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Sous le vent d'acier

Alastair REYNOLDS

Titre original : On the Steel Breeze, 2013
Première parution : Angleterre, Londres : Gollancz, septembre 2013
Cycle : Les Enfants de Poséidon  vol. 2 

Traduction de Laurent QUEYSSI

BRAGELONNE (Paris, France), coll. Science-fiction
Dépôt légal : août 2016, Achevé d'imprimer : juillet 2016
Première édition
Roman, 552 pages, catégorie / prix : 25 €
ISBN : 979-10-281-0083-4
Format : 15,4 x 23,7 cm
Genre : Science-Fiction

Photographie de couverture : © Shutterstock.



Ressources externes sur cette œuvre : quarante-deux.org
Ressources externes sur cette édition de l'œuvre : quarante-deux.org

Quatrième de couverture
     L’une vit sur Terre dans un monde qui change, tandis que l’humanité explore de nouveaux modes d’existence.
     L’autre est partie dans l’espace lointain enquêter sur l’ultime périple d’Eunice Akinya et sa découverte d’une science physique révolutionnaire.
     La troisième voyage à bord d’un vaisseau générationnel à des années-lumière de la Terre, vers une planète abritant un fascinant labyrinthe extraterrestre. Toutes trois sont une seule personne : Chiku Akinya, et revêtent une importance capitale pour notre avenir dans l’espace. Et toutes trois sont en grave danger...
 
"Un futur si brillamment imaginé et truffé de tant d’idées originales que le lecteur ne peut que saliver à l’idée des merveilles qui l’attendent ."
The Guardian
 
"Reynolds est passé maître dans la montée en puissance ves un dénouement apocalyptique, et Sous le vent d'acier ne fait pas exception à la règle."
National Space Society
 
     Alastair Reynolds est né à Barry, dans le sud du pays de Galles. Un doctorat d’astronomie en poche, il a travaillé comme astrophysicien pour l’Agence spatiale européenne avant de devenir écrivain à plein temps. Nommé à deux reprises au prix Arthur C. Clarke, il a remporté le prix de la British Science Fiction Association en 2001. Sous le vent d'acier est le deuxième tome de sa nouvelle trilogie.
Critiques

     Pionnière du voyage interstellaire, la très âgée Eunice Akinya s’est embarquée pour les étoiles grâce au principe de Chibesa, qu’elle a laissé à ses descendants, ouvrant à l’humanité les portes de l’espace. Ce volet se déroule plusieurs décennies après les évènements du premier tome (La Terre bleue de nos souvenirs, critique in Bifrost 80) : Geoffroy, qui étudiait les éléphants au pied du Kilimandjaro, s’est éteint, refusant de prolonger sa vie avec les moyens à sa disposition ; sa sœur Sunday, l’artiste basée sur la Lune, âgée de plusieurs siècles, est plongée dans un coma profond dû à un calcul mathématique accaparant son esprit. Avec Jitendra, elle a eu une fille, Chiku, laquelle s’est fait cloner en deux exemplaires indiscernables de l’original, reliés par un transfert de mémoire : Chiku Jaune est restée sur Terre tandis que ses autres versions vont à l’aventure. Elle a eu un fils, Mecufi, avec lequel elle est brouillée : il a rejoint les Aquatiques, qui, sous l’égide de Lin Wei, la fondatrice, retournent à la mer en redevenant poissons ; elle-même est désormais Arethusa, une baleine qui vit recluse sur une station spatiale. Chiku Rouge s’est lancée à la poursuite du vaisseau spatial d’Eunice et n’est jamais rentrée, Chiku Verte a eu deux enfants avec Kanu et tous sont à bord du Zanzibar, un des holovaisseaux de la caravane qui fait route vers un autre monde, Creuset, situé à vingt-huit années-lumière : le décalage temporel est désormais trop grand pour maintenir le lien entre les deux exemplaires de Chiku. Pourtant, le fantôme de Chiku Verte apparaît à Jaune, manifestement dans l’intention de lui délivrer un message ; les Aquatiques sont prêts à assister celle-ci pour qu’elle en prenne connaissance, persuadés qu’une menace se profile.

     En effet, Zanzibar et les autres vaisseaux, astéroïdes évidés longs de cinquante kilomètres, avec lacs, montagnes et villes abritant des millions de passagers, ainsi que des éléphants, se rendent sur Creuset car Arachne, l’intelligence artificielle dirigeant le télescope spatial Ocular, y a détecté un artéfact formant une bande à la surface de la planète, le Mandala. Devançant la caravane, des machines intelligentes, les Pourvoyeurs, sont censées construire des villes et rendre la planète habitable tandis que les passagers effectuent à tour de rôle des sauts qui les plongent dans un sommeil cryogénique retardant leur vieillissement. Mais une explosion causant une dépressurisation sème la panique : criminelle ou pas, elle révèle des tunnels non répertoriés qui soulèvent bien des questions et divise la classe politique en factions antagonistes. Le mystère s’épaissit lorsque la fiabilité des données transmises par les Pourvoyeurs sur place est remise en cause. Par ailleurs, la mission doit se préoccuper d’un problème que les ingénieurs n’ont pas encore résolu depuis la décision d’imprimer aux vaisseaux une accélération maximale ayant consommé l’énergie disponible pour ralentir, à savoir la mise au point d’un système de freinage, sous peine de dépasser leur destination.

