Bio

Mandy, nom d’artiste de Philippe Mandilas, est né à Paris en 1956.
Il est guidé dans l'apprentissage de la peinture par l'étude de maîtres d'époques et d'écoles différentes, de Bosch à Dali. Il découvre, exposés à la galerie Bijan Alaam à Paris, les œuvres de H.R Giger, J.M Poumeyrol, C. Foss, Druillet, toute une génération de peintres contemporains qui le poussent à délaisser les huiles pour l'acrylique et découvrir l’aérographe. Cette nouvelle matière lui permet d’affiner lumières et textures pour explorer plus en détail un univers étrange peuplé d'êtres sans visage, mélange de chair, de cuir et de métal, veinée de circuits imprimés ou prolongée d'excroissances végétales.
De l'espace profond au cyberspace, tout invite à jouer avec les perspectives pour mieux plonger au cœur du tableau et permettre à l'image de "fonctionner" dans tous les sens.
Il expose ses toiles en France et à l'étranger depuis1977, à la galerie Nunki puis à la galerie Furstenberg à Paris.
Prix Art Top Magazine en 1983 et Prix spécial du jury en 1985 au Festival d'art graphique d'Osaka (Japon).
Il réalise de nombreuses illustrations de couvertures pour romans, magazines, jaquettes de vidéo, boitiers de jeux, poster, pochette de CD, etc...
En 1998, commence une collaboration avec l’auteur Jean-Marc Ligny sur un projet multimédia dans l’univers des Chroniques des Nouveaux Mondes, projet soutenu par le département multimédia des éditions Flammarion. Suite à la fermeture de ce département par l’éditeur, seul le roman Les Oiseaux de lumière verra le jour dans la collection Millénaire des éditions J’ai lu en 2001 et sera récompensé la même année par le Prix Tour Eiffel.
En octobre 2000, il participe à la création des éditions Au diable vauvert et y exerce la fonction d’éditeur jusqu’en 2009, tout en continuant de peindre et d’exposer. Depuis, il a retrouvé son chevalet à plein temps, a ajouté à ses pinceaux le stylet et la tablette graphique, et navigue entre peinture traditionnelle et image numérique.


LE LIVRE D'OR DES ECRIVAINS
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Alex Jestaire
Ce soir je me fais une virée dans la Noosfère du kamarade Mandy. Aux commandes de mon module de navigation flambant neuf, aux quatre coins du multivers du Net, j'avais un grand choix pour la nuit : plonger dans le vortex illimité des films en streaming, faire de la synchronie polyphonique sur des forums culturels, rencontrer une partenaire fluidique dans les vergers de la romance numérisée - j'aurais pu Facebookiser, Myspaciser, Wikipédier, j'aurais même pu Doctissimer ou carrément échouer dans les hypermarkettes de la pornographie pixel... Et au lieu de ça, qu'est-ce que je fais hein ? Et ben je prends ma bite et mon couteau, et je pars dériver dans la bulle du Kamarade Mandy - ce qui n'est pas peu risqué vu que c'est un territoire mal référencé sur les cartes - une sorte d'île rocheuse, genre météore grec, à laquelle on accède en cathédrale volante, et où s'élève un immense temple-montagne couvert de portails dimensionnels qui te projettent dans des univers subréalistes hautement instables - c'est pas pour les mauviettes.
Moi j'ai tout bien préparé - je me suis commandé un assortiment de food fascism au japonais du bloc ouest de La Défense - j'ai deux grosses bonbonnes de glucose bulleux à portée de main - mon fauteuil est en position hypermode, ergonomique 200% -  j'ai le clickpad sous l'index gauche, le bout d'afghan pas beaucoup plus loin - mon croiseur est à plein régime - la turbine I-Tune chauffe un jus noir d'Ozric Tentacle - je suis prêt à transiter.
J'ai repéré une poignée de portails que je veux essayer en priorité - j'ai un faible pour les univers au broux de noix - les overdrives lovecraftiens - les trucs sensoriels - mais je veux aussi visiter le Quartier Sud en Chevrolet, fumer de l'opium avec Maître Chazam et faire un tour de la ville en feu sur la moto du Born Killer - rien que ça. Alors bon, je sais pas dans quel état je serai à la fin de la nuit, mais un truc est sûr : si quelque chose venait à couiller, ben c'est sans filet - pas de pub cliquable rassurante type "Vanessa 17 ans veut te rencontrer" pour t'offrir un plan de fuite - non. Si quelque chose déconnait - si je me retrouvais happé dans un délire cyber-subversif ou une distorsion schizoïde due aux capacités artistiques bio-autonomes de l'entité Mandy qui a produit cette Montagne des Mondes - et bien il ne resterait que le débranchage à sec - fermeture d'onglet définitive - ou le choix de rester, et de plonger plus profondément encore dans la structure en envoyant mes capteurs Google cartographier les courbes narratives des constructs romanesques sur lesquels débouchent certaines de ces portes. Un monde à l'intérieur d'un monde à l'intérieur d'un monde.
Bon, mon avatar est en mode safari - on se recroisera sans doute là-bas si vous rentrez - peut-être au milieu d'une orgie biomécanique, vu qu'il en a quelques-unes. Sérieux, c'est pas dans World of Warcraft que vous verrez ça ! Mais comme je vous disais : c'est pas pour les mauviettes. Allez, j'y vais. AAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHH !!!!

