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L'Éveil du Léviathan

James S.A. COREY

Titre original : Leviathan Wakes, 2011
Première parution : Orbit, 2011

Cycle : The Expanse vol. 1 

Traduction de Thierry ARSON
Illustration de Dmytryj EPYK

ACTES SUD (Arles, France), coll. Exofictions
Dépôt légal : juin 2014, Achevé d'imprimer : mai 2014
Première édition
Roman, 640 pages, catégorie / prix : 23,80 €
ISBN : 978-2-330-03311-8
Format : 14,5 x 24,0 cm  
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     L'humanité a colonisé le système solaire (Mars, la Lune rebaptisée Luna, la Ceinture d'astéroïdes et au-delà), mais les étoiles restent toujours hors de sa portée.
     Jim Holden est second sur un transport de glace qui effectue la navette entre les anneaux de Saturne et les stations installées dans la Ceinture. Quand son équipage et lui croisent la route du Scopuli, un appareil à l'abandon, ils se retrouvent en possession d'un secret qu'ils auraient souhaité ne jamais connaître. Un secret pour lequel certains sont prêts à tuer, et à une échelle impensable pour Jim et son équipage. La guerre dans tout le système solaire devient inévitable, à moins qu'il ne découvre qui a abandonné ce vaisseau, et pourquoi.
     L'inspecteur Miller recherche une jeune femme. Elle n'est qu'une personne parmi des milliards, mais ses parents ont les moyens, et l'argent peut beaucoup. Quand l'enquête le mène au Scopuli et à Holden, devenu sympathisant des rebelles, Miller comprend que cette jeune femme est peut-être la réponse à tout.
     Holden et Miller doivent désormais jouer la partie en finesse, entre le gouvernement de la Terre, les révolutionnaires des Planètes extérieures et certaines firmes aux visées obscures. Leurs chances sont minces mais au coeur de la Ceinture les règles sont différentes, et un petit vaisseau peut changer le destin de l'univers.
     Thriller interplanétaire mâtiné de noir et d'éléments horrifiques, ce premier volet de la saga The Expanse dépoussière furieusement le genre du space opera. SyFy a lancé la production d'une série basée sur la saga, décrite comme « un Game of Thrones dans l'espace ».
 
     James S. A. Corey est le pseudonyme derrière lequel se cachent l'auteur de fantasy et de science-fiction Daniel Abraham et Ty Franck, qui n'est autre que l'assistant de George R. R. Martin.
 
    Critiques    
     Dans un système solaire colonisé et partagé entre différents pouvoirs (la Terre, Mars, la ceinture d’astéroïdes), Jim Holden, second d’un vaisseau transporteur de glace, voit celui-ci détruit par un appareil camouflé alors qu’à bord d’une navette il explore l’épave d’un autre vaisseau. Signalant à la radio la destruction et la découverte d’une pièce d’équipement d’origine martienne, il déclenche à son insu une guerre interplanétaire. De son coté, Miller, un flic de la station spatiale Cérès est chargé de retrouver Julie Mao, la fille d’un couple riche, qui aurait rejoint l’APE, un groupe rebelle.

     Avec le premier tome de cette longue saga (le 4e vient de sortir aux USA) la collection Exofictions attaque le cœur du genre : le space opera. Batailles spatiales, conspirations, trahisons, hommes forts mais un peu stupides, femmes intelligentes qui se languissent... Rien ne manque pour faire de L’éveil du Léviathan un véritable page-turner qui se lit pratiquement d’une traite malgré ses 600 pages bien remplies. L’auteur (ou plutôt les auteurs, puisque James SA Corey est le pseudonyme de deux écrivains) maitrise parfaitement les codes, au point qu’on se croirait revenu à l’âge d’or de la SF, aux space opera comme on en écrivait voici 40 ou 50 ans. C’est aussi le principal point faible de l’œuvre : le monde et la science-fiction ont évolué depuis, le cyberpunk est passé par là, mais cela ne semble pas avoir touché ce roman. Si Peter F. Hamilton, dans l’Aube de la nuit, avait su intelligemment intégrer des éléments nouveaux au space opera comme le transhumanisme, cela effleure à peine ce premier tome qui se garde bien de toute innovation. De même les personnages sont des archétypes du récit d’action : le capitaine fort et impulsif, le vieux militaire à la recherche de la rédemption, le flic célibataire qui a raté sa vie mais qui compte se sublimer sur sa dernière et improbable mission ; nous sommes loin des personnalités complexes produites par un auteur comme Iain Banks par exemple.

