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Une soirée à la plage

Jacques BARBÉRI

Première parution : Paris, France : Denoël, collection Présence du futur n° 477, novembre 1988


Illustration de Philippe SADZIAK

DENOËL (Paris, France), coll. Présence du futur n° 477
Dépôt légal : novembre 1988, Achevé d'imprimer : octobre 1988
192 pages, catégorie / prix : 4
ISBN : 2-207-30477-9
Format : 10,8 x 17,8 cm  
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Se retrouver échoué sur une planète inconnue n'est jamais rassurant. Surtout lorsqu'un homme ressemblant à une araignée, naufragé comme vous, vous aborde en plein désert comme si cela était tout à fait naturel. Avec une mémoire pulvérisée en prime, c'est carrément l'horreur. Vous vous souvenez vaguement d'un poulpe-pilote, d'une femme sans visage à l'article de la mort, de l'absence de tout système solaire à portée de navette lors de l'accident, mais cela vous assure-t-il seulement de votre existence ? Que vient faire, dans ce puzzle déjà fort compliqué, l'image de votre cadavre dévoré par une horde d'araignées jacassantes ?
 
L'auteur
Né à Nice en 1954, Jacque Barbéri, s'est fait connaître par une série de nouvelles au ton neuf, parfois sujettes à controverses, parues dans diverses revues ou anthologies. Présencedu Futur a publié son premier recueil, Kosmokrim,  en 1985. Il signe ici son premier roman, vertigineuse variation sur une situation classique de la science-fiction.

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
 
    Critiques    
     Barbéri, avec ce premier roman n'en est pas à son coup d'essai : on a publié de lui quelques nouvelles ici et là, puis Denoel a édité Kosmokrim, un recueil qui faisait un peu intello mais dans l'ensemble réussi. Il a participé, depuis aux jeux du groupe Limite et voit l'une de ses productions publiée dans Malgré le Monde. Le passage au roman, pour un nouvelliste n'est pas toujours aisé. Ici Barbéri trouve un stratagème : ses chapitres (Crépuscule de l'araignée, Sac à pattes, Naissance... reconnaissance, L'inspecteur était presque parlait, Voyage dans les îles, Les maîtres d'âmes et les rats du temps. La tête dans les nuages) sont bien encadrés d'un prologue et d'un épilogue (sans compter un paratexte culturel fourni clés en main). Cependant ils se comportent comme des éléments repris de nouvelles qu'un fil narratif aurait reliés, à moins que ce ne soit un lien onirique. Résultat : on a affaire à un texte qui involue plus qu'il n'évolue, un texte qui se donne à lire comme à la recherche de sa source, la quête de ses « générateurs » semble en constituer la dynamique, comme dans les archaïques textes du nouveau roman, avec une thématique évidemment très différente. Dans une certaine mesure c'est un peu la face cachée de La vie sur Epsilon de C. Ollier, lequel faisait du nouveau roman avec des éléments empruntés à la SF. Tentative qui doit réjouir le littérateur en quête de légitimité qui sommeille en tout écrivain (français) de SF. Aussi n'est ce pas un hasard si ce roman reçoit des éloges fleuris de la part de P. Curval dans le Magazine littéraire de Janvier 1989. Cela étant, le lecteur moyen de SF (où je me reconnais) se trouve comme un amateur d'art figuratif devant des toiles abstraites, comme un architecte devant la maison du Facteur Cheval. Remarquez, cela donne à réfléchir, et par endroits, on se trouve devant des trouvailles. Un texte énigmatique donc, sans trop de prétention, et dont un halo d'indéfinissable poésie continue de vivre en la mémoire après qu'on l'a lu, comme dans La ville au fond de l'oeil de F. Berthelot. Est ce une nouvelle « psycho fiction  », et donc le début d'une école française post Brussellienne ?


Roger BOZZETTO
Première parution : 1/2/1989 dans Fiction 405
Mise en ligne le : 24/10/2002


     Trois ans après Kosmokrim (même éditeur, même collection), Jaques Barbéri nous revient avec un premier roman, Une Soirée à la Plage : une vraie bonne nouvelle en des temps bien calmes où il ne se passe et se publie plus grand-chose d'excitant. Egalement une surprise pour ses lecteurs puisqu'il répondait dans une interview, à la sortie de son recueil : « J'ai envie depuis plusieurs années de publier un roman (...) mais instinctivement j'ai toujours écrit des textes qui se situaient dans la zone nouvelle, maximum novella. (...) Je ne sais pas si je pourrai passer du sprint au cross... » Nous voilà donc rassurés ! La navette d'Anjel Ebner s'échoue sur une planète déserte qu'il suppose être Sirtha puisque le vaisseau était à proximité lors de l'accident. Déserte ? Pas tout à fait. Il y rencontre Epeire, l'homme-araignée. Puis « l'enfant à tête de chien, le grand squelette aux os jaunes comme de jeunes soleils, la femme aérienne, transparente et filante comme le vent, son corps de poussière en suspension dans ses gestes impalpables et la fille fleur, couturée de pétales, ruisselante de sève ». Autrement dit Titan, Axolotl, Chrandonya et Graelzia. Lyse aussi. Qu'il aime à en mourir.
     Il comprend peu à peu que ceux-ci sont en fait, avec lui, l'équipage du Kynsos Markusbi, le vaisseau qui devait les amener à destination dans le cadre de l'expérience, et que celle-ci a foiré. L'expérience ? Un voyage collectif sous kinsokaïne, une substance mise au point par le professeur Anton Ravon, permettant à une ou plusieurs personnes de se téléporter en un lieux, spirituellement d'abord, puis, une fois le contact mental établi, physiquement. Le problème est seulement qu'ils ne se trouvent pas sur Sirtha, comme ce devrait. Où, alors ? C'est ce qu'Angel cherchera à découvrir avant de regagner Paris grâce à son animal-pilote. Mais tout dérape une fois de plus : non pas se réveiller dans l'annexe 84 du laboratoire de La Plaie Tripartite, il reprend conscience dans son appartement. Où se trouve également Lyse. Morte. Egorgée,
     Folie ou dérapage de la réalité ?...
     Dire que ce roman est beau, passionnant, captivant, écrit de main de maître me semble faible. Il est admirable, tout simplement !
     Poursuivant là où Michel Jeury s'était arrêté avec sa trilogie dite Chronolytique, il nous offre un voyage époustouflant à l'intérieur de nos têtes qui ne laissera pas indifférent ceux qui avaient aimé, en vrac dans le champ de la SF française, Mais l'Espace... Mais leTemps ... et Krysnak ou le Complot de Daniel Walther, La Forteresse de Coton et L'Homme à Rebours de Philippe Curval, La Vie comme une course de Chars à Voile de Dominique Douay, Nuage d'Emmanuel Jouanne ou La Ville au Fond de l'Oeil de Francis Berthelot.
     Roman-puzzle d'une rare force, Une Soirée à la Plage est à placer sur la même étagère que les ouvrages de Philip K. Dick, Jim G. Ballard, Samuel Delany et Christopher Priest, bien à l'abri, quelque part entre Ubik et L'Intersection Einstein !
     Un seul regret : on se prend à penser qu'il aura du mal à mieux faire...


Richard COMBALLOT
Première parution : 1/10/1988 dans Fiction 401
Mise en ligne le : 7/11/2002


 
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