Marin Ledun
Le mot qui me vient à l'esprit face au travail de Mandy, c'est : corps. Le corps féminin, d'abord, omniprésent, lancinant, érotique ou érotisé, tendu comme un arc ou élastique, hurlant sa jouissance au monde. Le corps fracturé, ensuite, sans visage, celui qui souffre, qui inflige la douleur ou la subit, que l'on éparpille au gré des couleurs et des mondes qu'il imagine. Mais surtout et avant : le corps au travail, le corps travaillé, le corps déjà-là et en devenir. Le corps désacralisé, technologisé et anonyme.
C'est sa grande force : utiliser le corps humain comme un ensemble de possibles. Imaginer qu'il est tout sauf une donné figée. En faire un objet en constante évolution. Le prendre comme une matière qu'il peut triturer, réduire, étirer, malaxer et creuser à souhait, comme si chaque jour il fallait le réinventer, modestement, par petite touches successives, dans le silence et l'anonymat de l'atelier. Le saisir comme une perpétuelle et magnifique utopie. Semeur de mirages ? Je dirais plutôt : travailleur du corps. Quoi de plus concret ?

Ayerdhal
Je ne connais pas très bien Mandy. Les milliers d’heures que nous avons passé à défaire le monde ensemble ne m’ont pas suffi à en faire le tour, mais personne ne peut en faire le tour : ce garçon est trop large d’épaules, à l’intérieur, et c’est bien là que ça compte. J’ignore combien nous avons descendus de bouteilles à deux, mais il faut reconnaître qu’elles l’ont bien cherché. Toutes sortes de bouteilles, des qui se boivent, des qui se fument, des qui sont numérotées de 1 à 20 dans le désordre et qu’on massacre avec des fléchettes. On a aussi torturé quelques chemins avec des boules en fer en essayant d’y enterrer une autre boule, en bois celle-ci, et plus petite. Et puis on a visité Rome tous les deux, surtout le port, côté ferries : Mandy avait trouvé une petite Génoise toute perdue dans sa Berlusconie fatale et nous sommes allés la délivrer – aujourd’hui c’est elle qui l’a libéré de la Sarkosie… ça craint, l’Europe. Quand on sera vieux avec Mandy, le monde sera mort et nous on sera toujours jeunes et beaux et pas gentils, alors il continuera à lire mes conneries et je continuerai à admirer ses crabouillons. Parce que Mandy, il peinturlure. Il est peinturluriste. Mais c’est pas ça le plus chouette. Le plus chouette c’est que je suis son ami.

