoie de votre cerveau toute trace de pessimisme et vous fait envisager l'avenir sous un jour plus rose ? Jasper ne peut s'y résoudre, car cela lui semblerait être un renoncement : malgré son apparente faiblesse de caractère, il est prêt à se battre, à résister devant l'inéluctabilité. McIntosh place ses protagonistes devant un paradoxe impossible : le monde va s'éteindre, on le sait, ça n'est qu'une question de mois, ou d'années. Mais la vie continue pour autant, on ne peut donc renoncer. Avec une grande finesse psychologique, l'auteur nous décrit des personnes broyées, mais pourtant si vivantes, si emplies de cette essence humaine qui les rend insubmersibles. On n'oubliera pas de sitôt ceux qui hantent ces pages, de la petite frappe qui devient un gentil toutou lorsqu'il prend du Dr Bonheur, à l'amie de Jasper qui couche avec lui sans vouloir s'investir dans une relation plus sentimentale qui risquerait de s'arrêter prématurément, en passant par une star de la chanson, qui sait ce qu'elle veut mais cache au fond une vraie fêlure... McIntosh, dans ce roman, dresse un portrait de l'humanité en fin de vie particulièrement lucide, mais aussi glaçant, à l'image de cette fin très ambiguë dont on ne sait au final que penser, si elle est synonyme d'espoir ou si au contraire tout est désormais fichu.
     Un roman d'une beauté terrible, porté par un humanisme du désespoir : Notre Fin sera si douce (un titre splendide, et totalement fidèle au livre), de Will McIntosh, est un livre à lire absolument.

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 3/5/2014 nooSFere

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