     Dans le Système solaire également, là où Chiku Jaune mène l’enquête, sur Mercure ou Hypérion, des tentatives de meurtre dessinent les contours d’une menace qui concerne toute l’humanité.

     Il est difficile de passer à côté de ce roman tant il regorge d’idées intéressantes, qu’il serait dommage de dévoiler ici. L’originalité de l’univers mis en place par Alastair Reynolds s’est un peu émoussée, mais l’intérêt reste soutenu grâce à une action plus dynamique et des révélations savamment dosées. Au passage, on relève de stimulantes réflexions sur la définition de la conscience ou les rapports entre animalité, machines et humanité, dont les frontières tendent de plus en plus à s’estomper. Une saga d’ores et déjà à marquer d’une pierre blanche.

Claude ECKEN (lui écrire)
Première parution : 1/1/2017 dans Bifrost 85
Mise en ligne le : 18/11/2022


     Sous le vent d’acier est le deuxième tome de la trilogie des Enfants de Poséidon. Situé quelques décennies après La Terre bleue de nos souvenirs, il s’agit d’une suite qui ne peut être lue indépendamment.
     Grâce à une technique de clonage, Chiku, arrière-petite fille d’Eunice, la matriarche de la dynastie des Akinya, s’est transformée en trois personnes distinctes. L’une d’elles se lance à la recherche de l’ancêtre partie avec la Reine d’hiver à la fin du 1er tome ; la deuxième embarque à bord du Zanzibar, l’un des gigantesques « holovaisseaux » qui doit rejoindre l’exoplanète Creuset d’ici un ou deux siècles ; la dernière reste sur Terre, à Lisbonne. Les trois incarnations échangent régulièrement leurs souvenirs, mais avec un retard croissant dû à l’éloignement puisque cette échange se fait à la vitesse de la lumière. Tandis que le sort de celle partie à la recherche d’Eunice demeure incertain, la Chiku restée à Lisbonne doit affronter Arcachne, l’IA devenue indépendante qui s’opposait déjà aux protagonistes du précédent tome. Au cours d’une enquête qui la mènera à travers plusieurs colonies humaines dans le système solaire, elle découvrira des informations qui menacent sa jumelle à bord du Zanzibar. Celle-ci est elle-même dans une situation délicate : à l’approche de Creuset, une crise politique éclate dans la Caravane, liée à un problème technique qui empêcherait les holovaisseaux de ralentir avant d’arriver à destination.

     Le début du roman souffre des mêmes défauts que le premier tome du cycle : une intrigue un peu bancale sert de prétexte à une visite guidée du système solaire colonisé, l’histoire progresse à coup de rebondissements pas toujours crédibles, et le rythme est globalement lent, pour ne pas dire poussif. Mais il faut persévérer jusqu’à la deuxième moitié du livre. Lorsque l’histoire se concentre sur l’odyssée du Zanzibar puis sur l’exploration de l’exoplanète Creuset, on retrouve le véritable Alastair Reynolds. Entre les conflits internes à la Caravane, les problèmes de propulsion interstellaire à régler à l’échelle d’une génération, la confrontation avec des entités extraterrestres et la découverte d’un monde nouveau, l’auteur déploie toute la palette de son talent : suspens, sense of wonder, inventivité technologique sans sacrifier à la rigueur scientifique, tensions politiques, trans-humanisme...
     Si le lecteur familier de l’œuvre de Reynolds est heureux de retrouver ses qualités les plus saillantes, il notera aussi que l’auteur apporte un soin nouveau au traitement de la psychologie de son personnage principal. Chiku, partagée entre ses trois copies, est complexe et touchante. Elle est tiraillée entre des sentiments d’amour fraternel pour chacune de ses jumelles et l’amertume de ne pas vivre la vie des deux autres. La synchronisation sporadique de leurs souvenirs apporte une touche de schizophrénie qui lui confère un surcroît de réalisme et d’étrangeté tout à la fois, achevant d’en faire un grand personnage de roman que l’on quitte à regret à la fin du livre.

     Passé un début plutôt laborieux, Sous le vent d’acier se révèle être un très bon Alastair Reynolds qui laisse espérer le meilleur pour la suite du cycle des Enfants de Poséidon.


Jean-François SEIGNOL (lui écrire)
Première parution : 21/12/2016 nooSFere

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