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Existence

David BRIN

Titre original : Existence, 2012
Première parution : New York, U.S.A. : Tor, 2012
Traduction de Claude MAMIER
Illustration de Yohann SCHEPACZ

BRAGELONNE (Paris, France), coll. Science-fiction
Date de parution : 19 octobre 2016
Dépôt légal : octobre 2016, Achevé d'imprimer : septembre 2016
Première édition
Roman, 744 pages, catégorie / prix : 25 €
ISBN : 979-10-281-0112-1
Format : 15,3 x 23,8 cm
Genre : Science-Fiction

Le nom de l'illustrateur (Schepacz) est mal orthographié sur la quatrième de couverture (Schepac).



Quatrième de couverture
« Prenez un futur proche inquiétant,
ajoutez-y un artefact extraterrestre,
saupoudrez le tout d'une pincée
de sagesse et d'émerveillement...
vous obtenez Existence, essentiel
et pertinent. »
Stephen Baxter
 
Téléprésence : surveillance généralisée de tous par tous, partout, tout le temps. Le moindre événement s’attire aussitôt dix millions de regards virtuels.
Gerald Livingstone est un éboueur spatial, chargé de nettoyer un siècle de déchets orbitaux. Jusqu’au jour où il tombe sur un étrange cristal lumineux. Une heure plus tard, tous les réseaux bruissent de rumeurs à propos d’un « artefact extraterrestre ». Une bouteille à la mer, avide de communiquer... de bonnes nouvelles ? Ou un énorme canular destiné à tromper les esprits faibles, dissimulant une menace bien plus insidieuse ? Le monde, lui, réagit comme à son habitude : avec un mélange de peur, d’espoir, d’amour et de violence...
 
David Brin est un scientifique, conférencier, consultant technique et le lauréat d'un prix récompensant les défenseurs de la liberté d'expression. Ses romans, traduits dans plus d'une vingtaine de langues, ont remporté, entre autres, plusieurs prix Hugo et Nebula. Il vit en  Californie, près de San Diego.
Critiques

     David Brin s’était fait rare sous nos longitudes. La réédition de plusieurs de ses anciens romans et la parution d’un inédit chez Bragelonne semblent marquer un regain d’intérêt pour l’un des auteurs de hard SF les plus intéressants de la fin du XXe siècle. Un fait dont on ne se plaindra pas, tant ce briseur d’étagère (pas moins de 700 pages) intitulé Existence, malgré des prémisses un tantinet mollassonnes et une propension à tirer à la ligne, se révèle au final passionnant.

     Fin du XXIe siècle. Dans son berceau natal, au fin fond du puits de gravité terrestre, l’humanité vit dans la hantise de sa propre extinction. Les États-Unis ont disparu, remplacés par plusieurs États de seconde zone, et la Chine, désormais promue superpuissance mondiale, ne semble pas en mesure d’imposer son leadership sur une planète divisée en clades, castes et zones de libre-échange. Dans ce monde ravagé par les catastrophes climatiques, en proie à la pénurie, aux migrations incontrôlées et aux inégalités criantes, où de vastes espaces côtiers sont engloutis par l’élévation des mers, ils sont bien peu encore à tourner leur regard vers des cieux désespérément déserts. L’espace profond est désormais dévolu aux sondes robotisées. Seul l’espace proche, à l’abri de la ceinture de Van Allen, attire encore l’humanité. Converti en terrain de jeu par les plus riches, il est parcouru aussi par des éboueurs qui le nettoient des déchets abandonnés après le boom de la course à l’espace. Pourtant, la découverte d’un artefact extraterrestre vient bousculer les routines de cette société de l’immédiateté où l’information, disponible en multiples couches de réalité augmentée, requiert l’assistance d’IA dévouées. La nouvelle inquiète la néoblesse, cette oligarchie attachée à ses privilèges pour qui la transparence ne va pas de soi. Elle remet en question la stratégie de conquête du pouvoir du mouvement des Renonciateurs, une secte prônant la rupture avec le progrès technologique. Elle attise enfin les convoitises, menaçant d’entraîner l’apocalypse tant crainte.

     Existence illustre le versant purement spéculatif de l’œuvre de David Brin. S’inscrivant dans le registre de la hard SF, même s’il s’autorise un clin d’œil en direction du très séminal « cycle de l’Élévation », l’auteur américain amorce ici une multitude de pistes de réflexion qui titille le sense of wonder, tout en acquittant son tribut à la mémoire collective du genre. Le roman apparaît comme une sorte de boîte à outils pour un post-humanisme conçu comme seul débouché pour une humanité acculée au bord du gouffre par un progrès exponentiel. Entre Pandore et Prométhée, les hommes doivent ainsi se résoudre à se choisir un destin et une place dans l’univers, conscients que la vie est chose fragile et fugace.

     À la question posée par le paradoxe de Fermi, Existence apporte ses réponses. Un foisonnement d’hypothèses, parfois exposées de manière trop didactiques, dévoilant des perspectives vertigineuses comme on les aime en science-fiction. En dépit de personnages fades et d’intrigues secondaires superflues, l’auteur américain trace sa route, compensant la faiblesse des uns et l’ennui suscité par les autres. Il explore ainsi les possibles, tissant avec habileté une trame dense et parfois confuse, où fort heureusement émergent des fulgurances saisissantes.

     Bref, avec Existence, David Brin accomplit un retour gagnant dans nos contrées. De quoi réjouir les adeptes de prospective mais également de space opera, sans oublier les amoureux des dauphins. Ils sont légion chez les fans de l’auteur depuis le rafraîchissant Marée stellaire.

Laurent LELEU
Première parution : 1/1/2017 dans Bifrost 85
Mise en ligne le : 22/11/2022

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