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La Ménagerie de papier

Ken LIU

Textes réunis par Ellen HERZFELD & Dominique MARTEL


Traduction de Pierre-Paul DURASTANTI
Illustration de Aurélien POLICE

BÉLIAL' , coll. Quarante-Deux
Achevé d'imprimer : mars 2015
Recueil de nouvelles, 448 pages, catégorie / prix : 23 €
ISBN : 978-2-84344-133-2
Format : 14,0 x 20,5 cm  
Genre : Imaginaire

Il s'agit d'une co-édition avec Quarante-Deux, qui a son propre ISBN pour ce livre : 978-2-9510042-4-5.
Couverture à rabats.
Pas de DL ("à parution").



    Quatrième de couverture    
     « Elle plaque la feuille sur la table, face vierge exposée, et la plie. Intrigué, j’arrête de pleurer pour l’observer. Ma mère retourne le papier et le plie de nouveau, avant de le border, de le plisser, de le rouler et de le tordre jusqu’à ce qu’il disparaisse entre ses mains en coupe. Puis elle porte ce petit paquet à sa bouche et y souffle comme dans un ballon.
     « Kan, dit-elle. Laohu. » Elle pose les mains sur la table, puis elle les écarte.
     Un tigre se dresse là, gros comme deux poings réunis. Son pelage arbore le motif du papier, sucres d’orge rouges et sapins de Noël sur fond blanc.
     J’effleure ce qu’a créé Maman. Sa queue bat et il se jette, joueur, sur mon doigt... »
 
     Ken Liu est né en 1976 à Lanzhou, en Chine, avant d’émigrer aux états-Unis à l’âge de onze ans. Titulaire d’un doctorat en droit (université de Harvard), programmeur, traducteur du chinois, il dynamite les littératures de genre américaines, science-fiction aussi bien que fantasy, depuis une dizaine d’années, collectionnant distinctions et prix littéraires, dont le Hugo, le Nebula et le World Fantasy pour la seule « Ménagerie de papier », ce qui demeure unique à ce jour. Le présent recueil, élaboré au sein d’un corpus considérable, et sans équivalant en langue anglaise, consacre l’éclosion du plus brillant des talents, protéiforme et singulier — l’avènement d’un phénomène.

    Sommaire    
1 - Avant-propos, pages 13 à 15, préface, trad. Pierre-Paul DURASTANTI
2 - Renaissance (Reborn), pages 17 à 47, nouvelle, trad. Pierre-Paul DURASTANTI
3 - Avant et après (Before and After), pages 49 à 52, nouvelle, trad. Pierre-Paul DURASTANTI
4 - Les Algorithmes de l'amour (Algorithms for Love), pages 55 à 74, nouvelle, trad. Pierre-Paul DURASTANTI
5 - Nova Verba, Mundus Novus (Nova Verba, Mundus Novus), pages 77 à 81, nouvelle, trad. Pierre-Paul DURASTANTI & QUARANTE-DEUX
6 - Faits pour être ensemble (The Perfect Match), pages 83 à 111, nouvelle, trad. David CREUZE rév. Pierre-Paul DURASTANTI & Olivier GIRARD
7 - Emily vous répond (Ask Emily), pages 113 à 118, nouvelle, trad. Pierre-Paul DURASTANTI
8 - Trajectoire (Arc), pages 121 à 155, nouvelle, trad. Vincent FOUCHER rév. Pierre-Paul DURASTANTI
9 - Le Golem au GMS (The MSG Golem), pages 157 à 179, nouvelle, trad. Pierre-Paul DURASTANTI
10 - La Peste (The Plague), pages 181 à 186, nouvelle, trad. Pierre-Paul DURASTANTI
11 - L'Erreur d'un seul bit (Single-Bit Error), pages 189 à 210, nouvelle, trad. Pierre-Paul DURASTANTI
12 - La Ménagerie de papier (The Paper Menagerie), pages 213 à 229, nouvelle, trad. Pierre-Paul DURASTANTI
13 - Le Livre chez diverses espèces (The Bookmaking Habits of Select Species), pages 231 à 241, nouvelle, trad. Pierre-Paul DURASTANTI
14 - Le Journal intime (The Journal), pages 243 à 254, nouvelle, trad. Pierre-Paul DURASTANTI
15 - L'Oracle (The Oracle), pages 257 à 274, nouvelle, trad. Pierre-Paul DURASTANTI
16 - La Plaideuse (The Litigatrix), pages 277 à 304, nouvelle, trad. Pierre-Paul DURASTANTI
17 - Le Peuple de Pélé (The People of Pele), pages 307 à 332, nouvelle, trad. Pierre-Paul DURASTANTI
18 - Mono no aware (Mono no aware), pages 335 à 357, nouvelle, trad. Pierre-Paul DURASTANTI
19 - La Forme de la pensée (The Shape of Thought), pages 359 à 394, nouvelle, trad. Pierre-Paul DURASTANTI
20 - Les Vagues (The Waves), pages 397 à 424, nouvelle, trad. Pierre-Paul DURASTANTI
21 - Alain SPRAUEL, Bibliographie des oeuvres de Ken Liu (1976-), pages 427 à 438, bibliographie