     Loin de renouveler le genre, il faut prendre l’Eveil du Leviathan pour ce qu’il est : une geste spatiale divertissante et réussie, un roman d’aventures sans temps morts.


René-Marc DOLHEN
Première parution : 23/6/2014 nooSFere


            James S. A. Corey, également connu comme Daniel Abraham et Ty Franck, nous est présenté comme l’assistant de George R. R. Martin, et la série « The Expanse », dont le présent volume figure le tome initial, un « Trône de fer » de l’espace… Qui dit Martin dit « Trône de fer », OK. Mais en l’occurrence, c’est quand même aller vite en besogne. Ce qui nous est ici livré est bien un NSO (nouveau space opera), et d’ores et déjà une tétralogie en VO.

            Ce premier volume est construit sur deux lignes narratives correspondant aux deux personnages principaux : Joe Miller, un flic de Cérès qui recherche Julie Androméda Mao, et Jim Holden, un astronaute accompagné de Naomi, Alex et Amos, les survivants du Canterbury. Deux lignes qui ne tarderont pas à s’entortiller l’une autour de l’autre avant de diverger plus ou moins de nouveau…

            Force est d’admettre que le début de la trame concernant Holden est pour le moins confus et que les questions que le lecteur peut légitimement se poser restent pour beaucoup sans réponses. Tout commence lorsque le Canterbury reçoit un appel de détresse du Scopuli, astronef sur lequel naviguait Julie Mao. Mais cet appel dissimule un piège et le Canterbury est atomisé par un vaisseau furtif. Pourquoi ? On ne sait. Pourquoi ces agresseurs impitoyables n’achèvent-ils pas la chaloupe de Holden ? Pourquoi le Scopuli a-t-il lui aussi été attaqué et abordé ? Ces événements ont pour conséquence de déclencher un conflit entre Mars et la Ceinture d’Astéroïdes. Amos pose d’ailleurs ces questions au bas de la page 290. Après que la chaloupe de Holden a été recueillie par le vaisseau amiral de la flotte martienne, le Donager, celui-ci est à son tour attaqué et détruit sans explication. Par la Terre qui va se retrouver impliquée dans le conflit en raison de ses connivences avec la firme Protogène. Holden parvient encore à s’enfuir à temps à bord d’une corvette rebaptisée Rossinante. Plus tard, Holden retrouvera le vaisseau qui a attaqué le Scopuli et que Julie Mao a quitté avec une navette abandonnée près d’un astéroïde sans que l’on sache le motif de cette attaque.

            Il est regrettable de n’avoir pas ces réponses au terme des 620 pages de ce premier volume, d’autant que l’évolution de la situation laisse présager que l’on n’y reviendra pas. On n’a pas non plus d’explication satisfaisante sur les raisons qui poussent Fred Johnson à envoyer Holden et le Rossinante sur Eros pour en exfiltrer une personne qui s’avérera être Julie Mao, mais qu’ils découvriront morte selon les standards humains. Protogène ignorant la présence de Mao dans un hôtel d’Eros, on ne comprend guère les raisons de la fusillade qui s’y déroule et permet la rencontre de Holden et Miller.

            Si l’on parvient à faire abstraction de toutes ces questions initiales sans réponses, les péripéties s’enchaînent sans temps mort jusqu’à la révélation finale.

            À l’arrière-plan, on a une société, Protogène, qui a découvert sur Phoebé, le satellite de Saturne, un virus extraterrestre venu des espaces interstellaires deux milliards d’années plus tôt et destiné à atteindre la Terre pour y altérer l’évolution de la vie. Escomptant en tirer puissance et pouvoir, les gens de Protogène ne répugnent pas à l’assassinat de masse de toute la population d’Eros et envisagent froidement de jouer l’existence de l’humanité dans un terrible banco.

            L’Éveil du léviathan fonctionne bien en dépit des questions sans réponses irritantes, mais que l’on peut shunter en lisant l’aventure pour l’aventure. Livre de plage pour inconditionnels du space opera, on n’en fera toutefois pas une priorité.


Jean-Pierre LION
Première parution : 1/10/2014 dans Bifrost 76
Mise en ligne le : 20/4/2020


 
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