Grégoire Hervier
Mystérieux visages se pétrifiant en cités organiques,
Antiques astronefs échoués sur des rivages hypnotiques,
No Man’s Lands peuplés de créatures silencieuses,
De crânes narquois et de Vénus voluptueuses.
Y a-t-il un charme secret pour que ces pyramides de gypse
Et ces cathédrales défiant les cieux menaçants
Si doucement éclipsent
Tout ce qui entrave l’apaisement ?
Un indicible mouvement, une étrange sensation,
Naît de la contemplation de ces univers en fusion,
Guidant notre esprit vers de lointains horizons,
Epurés, sensuels, par delà la raison.
Ne reste plus qu’à embarquer avec insouciance,
Imaginer et dériver,
En un salutaire silence.

Thomas Clément
Bravo pour tes peintures.
Bon, c'est clair que c'est pas trop mon univers mais le taf est impressionnant !

Gin
Mandy’s slam
Dans la grande rue des illustrateurs
Il y a des fous, des mômes couleurs
Et y a l’Mandy d’acryliques échevelées
Qui fouille le prisme, bâtit, bien structuré.

Dans son atelier éclairé d’un flambant babouze
C’est sur ses toiles, de symboles pour partouzes
Hirsute coiffé pour danser la Javaérographe
Une guinguette en palette, c’est Mandy qui paraphe

Puis il a connu la rue de l’édition
Hardi bosseur, ses épreuves d’impression
Bien lues, relues et souvent approuvées
Mais sa vie n’est-elle pas d’abord, de créer

Il a taffé comme un fou qui se lève parfois tard
Pas d’heure matin, on s’en fout c’est ringard
Mais il fait nuit, on s’en fout, c’est ainsi
Passion-raison, l’imagination pour habits

Puis les salons d’auteurs, ont fait de lui un vrai prince
Bouffe du sifflard, apéro, Mandy rince
Chromique attitude, j’ai la gouache mon amour
Le gars dessine, brosse un peu, prend des tours.

Et puis un jour, il a dit je m’en vais
L’édition c’est fini mais sachez qu’j’vous aimais
Suis sûr d’une chose, c’est revenir au visuel,
Mon métier en question,  mon destin est sensuel.

C’est comme ça, qu’il va nous r’faire plein de toiles
Des dessins en foisons, ses pigments se dévoilent
Ses auteurs d’antan se souviendront de lui
Comme d’un gars bien, d’un artiste, d’un ami.