    Prix obtenus    
Grand Prix de l'Imaginaire, nouvelle étrangère, 2016
Prix obtenus par des textes au sommaire :
Faits pour être ensemble : Bifrost (Prix des lecteurs), nouvelle étrangère, 2014
La Ménagerie de papier : Nebula, nouvelle / Short story, 2011, Hugo, nouvelle / Short story, 2012, World Fantasy, nouvelle / Short story, 2012
Mono no aware : Hugo, nouvelle / Short story, 2013
 
    Critiques    
     Voici donc, quasiment en première mondiale (juste après la Chine), le premier recueil de nouvelles de Ken Liu. Sur les dix-neuf récits qui le composent, sélectionnés par Ellen Herzfeld et Dominique Martel, quatorze sont inédits, deux sont parus dans Galaxies, un dans Bifrost et deux dans Fiction. Signalons enfin que les traductions des textes déjà parus ont été soit revues soit refaites.

     Je ne vous détaillerai pas les textes un par un, mais sachez que ce recueil de Ken Liu est d’un éclectisme rare : de la science-fiction la plus pure du premier texte (Renaissance) au fantastique chinois de la Ménagerie de papier, nouvelle qui donne son nom au recueil, en passant par des récits humoristiques (le très drôle Golem au GMS) , l’auteur touche à tous les genres , se concentrant avant tout sur les relations humaines. Moins cérébral que Ted Chiang (et pour cause, Ken Liu doit écrire dix fois plus), les textes sont en revanche bien plus humains : Ken Liu s’attache par-dessus tout à ses personnages et à leurs réactions avec leur entourage lors de la confrontation à une situation extraordinaire.

     Parmi les meilleures nouvelles on retiendra bien entendu la Ménagerie de papier, récit fantastique profondément émouvant sur la rupture d’un jeune américain avec sa mère chinoise, et son retour vers ses origines via des origamis ; Mono no aware, où un jeune homme quitte sa famille pour rejoindre un vaisseau fuyant une terre mourante ou encore Trajectoire et son approche de l’immortalité. A vrai dire, sur ces dix-neuf textes, peu sont faibles. Seul Faits pour être ensemble, déjà paru dans Bifrost, n’est guère inventif en s’attaquant à la suppression de la vie privée provoquée par les GAFA.

     La Ménagerie de papier est un recueil riche et varié, propulsant directement Ken Liu au coté des plus grands nouvellistes de ces dernières décennies aux cotés de Greg Egan ou de Ted Chiang. Son premier roman, The Grace of Kings, vient tout juste de sortir outre-Atlantique ; c’est peu dire, après la lecture de cet excellent recueil, qu’on l’attend avec impatience.


