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L'Extase des vampires

Brian STABLEFORD

Titre original : The Hunger and Ecstasy of Vampires, 1996
Première parution : Mark V. Ziesing, mars 1996

Cycle : Edward Copplestone  vol. 1

Traduction de Jean-Daniel BRÈQUE
Illustration de Marc MOSNIER

DENOËL (Paris, France), coll. Présence du futur n° 589
Dépôt légal : avril 1998
Roman, 240 pages, catégorie / prix : 5
ISBN : 2-207-24680-9
Format : 11,0 x 18,0 cm  
Genre : Fantastique



    Quatrième de couverture    
     L'AVENIR appartient aux vampires ! Telle est la stupéfiante révélation qu'un soir de 1895, à Londres, le professeur Copplestone, de retour d'une série de voyages de plus en plus lointains dans le temps, assène à un cercle choisi d'amis. Parmi eux : H.G.WELLS, un jeune écrivain en passe de publier son propre récit des aventures d'un voyageur temporel, deux savants bien connus, le médecin personnel de Copplestone accompagné d'un certain « Grand Détective », et OSCAR WILDE, qui a entraîné avec lui une vieille connaissance : le COMTE LUGARD. Monsieur le Comte est naturellement fort intéressé. Le monde décrit par le professeur est fait pour lui ! Et la DROGUE permettant d'aller dans le futur, de connaître « l'extase des vampires », il la lui faut ! Même si le Grand Détective veille au grain...
 
     L'auteur
     Brian Stableford, né en 1948 dans le Yorkshire, est l'auteur d'une quarantaine de romans relevant souvent du space-opera, de divers ouvrages de référence et d'une série d'anthologies qui font de lui une figure de proue de la littérature de l'imaginaire anglaise. Sa formation de biologiste et son intérêt pour les mouvements dits « décadents » ont trouvé à se conjuguer dans son évolution récente, qui consiste à traiter les motifs classiques du fantastique sous l'angle de la science-fiction.
 
    Critiques    
     1895. Le comte Lugard, qui a quitté Paris pour Londres à la suite d'un duel ayant mal tourné, est invité par son ami Oscar Wilde à l'accompagner chez le professeur Copplestone. Celui-ci réunit chez lui quelques brillants esprits afin de leur narrer ses expéditions dans l'avenir, suscitant l'étonnement du jeune H. G. Wells qui vient à peine d'achever La Machine à explorer le temps. Mais les révélations du professeur ne s'arrêtent pas là : le monde futur qu'il a visité est placé sous la domination des vampires, qui ont réduit l'humanité à l'état de cheptel. Cette fois-ci, c'est au tour du comte Lugard d'être surpris, car le vampirisme est l'un des crimes dont on l'accuse, et il décide de s'emparer de la drogue temporelle de Copplestone pour visiter à son tour cet avenir radieux. Un seul obstacle sur sa route, l'un des autres invités du professeur, un certain Grand Détective...
     Depuis The Empire of Fear (1988), Brian Stableford a entrepris de revisiter les grands thèmes du fantastique en les abordant sous l'angle de la sf, se livrant en filigrane à une réflexion sur les mythes et les archétypes et construisant une oeuvre aussi originale que passionnante. Cette Extase des vampires, qui n'est que le premier volet d'une trilogie, peut se lire à plusieurs niveaux, tous également gratifiants. On y trouve d'abord ce plaisir caractéristique du courant dit « steampunk » : une plongée dans l'Angleterre victorienne, ce laboratoire intellectuel d'où est sorti notre XXe siècle, où l'on croise des figures connues, historiques ou mythologiques ; on y déguste ensuite une critique du progrès, par l'entremise de ces fondateurs de la sf que sont H. G. Wells et M. P. Shiel, et de ces pionniers de la science que sont Nikola Tesla et sir William Crookes (relire à ce titre Les Grandes Profondeurs de René Reouven) ; on y savoure quelques considérations bien senties sur la création littéraire, à la fois dans le roman proprement dit et dans la postface pince-sans-rire qui l'accompagne ; on y découvre enfin un véritable univers de science-fiction qui, s'il est construit sur des bases très rationnelles, n'en est pas moins imprégné de terreur et d'émerveillement.
     L'Extase des vampires est un oiseau rare : un roman à la fois riche et concis, lucide et généreux, qui pousse à la jubilation tout en encourageant à la réflexion, et capable de séduire à la fois le néophyte et l'amateur éclairé, car si celui-ci dispose des connaissances lui permettant d'en savourer tout le suc, sa lecture ne peut qu'inciter celui-là à les acquérir.

Paul DUVAL
Première parution : 1/6/1998 dans Galaxies 9
Mise en ligne le : 1/2/2001


