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Annihilation

Jeff VANDERMEER

Titre original : Annihilation, 2014
Première parution : Farrar, Straus and Giroux, 4 février 2014
Cycle : Rempart Sud vol. 1 

Traduction de Gilles GOULLET
Illustration de Eric NYQUIST

AU DIABLE VAUVERT (Vauvert, France)
Achevé d'imprimer : février 2016
Première édition
Roman, 224 pages, catégorie / prix : 18 €
ISBN : 979-10-3070-021-3
Format : 13,1 x 19,8 cm
Genre : Science-Fiction



Quatrième de couverture
La Zone X, mystérieuse, mortelle.
Et en expansion.
 
Onze expéditions soldées par des suicides, meurtres, cancers foudroyants et troubles mentaux.
 
Douzième expédition. Quatre femmes. Quatre scientifiques seules dans une nature sauvage.
 
Leur but : ne pas se laisser contaminer, survivre et cartographier la Zone X.
 
« Notre expédition était la première à entrer dans la Zone X depuis plus de deux ans. En regardant ce paysage paisible, je ne pense pas qu’aucune d'entre nous n’en voyait encore la menace. »
 
« Un thriller psychologique crispant et glacial... Un peu de Kubrick, beaucoup de Lovecraft, le roman provoque une tension insupportable et une peur claustrophobique qui vous habite longtemps. J’ai adoré. »
LAUREN BEUKES
 
« Original, beau, angoissant et magnifique. »
WARREN ELLIS
 
« Effrayant et fascinant. »
STEPHEN KING
 
Né en 1968, JEFF VANDERMEER est écrivain, éditeur et acteur du mouvement littéraire New Weird. Il vit en Floride. Best-seller aux États-Unis, la trilogie du Rempart Sud a été traduite dans vingt-quatre pays. Annihilation a reçu les prix Nebula et Shirley Jackson du meilleur roman 2014 et va être adapté au cinéma par Alex Garland. Son premier livre en France, La Cité des Saints et des Fous, a reçu le prix du Cafard cosmique en 2007.
Critiques

     La Zone X. Un endroit dangereux. En expansion. De nombreuses expéditions s’y sont perdues, parfois corps et âmes. Certains de ces explorateurs sont réapparus chez eux, on ne sait trop comment, différents, puis sont morts quelques mois plus tard, terrassés par un cancer foudroyant. D’autres se sont suicidés ou ont disparu sans laisser de trace. Une douzième expédition est envoyée dans la Zone X, composée de quatre femmes. La Psychologue mène. La Biologiste observe, enquête et raconte. Aucune de ces scientifiques n’aura jamais de prénom.

     Annihilation est le premier volume de la trilogie new weird du « Rempart Sud ». Un livre précédé par une aura pour le moins flatteuse : best-seller aux USA, traduit dans vingt-quatre langues et en cours d’adaptation cinématographique par Alex Garland (l’auteur du très bon La Plage, à qui on doit la bonne surprise cinématographique Ex Machina).

     Pour le lecteur qui ne connaît rien à la science-fiction des pays de l’Est (ou a fortiori qui ignore tout de la SF), Annihilation est un choc alangui, une découverte envoûtante. Malheureusement, pour le lecteur qui a lu et apprécié Stalker des frères Strougatski et Solaris de Stanislas Lem, Annihilation apparaît avant tout comme une étrange tambouille américaine, un bancal remix de deux chefs-d’œuvre de la science-fiction mondiale. Et il est difficile d’être un dieu de faire abstraction de cet aspect « gênant ». Les scènes dans la zone rappellent Stalker (mais Stalker était avant tout une histoire d’hommes, alors qu’Annihilation est avant tout une histoire de femmes), la description des relations difficiles de la Biologiste avec son mari, revenu différent de la zone X, nous ramènent à Solaris et à son discours filé sur l’impossibilité pour deux espèces étrangères de communiquer autrement que de façon détournée et oblique. Pour l’observateur extérieur, l’homme et la femme ressemblent alors à s’y méprendre à deux espèces étrangères… Paradoxalement, alors que l’ouvrage est traversé d’horreurs et de merveilles (comme dans les meilleures nouvelles de Lovecraft), c’est l’aspect mainstream qui s’impose comme le plus réussi dans le roman. On tombe sous le charme des souvenirs de la Biologiste et on s’ennuie doucement dans cette zone X, ce désert des Tartares aux règles trop floues. Autre écueil, et pas des moindres, le roman alterne passages extrêmement littéraires (les flashbacks) et passages quasi-scénaristiques calibrés pour une adaptation audiovisuelle.

     Annihilation, qui a valu à Jeff Vandermeer une reconnaissance mondiale, est un premier acte, presque une introduction à la zone X. On attend maintenant les deux tomes suivants, pour voir si l’auteur s’affranchit avec brio de ses pesantes figures tutélaires : Stalker et Solaris – deux orages venus de l’Est encore bien vaillants qui font d’Annihilation un pétard à moitié mouillé.

Thomas DAY
Première parution : 1/7/2016 dans Bifrost 83
Mise en ligne le : 13/9/2022


     La zone X est une large surface géographique mystérieuse : apparue il y a quelques décennies, elle recouvre une étendue sauvage et semble s'agrandir régulièrement. Dans cette zone, des phénomènes étranges se déroulent et les équipes envoyées en exploration par Rempart Sud, l'organisation gouvernementale surveillant la zone, ne reviennent jamais indemnes.

     La douzième expédition, formée de quatre femmes, une biologiste, une anthropologue, une géomètre et une psychologue, pénètre dans la zone pour tenter de percer ses mystères. Mais très vite, alors qu'elle découvre une construction mystérieuse, les motivations des quatre membres semblent diverger.

     Représentant du courant new weird (un sous-genre mélangeant science-fiction, fantasy et horreur, faisant la part belle à l'étrange et au surnaturel), Jeff VanderMeer développe dans la trilogie du Rempart Sud (constitué en fait de trois romans indépendants) une série de mystères et d'intrigues centrés sur la zone X et l'organisation chargée de la surveiller. Annihilation permet de découvrir cette zone depuis un œil subjectif : celui de la biologiste, narratrice de la douzième expédition. Un personnage complexe, peu fiable, dont le jugement est rapidement altéré en explorant la zone X et dont le récit mélange la description froide et clinique que l'on peut attendre d'une scientifique avec une réalité déformée par ses obsessions et par sa véritable raison de participer à la mission. C'est avant tout à cette personnalité qu'Annihilation doit sa réussite : on comprend vite que cette exploration est tout autant physique que morale, que la narratrice participe à cette mortelle randonnée pour rejouer sa vie.

     Annihilation, c'est un peu une psychanalyse mêlant nature writing et HP Lovecraft. Jeff VanderMeer nous convie à un voyage dans un esprit altéré ; ceux qui attendent une intrigue linéaire avec une explication finale propre et réaliste seront déçus, mais pour les lecteurs acceptant de se faire transporter dans un terrain flou, cette première plongée dans la zone X sera un grand moment. Annihilation est un objet insolite et rare ; on pourra éventuellement le rapprocher de la Peau froide, le roman d'Albert Sánchez Piñol, autre auteur à la frontière des genres. C'est en tout cas une œuvre à découvrir et à explorer.


René-Marc DOLHEN
Première parution : 13/3/2016 nooSFere

Prix obtenus
Nebula, Roman, 2014
Shirley Jackson, Roman, 2014


Adaptations (cinéma, télévision, BD, théâtre, radio, jeu vidéo...)
Annihilation , 2018, Alex Garland

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