René-Marc DOLHEN
Première parution : 30/4/2015 nooSFere


            Ken Liu a fait irruption en 2011 dans le gotha de la SF mondiale avec la nouvelle éponyme de l’intriguant recueil que nous propose le Bélial’ sous la houlette de Ellen Herzfeld et Dominique Martel : « La Ménagerie de papier » a raflé rien moins que le Prix Hugo et le prix Nebula de la meilleure nouvelle de science-fiction, et le World Fantasy Award pour la meilleure nouvelle de fantasy.

            Fantasy, science-fiction ? C’est peu dire que Ken Liu se plaît à brouiller les pistes dès qu’on tente de l’enfermer dans une étiquette, jusqu’à s’inventer ironiquement un genre nouveau, le silkpunk, pour qualifier le mélange artistique de ses deux cultures, chinoise et américaine, l’alliage d’humour, d’harmonie et de dureté de plusieurs de ses nouvelles. Pour autant, même lorsqu’il s’amuse à filer l’improbable métaphore de la voile solaire comme jeu de go géant (« Mono no aware », également prix Hugo), ses textes sont au cordeau, les boulons de sa littérature bien serrés, et c’est en traducteur de hard SF qu’on le retrouve, avec The Three-Body Problem de Cixin Liu, finaliste cette année des prix Nebula et Hugo du meilleur roman.

            Après leur travail remarqué sur Greg Egan, les éditions du Bélial’ et Quarante-Deux nous offrent donc ici une nouvelle aventure littéraire ambitieuse, à la rencontre d’un auteur qui pourrait bien être en train d’ouvrir à la science-fiction des territoires nouveaux. Pour le lecteur, le point commun entre Liu et Egan est sans doute leur capacité à soulever des vertiges métaphysiques là où on ne les attend pas. Mais si, pour Egan, il s’agit d’un jeu intellectuel, de postures variant d’une histoire à l’autre, les dix-neuf histoires de La Ménagerie de papier déclinent autant de variations cohérentes d’un même regard très personnel sur le monde, quelque part entre Philip K. Dick, Albert Camus et une Sylvie Lainé qui aurait renié sa tendresse envers l’humain. « Nous passons nos vies à nous raconter des histoires sur nous-mêmes, explique Ken Liu en préface. C’est ainsi que nous rendons tolérable l’existence dans cet univers froid, insensible, hasardeux. »

            Les personnages de Ken Liu sont presque tous intelligents, souvent compétents, et pourtant piégés dans l’absurde déterminisme de relations humaines impossibles, comme l’adolescent de « La Ménagerie de papier », trop américain pour savoir respecter les magies de sa mère chinoise presque illettrée ; comme la créatrice de « Les Algorithme de l’amour », qui voit s’estomper la différence entre ses sentiments et les ersatz qu’expriment les poupées qu’elle programme ; ou encore comme la jeune ethnologue de « La Forme de la pensée », qui doit renoncer à la communauté humaine pour se pénétrer d’une culture étrangère. Ses histoires d’amour finissent mal, en général. D’autres textes renouvellent la thématique de l’immortalité (« Trajectoire », « Les Vagues ») ou le rapport occidental aux religions, comme dans « L’Erreur d’un seul bit », qui joue brillamment de l’irréductible incompatibilité entre une authentique expérience mystique et son analyse rationnelle, ou de façon plus légère dans la conversation désinvolte entre une jeune chinoise et le dieu des Juifs dans « Le Golem au GMS ».

            Alors, pourquoi ne pas aller se perdre dans les méandres de ce très beau recueil, ne pas se laisser porter en souplesse d’une arche générationnelle de pure SF aux mésaventures d’un buffle en origami dont les pattes de papier auraient trop pataugé dans la sauce de soja ? L’inventivité et la poésie de Ken Liu le méritent, le dépaysement est assuré et – qui sait ? – il pourrait bien remettre en cause au passage quelques-unes de nos trop confortables certitudes sur la science-fiction. Revigorant !


Éric PICHOLLE
Première parution : 1/7/2015 dans Bifrost 79
Mise en ligne le : 1/6/2020


 
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