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Le Navire des glaces

Michael MOORCOCK

Titre original : The Ice Schooner, 1969

Traduction de Jacques GUIOD
Illustration de Pierre FAUCHEUX

LIVRE DE POCHE (Paris, France), coll. SF (1ère série, 1977-1981) n° 7030
Dépôt légal : 3ème trimestre 1978
Roman, 320 pages, catégorie / prix : 3
ISBN : 2-253-02044-3
Format : 11,0 x 16,5 cm  
Genre : Fantasy


Autres éditions
   in Catastrophes, OMNIBUS, 2005
   in Le Navire des glaces / Le Programme final, OPTA, 1972
   POCKET, 1988, 1991

    Quatrième de couverture    
     Certains racontent qu'autrefois la Terre était couverte de forêts, de prairies, de déserts et d'océans et que la glace et la neige n'étaient présentes qu'en certaines régions où durant une certaine saison.
     Mais depuis, il y a eu une guerre.
     Tout a changé. La glace recouvre le monde.
     Les hommes vivent désormais dans des cités-crevasses.
     Leur existence est celle des marins et des pêcheurs de jadis.
     Mais si leurs navires ont des voiles, ils ne connaissent qu'un océan solide et gris, celui de la gloire éternelle.
     Le schooner de Konrad Arflane est le plus beau bâtiment de la cité de Brershill.
     C'est à son bord que Konrad mettra le cap droit au nord, sur la mythique cité de New York...

    Cité dans les Conseils de lecture / Bibliothèque idéale des oeuvres suivantes :    
 
Albin Michel : La Bibliothèque idéale de SF (liste parue en 1988)

 
    Critiques    
 
     DANS LA POCHE

     Michel Demuth, outre ses talents de traducteur, dirige avec soin l'entreprise de réimpression d'ouvrages de valeur en Livre de Poche. La rentrée nous apporte une nouvelle cargaison de titres. Pacotille, verroterie ou purs joyaux ?
     Je ne m'attarderai pas sur Le son du Cor de Sarban (ex-Galaxie Bis). Depuis Rêve de Fer, de Spinrad (rééd Livre Poche) les ouvrages sur le IIIe Reich, en SF, pâlissent même quand ils sont excellents. Alors, celui-ci... L'Ultime Fléau de Pohl (ex-Calmann Levy) n'est pas un des meilleurs de l'auteur. Malgré quelques scènes hallucinantes et une écriture thriller qui peut séduire, c'est d'une honnête moyenne, sans plus. Voilà pour la verroterie. Restent les joyaux : Le navire des glaces de Moorcock (ex-Opta) et Le monde de Rocannon de Le Guin (id).
     Ces deux ouvrages, que rien en apparence ne rapproche ont une qualité commune, et qui se fait rare dans la SF par les temps qui courent. Ce sont des ouvrages lyriques, où les descriptions sont envoûtantes, et qui font appel à cette chose si démodée qui est l'identification du lecteur au héros et aux problèmes auxquels il s'affronte. Ce monde des glaces a parfois des relents du monde de Jack London, sans la moindre intention parodique. Ni le monde extérieur de Rocannon, ni cette Terre, sous les glaces ne sont notre monde ; nous ne partageons pas les convictions, croyances, superstitions des uns et des autres, leurs problèmes sont spécifiques : mais ils nous restent accessibles. Le lecteur se trouve devant un monde « décalé » — comme, par d'autres moyens chez Tolkien — ce qui n'empêche pas l'identification par empathie, mais permet assez de distance pour le plaisir de l'exotisme. En plein dans l'univers de la « Romance », loin du roman « réaliste » (Novel). Très souvent, la SF, par souci de respectabilité de faire sérieux (jeune cadre ou jeune savant dynamique, ou contestataire homologué) a voulu « concurrencer l'état civil » futur, nous ramener de la vision de l'étoile à celle des égouts : et c'est une bonne chose, cette oscillation entre le rêve et la dureté du réel c'est dans ce balancement que nait à la fois le futur et la SF. Parfois, néanmoins, comme ici, la SF s'offre (et offre au lecteur), une liberté — non pas de l'imagination, car les schémas narratifs sont très classiques, sauf dans les descriptions — une liberté de vagabondage.
     En outre, ce Navire des Glaces, rapproché des mondes de Ballard, de Pavane de K. Roberts (Livre de Poche) et des Camps de Concentration de Disch permettent de saisir une unité thématique secrète dans le groupe des auteurs qui gravitaient autour de New Worlds. Pas simplement dans leur projet, de donner à la SF des armes venues de la littérature moderne, mais au niveau de l'idéologie, se dégage un horizon singulier. L'ouvrage de Le Guin renvoie à ces chroniques d'un futur impensable, si proche et si lointain de celui de Cordwainer Smith (que le Livre de Poche devrait envisager de rééditer) et qui ont remplacé, dans le genre du rêve ces sortes d'histoires du futur qui avaient mobilisé, en leur temps Heinlein, Anderson et même Michel Demuth. Quel sens peut-on trouver à cette dérive loin de l'histoire, vers l'univers du conte ? Est-ce la preuve que de plus en plus l'histoire future échappe à ceux qui sont censé l'imaginer ?

Roger BOZZETTO
Première parution : 1/12/1978 dans Fiction 296
Mise en ligne le : 11/4/2010

 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition POCKET, Science-Fiction / Fantasy (1988)


     La planète est recouverte d'une immense calotte glacière. Les hommes se sont adaptés à ces nouvelles conditions de vie et se sont inventés une mythologie autour de la Glace-Mère.
     Konrad Arflane, capitaine sans vaisseau de glace à commander, quitte sa ville natale pour réfléchir à son avenir. Il envisage de se laisser mourir... Mais en chemin, il sauve un homme mourant qui n'est autre que Pyotr Rorsefne, l'Amiral en chef de la plus puissante cité des glaces. Celui-ci lui fait part de son intention de lui donner le commandement du plus grand de ses vaisseaux, L'Esprit des Glaces, afin qu'il dirige une expédition vers New York, la ville mythique où les légendes situent le siège de la Glace-Mère.
     Le voyage commence dans une morne ambiance. Arflane s'est entiché de la fille de Rorsefne. Or, elle est mariée et son époux la surveille de près.
     Deux compartiments de ce roman sont fascinants. Il ne s'agit pas de l'aventure en elle-même qui s'avère finalement assez banale et d'une lecture sans passion, excepté les premiers chapitres. Ce qui prédomine dans ce livre, ce sont les personnages qui tissent tout au long de l'histoire des relations compliquées et changeantes et l'univers inventé par Moorcock, ce monde de glace où les voiliers glissent sur des patins et où les marins sont pour la plupart de rudes chasseurs de baleine à demi-civilisés.
     Cet accouplement entre une richesse psychologique peu familière aux romans de science-fiction et une rudesse dans l'imagination d'un décor froid comme la glace et néanmoins attrayant conduit à faire de ce roman une réussite en dépit, je le répète, d'un scénario incomplet.
     Ceux qui aiment les romans lents, les romans d'atmosphère, seront ravis. Les autres s'ennuieront un peu, sauf s'ils se laissent envoûter par la magie des glaces...

Éric SANVOISIN
Première parution : 1/7/1988
dans Fiction 399
Mise en ligne le : 27/3/2003




 
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