     Installé à Londres depuis un mois seulement, le comte Lugard n'y connais pas encore grand-monde dans les cercles mondains. Mais il a déjà su conquérir l'amitié d'Oscar Wilde, qui l'invite un soir à l'accompagner chez un certain professeur Edward Copplestone, grand voyageur et racnteur célèbre qui aurait, dit-il, des révélations à faire à un cercle choisit d'auditeurs. Outre Wilde et le comte, se trouvent donc réunis le soir du 12 janvier 1895  : deux savants renommés, sir William Crookes et Nikola Tesla, deux jeunes écrivains prometteurs, H. G. Wells et M. P. Shiel, un médecin généraliste et son étrange ami, un détective privé dont il relate les exploits dans les pages du Strand.
     Au cours d'un long monologue, Copplestone va exposer à ses invités le récit des voyages qu'il a effectué sous l'influence d'une drogue. Des voyages qui, croit-il, l'ont projeté toujours plus loin dans un avenir terrifiant... Un avenir dominé par les vampires, dont la race devrait peu à peu supplanter celle des humains.
     Tout à la fois fièvreux (comme les visions de Copplestone) et compassé (du fait de la forme figée d'un monologue), ce court roman de l'écrivain et critique britannique Brian Stableford est un bel exemple de steampunk très littéraire. Extrèmement référentiel (non seulement faut-il connaître quelque chose des écrivains mis en scène ici comme personnages — et M.P. Shiel est plutôt méconnu sur nos rivages — , non seulement faut-il reconnaitre Watson et Holmes — à moins qu'il ne s'agisse de Doyle et d'un mystérieux modèle — , mais toute l'atmosphère et l'imaginaire relèvent de l'époque victorienne), L'extase des vampires autorise pourtant une lecture au premier degré. S'il faut le comparer avec une autre œuvre steampunk, ce ne sera pas avec l'énergie ludique du Tim Powers des Voies d'Anubis, non plus qu'avec l'aventure échevelée des Conjurés de Florence de McAuley, mais bien plutôt avec du René Réouven ou Time Ships de Stephen Baxter  : on y trouve la même noirceur de vision, la même froideur narrative, la même jubilation érudite. Ce style de textes est-il véritablement accessible au grand public ? On me permettra d'en douter. Il me semble plutôt qu'il s'agit d'une approche assez élitiste du steampunk — ce qui n'invalide pas du tout la qualité de cette démarche, seulement son potentiel commercial.
     Un potentiel commercial encore diminué, me semble-t-il, par le fait que L'extase des vampires ne peut se lire isolément. Une suite existe en effet, poursuivant l'histoire par le récit d'Holmes et les voyages de Wilde. Les éditions Denoël nous l'offriront-elles, en dépit des bouleversements qui secouent actuellement sa direction ? Nous ne pouvons que le souhaiter 1.

Notes :

1. NDA (mars 2002)  : Hélas, cette suite n'est jamais parue, ainsi que je le craignais à l'époque de la rédaction de cette chronique.

André-François RUAUD (lui écrire)
Première parution : 1/7/1998 dans Bifrost 9
Mise en ligne le : 21/3/2002


     Nous voici, avec ce texte, loin du ressassement propre aux ouvrages à thème vampirique qui fleurissent depuis le succès d'Anne Rice. Il s'agit ici d'une perspective neuve et ouverte sur un futur d'où les humains auront disparu. Mais à la différence de Je suis une légende, le héros n'est pas le dernier homme ; ce serait plutôt le premier des vampires d'une nouvelle génération. Cependant, Stableford ne nous emmène pas de façon directe et linéaire vers ce futur vampirisé. Le texte se construit sur plusieurs plans, à la manière d'un puzzle. Ajoutons que l'auteur, dans une postface savoureuse, comme un bon magicien qui explique ses tours, donne en quelque sorte un mode d'emploi sans pour autant démystifier.
     Qu'abrite donc ce roman ? Prologue en 1894 et en France : un comte anonyme venu d'ailleurs se bat en duel avant le lever du soleil, et tue un jeune homme qui l'avait traité de vampire. A Londres, où Oscar Wilde l'entraîne à une soirée, le comte en fuite prend en charge le récit. A cette soirée, il écoute un savant qui prétend avoir voyagé dans le temps par la grâce d'une drogue de son invention. L'expérimentateur temporel narre sa première excursion et montre que les vampires ont remplacé les hommes comme espèce dominante. Il se voit alors accusé de plagiat par un jeune écrivain qui a lui-même, quelques temps auparavant, écrit à propos des voyages dans le temps. Bram Stoker, invité, est absent de cette soirée.
     Le deuxième voyage ne donne pas lieu à ce type de rencontre. Ici, pas plus de Morlocks ou d'Eloïs que d'hommes réduits à l'état de cheptel que des vampires traient dans des usines propres comme des laiteries. C'est maintenant le monde de la fable : les vampires, qui n'ont plus besoin des hommes et de leur sang — ils ont trouvé mieux, s'amusent à recréer des chimères, satyres ou autres centaures, pour le plaisir !
     Que nous réserve le dernier périple ? Le conteur meurt, mais il laisse un manuscrit, qui donne à percevoir l'univers avec la perspective de l'un de ces surhommes incarnés par les vampires du futur. Il laisse aussi la drogue qui permet ces voyages ainsi que la formule pour la composer. Devinez qui s'en empare et s'envoie dans le futur avec sa vampirette préférée ? Seul un gentleman perspicace, qui vit à Baker Street, soupçonne le comte sans nom, mais il ne peut rien faire.
     Réussir à convoquer Wilde, Wells, Dracula et Sherlock Holmes, sans parler de Stapledon et des autres, pour décrire la fin de notre univers humain, et le faire avec humour, c'est un véritable tour de force.


Roger BOZZETTO
Première parution : 1/7/1998 dans Ténèbres 3
Mise en ligne le : 3/4/2003


     Quand la machine à remonter le temps intéresse des gens comme Lord Byron ou Arthur Conan Doyle, quand les vampires peuvent traverser les années aussi facilement, cela donne un roman étrange qui ressemble à son auteur. Brian Stableford a l'habitude de mélanger les genres, d'écrire de la science-fiction en disant au reste du monde que c'est de la fantasy ou de l'horreur. Il s'amuse et nous amuse à nous balader dans les arcanes des différents genres, à nous faire rire sans jamais se prendre au sérieux, à s'amuser de sa propre alchimie... L'extase des Vampires n'est pas un grand roman mais il a l'avantage de faire rêver, de faire rire et d'être différent.

Sara DOKE
Première parution : 1/3/1999 dans Phenix 50
Mise en ligne le : 3/11/2003


 
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