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Infinités

Vandana SINGH

Titre original : The Woman Who Thought She Was a Planet and Other Stories, 2008
Traduction de Jean-Daniel BRÈQUE
Illustration de Aurélien POLICE

DENOËL (Paris, France), coll. Lunes d'Encre
Dépôt légal : mars 2016
Première édition
Recueil de nouvelles, 288 pages, catégorie / prix : 20,90 €
ISBN : 978-2-207-13128-2
Format : 14,0 x 20,5 cm
Genre : Imaginaire

L'auteur du glossaire (Jean-Daniel Brèque, le traducteur) n'est pas mentionné dans l'ouvrage.



Quatrième de couverture
Née en Inde, à New Delhi, fille de deux professeurs de littérature anglaise, Vandana Singh a grandi à l’ombre de Shakespeare et Keats. Devenue professeur de physique aux États-Unis, elle s’est tournée vers l’écriture, notamment la science-fiction et la fantasy, à cause de la richesse de ces genres et des possibilités qu’offrent leurs thématiques propres. Depuis 2002, elle a publié deux romans pour la jeunesse, une vingtaine de nouvelles et un court roman de science-fiction, Distances.
Dans ce recueil de dix nouvelles et un essai se déploie la sensibilité à part d’une auteure de science-fiction spéculative qui n’a de cesse de remettre l’Homme au centre du récit. On y observe un professeur de mathématiques qui aimerait comprendre les tensions interreligieuses qui déchirent son pays, un étrange tétraèdre subitement apparu dans les rues de New Delhi, une femme convaincue d’être une planète.
 
Avec ces textes poétiques, humanistes et parfois mélancoliques, Vandana Singh s’impose comme la digne héritière de Ray Bradbury et Theodore Sturgeon.
Sommaire
Afficher les différentes éditions des textes
1 - Faim (Hunger, 2007), pages 11 à 30, nouvelle, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
2 - Delhi (Delhi, 2004), pages 33 à 55, nouvelle, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
3 - La Femme qui se croyait planète (The Woman Who Thought She Was a Planet, 2003), pages 59 à 76, nouvelle, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
4 - Infinités (Infinities, 2008), pages 79 à 118, nouvelle, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
5 - Soif (Thirst, 2004), pages 121 à 143, nouvelle, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
6 - Les Lois de la conservation (Conservation Laws, 2008), pages 147 à 170, nouvelle, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
7 - Trois contes de la rivière du ciel. Mythes de l'ère des astronautes (Three Tales from Sky River: Myths for a Starfaring Age, 2004), pages 173 à 183, nouvelle, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
8 - Le Tétraèdre (The Tetrahedron, 2005), pages 187 à 220, nouvelle, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
9 - L'Épouse (The Wife, 2003), pages 223 à 236, nouvelle, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
10 - La Chambre sur le toit (The Room on the Roof, 2002), pages 239 à 261, nouvelle, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
11 - Un manifeste spéculatif (A Speculative Manifesto, 2008), pages 265 à 269, essai, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
12 - Jean-Daniel BRÈQUE, Glossaire, pages 271 à 274, notes
13 - Remerciements, pages 275 à 277, notes, trad. Jean-Daniel BRÈQUE
Critiques

     De Vandana Singh, auteure indienne née à New Delhi, mais vivant et travaillant désormais aux États-Unis, on avait pu lire jusqu’alors des nouvelles éparses (dans les revues Fiction, Angle Mort et le dernier Bifrost) qui laissaient présager une plume très intéressante. Le présent recueil, fort de dix récits, d’un essai qu’on se permettra de juger relativement convenu, et d’un glossaire, vient confirmer cette impression de manière éclatante. Sous une sublime couverture d’Aurélien Police, servie par une traduction d’une grande finesse signée Jean-Daniel Brèque (y compris pour les trois textes repris), Singh use de son statut de femme indienne, professeur de physique, pour conférer à ses récits une empreinte très personnelle, où la sensibilité se marie à la subtilité sans pour autant négliger une dimension plus scientifique.

     Le premier trait saillant, c’est la prégnance de la culture indienne. Née et élevée en partie en Inde, l’auteure recourt à ses racines pour le cadre global de la quasi-totalité de ses récits – d’où le glossaire de termes indiens, à tout le moins bienvenu. Aux antipodes d’un décor inhabituel qui viserait à créer un sentiment d’exotisme propice au dépaysement du lecteur, ce cadre fermement ancré dans le quotidien, où le poids parfois trop lourd des traditions ne saurait faire oublier les vertus de la simplicité et du rapport à la nature et aux anciens, sert de terreau extrêmement fertile pour l’imagination de l’auteur. Ici, une femme souffrant du rigorisme exacerbé de son mari se découvre planète et n’aura de cesse de convaincre son entourage de la véracité de sa théorie. Là, une autre craint le retour annuel de la mousson, car elle sait qu’elle devient autre… Il n’aurait sans doute pas été possible à Singh de développer certaines des nouvelles de son recueil en dehors du cadre culturel indien, et de son code de conduite extrêmement rigide.

     Si les thèmes abordés sont variés, et peuvent emprunter au fantastique, il s’en dégage néanmoins un attrait évident pour des histoires à fort contenu mathématique ou physique. Professeur de physique, donc, Singh puise dans ses connaissances pour en tirer des visions d’une beauté formelle évidente et hautement suggestives. On y croise donc un tétraèdre qui apparaît brutalement, tel le monolithe de Clarke, en pleine quatre-voies de New Delhi, ou encore un mathématicien qui tente d’accéder à l’infini via son étude de certains nombres remarquables. On y parle souvent d’univers parallèles qui seraient poreux, permettant l’irruption, dans le strict cadre indien qu’on vient d’évoquer, de phénomènes extraordinaires, dont on ne comprend au final pas grand-chose si ce n’est qu’ils génèrent un questionnement permanant sur nous-mêmes.

     Car le dernier pan de l’écriture de Vandana Singh, peut-être le plus important, c’est son humanité, une humanité qui imprègne le livre de sa première à sa dernière page. Nous rencontrons ici des personnages authentiques, qui vont nous convier en toute simplicité à partager leur quotidien l’espace de quelques heures, jours, semaines. Cela tient à peu de choses, à une page initiale formidable pour chaque texte qui dévoile en douceur celui ou celle qui va nous accompagner, suscitant aussitôt l’empathie du lecteur. La quatrième de couverture évoque Theodore Sturgeon – on ne saurait être plus d’accord. Même si elle a tendance à prendre pour protagonistes des femmes, ce qui n’a rien d’étonnant du fait de son identité et de la place de ces dernières dans la société indienne, l’auteure brosse également le portrait d’hommes avec une finesse qui n’est accessible qu’à quiconque sait sonder l’âme humaine dans toute sa profondeur, une âme que Singh n’a de cesse de placer au même niveau que les merveilles scientifiques qu’elle nous donne à voir.

     Oscillant entre science et poésie, mais d’un humanisme permanent, Infinités révèle de manière éblouissante le talent d’une auteure des plus attachante et à la voix unique, dont on attendra avec une grande impatience la prochaine parution.

Bruno PARA (lui écrire)
Première parution : 1/7/2016 dans Bifrost 83
Mise en ligne le : 12/9/2022

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