Jack FINNEY Titre original : The Body Snatchers / The Invasion of the Body Snatchers, 1955 Première parution : Collier's, du 26 novembre au 24 décembre 1954. En volume : Dell, 1955ISFDB Traduction de Michel LEBRUN Traduction révisée par Erwann PERCHOC Illustration de Aurélien POLICE
BÉLIAL'
(Moret-Loing-et-Orvanne, France) Date de parution : 16 juin 2022 Dépôt légal : juin 2022 Réédition Roman, 272 pages, catégorie / prix : 20,90 € ISBN : 978-2-38163-047-2 Genre : Science-Fiction
Existe aussi en numérique (ISBN : 978-2-38163-048-9) au prix de 10,99 €.
Mill Valley.
Petite ville paisible de Californie.
Son médecin. Son shérif. Ses commerces.
Et dans les caves de Mill Valley, des cosses.
Elles viennent d’ailleurs.
Elles veulent des corps humains.
Un jour, elles les prennent…
Paru en 1955, en plein maccarthysme, ce classique mondial de la science-fiction paranoïaque a révolutionné la thématique de l’invasion extraterrestre. Il a été adapté au cinéma à de nombreuses reprises, notamment par Don Siegel (1956), Philip Kaufman (1978) et Abel Ferrara (1993).
Ici proposé dans une traduction révisée définitive, ce roman clef de Jack Finney (1911-1995) est largement commenté dans une postface signée Sam Azulys.
« Ce sont Jack Finney et Rod Serling qui, après H.P. Lovecraft, ont fait franchir au fantastique une nouvelle étape dans son évolution. » STEPHEN KING
1 - Erwann PERCHOC, Un mot de l'éditeur, notes 2 - Sam AZULYS, Pod people, la prolifération d'un mythe, postface 3 - Alain SPRAUEL, Bibliographie, bibliographie
Mill Valley est une petite ville de Californie du nord, non loin de San Francisco. Tout le monde y connait tout le monde, et nul mieux que Miles Bennell, le médecin local, qui y a grandi et y exerce. Mais petit à petit, un phénomène bizarre envahit Mill Valley. Des gens viennent trouver Miles et lui affirment que des personnes qu'ils ont connues toute leur vie ne sont plus les mêmes. Elles sont exactement semblables, des sosies parfaits... mais ce ne sont plus les mêmes.
Bientôt, on montre à Miles Bennell un cadavre. Humain, mais bizarrement... neuf. Un corps qui n'aurait pas vécu.
Les amateurs de films fantastiques auront reconnu ici un scénario qui a inspiré trois films : un de Don « Les proies » Siegel dans les années cinquante, un de Philip « L'étoffe des héros » Kaufman en 1978 et un troisième d'Abel « China Girl » Ferrara en 1993. À l'origine, c'est un roman de Jack Finney, l'auteur du Voyage de Simon Morley et du Retour de Marion Marsh, récemment et finalement édités en France par « Présences ». Sur ce sujet éminemment paranoïaque, Finney trace à nouveau son sillon de prédilection. Ces envahisseurs, c'est le monde moderne, le monde où l'on a plus le temps de vivre, où l'efficacité devient seule maîtresse. Avec la graduelle mort de Mill Valley, c'est une façon de goûter le bonheur de vivre qui périt, étouffée par un progrès aveugle. On se souviendra que le film de Siegel avait été perçu comme un message anti-Rouges, celui de Kaufman comme la montée de l'indifférence dans notre société moderne, et celui de Ferrara comme une vision du SIDA ou de la drogue.
Mais, me direz-vous, fidèles lecteurs, ce roman existait déjà en français, il portait même un autre titre : Graines d'épouvante, adopté lors de sa publication chez Clancier-Guénaud ? Si fait, si fait. Mais M. Clancier-Guénaud avait un peu « allégé » le texte ici restauré par M. Denoël. Et pour marquer sa différence, la nouvelle édition revue et corrigée prend le titre des films inspirés de l'œuvre. Titre objectivement idiot, remarquons-le en passant, comme le reconnaît l'édition Denoël elle-même. C'était une ânerie de traducteur cinéma un peu niais : il a confondu les body-snatchers victoriens, dont les plus célèbres restent Burke et Hare, détrousseurs de tombes (ou profanateurs de sépultures, si vous préférez) qui revendaient les cadavres aux médecins férus de dissection, avec ces body-snatchers-ci, qui volent des corps.
Mais foin de tout ceci. Si vous avez déjà goûté les charmes de Finney, vous savez à quoi vous attendre. Le suc de la nostalgie et la saveur de l'existence, une voix calme et enjôleuse, le plaisir. Sinon, profitez de ce classique et félicitez-vous que l'heure de Finney ait enfin sonné en France.
Et si vous devez voir une adaptation cinéma, je suggère celle de Kaufman, dont le « message » est le plus proche du roman de Finney, même s'il est nettement plus pessimiste.
Finney n'a jamais pu s'empêcher de garder confiance en l'homme.
Patrick MARCEL Première parution : 1/4/1994 Yellow Submarine 109 Mise en ligne le : 22/9/2004
Un film très connu, L'invasion des profanateurs de sépultures,a été tiré de ce roman haletant, qui date de 1955 mais n'a guère vieilli. Encore des extraterrestres capables de prendre la forme humaine et de réaliser une duplication parfaite — ou presque — de tout être humain, psychisme compris. C'est un bon thème, dans la ligne du célèbre Père truqué de Dick.
Le narrateur et héros est un jeune médecin un peu stéréotypé mais vivant et attachant. Le suspense glisse au bord de la terreur sans basculer tout à fait dans l'épouvante. La fin est du pur fantastique : l'auteur était coincé et il fallait qu'il s'en sorte d'une façon ou d'une autre. Il a choisi l'autre. Malgré tout, une des meilleures histoires d'invasion que j'aie lue. Ce roman est le premier volume d'une nouvelle collection assez luxueuse et bien présentée.