Johanne Chasle
Tout comme l’œuvre, l’être – ses merveilles, ses désirs et ses obsessions – sont impossibles  à cerner, le mystère est trop grand ! Mais la tentation est forte de circonscrire une part de l’énigme mandyenne dans une anecdote vécue : un tour de char dévoile un soupçon de l’anima de l’artiste : Une route du Gard, de grès et de cailloux moulus, rien en vue, que la terre assoiffée, un soleil cru, et des arbustes arides. Mandy, impassible, au volant, le visage fermé, profondément ancré dans une pensée, impossible à déchiffrer. Mandy qui bondit, non, pas comme un chat. Mandy, c’est le mouvement reptilien, qui rappelle la gestuelle de Tom Waits.
— T’as vu ! T’as vu !
Moi, j’ai rien vu. Que l’horizon brûlé par le soleil.
— Le lézard ! Il a traversé devant nous ! 
Mandy vibre, ses yeux prennent la teinte de jaune et d’ocre des reptiles, enfin, c’est l’impression indélébile qui en restera toujours. 
...
Pour moi, il est un très ancien reptile, devenu homme par accident. Le chaman amérindien dirait qu’il a le majestueux reptile du début de la création comme totem (guide-animal). D’ailleurs, selon les amérindiens toujours, les personnes qui possèdent l’énergie du reptile sont extrêmement rares ! (more power to you, babe !)
Cet Esprit du reptile se retrouve dans ses œuvres. Transformation, énergie vitale, sexuelle, symbole de mort et de renaissances successives, et l’élément « feu » – passion et désir.
...
De retour à la galerie – entre les mots qui surgissent : initiatique, archétypal, reptilien, début et fin d’un monde, vibrations tactiles, lumière et teintes pénétrantes, mobilité, brillants cadrages, maîtrise de l’art de la perspective, mutation : mue et mutants, femmes classiques en état de perdition, femmes sensuelles dans des mondes sans pitié, irrésistibles, inqualifiables ET je veux ça en BD anthologique..., – le désir de revoir un des maîtres du passé, Richard Michael Powers (1921-1996).
Dans la lignée de créateurs et de créations du futur inversé, l’œuvre de Mandy, hypnotique, géniale, irrésistible et très adulte !, parle haut et fort !
...
Le chaman dit que de rêver d’un reptile annonce une grande transformation, l’approche d’une forme de la perfection désirée. Mandy, je rêve à toi ! Je rêve que la vie t’apporte tout le succès, la beauté  et la fascination qui émanent de toi ! Love U always!
Montréal, Québec, 27 août 2009.

James Flint
Mandy's paintings of future evolutionary pathways and interstellar architectural fantasias owe something to both H.R. Giger and William Blake, as well as to the classic science fiction cover art of the 1960’s and 1970’s.
What he brings to the genre, however, is a Meditterranean sensibility. Mandilas dreams of the insect life of the Petite Camargue, the bellies and breasts of North African women, and the bullfighters that shuttle across the Spanish/French borders, and these images suffuse his paintings, distorting the Teutonic forms so beloved by his predecessors into a series of new visions that are somehow both more alien and yet more of this Earth.

Meneas Marphil
Ce que le cœur Mandy

Comme je descendais des fleuves… indicibles,
je me sentis happé par des flots de couleurs.
De hauts rouges criards faisaient de moi la cible
de vivantes épées et d’étranges douleurs.

Des rêves égarés prenaient corps dans l’espace.
Lors, je guidai hors piste mon vieux bateau destroy,
telle une Arche fuguant vers ce large où s’effacent
les ombres pénitentes et autres Albatroys.

Par vent en poupe et foc l’île fut bientôt mienne,
attirante et dressée, toute en galbes d’airain,
m’ouvrant les horizons de son corps d’Aquatienne
comme un port décalé espère son marin.

Subtile co-errance, tout vint à mon regard ;
La route des Géodes, les bois de l’Arbre à rêves,
et le cri du Veilleur sur mon silence hagard…
L’île au métal aimant m’accaparait sans trêve.

Heureux et irradié, je poursuivis ma route
vers les cités perdues de ces peuples sans nom.
Ici était un temps qui ne laissait au doute
que son puant squelette et son triste renom.

Je savais ces endroits comme lieux de naissance !
Tout m’était havre et port où poser mes espoirs,
là mon vaisseau d’antan, là ma terre-démence,
tout ce que j’avais cru englouti au grand soir.

Mais non ! Ici j’étais, je suis, serai encore
sur ces empreintes d’ombre, Ô semeur de mirages !
Pour ces dé-corps, pour ces orages,
et ces accords que l’on fait siens,
merci Mandy l’imagicien.

Philip Le Roy
Quand on se retrouve face à une toile de Mandy, on passe dans une autre dimension. Il ne s’agit pas ici de contempler béatement un pot de fleurs, un paysage coquet, un poseur guindé ou un gribouillage aussi vite torché qu’un chèque de marchand d’art, mais d’expérimenter une téléportation. Oui, oui, comme dans Star Trek. Attention à la claque, on passe à la vitesse supérieure, celle de la lumière et du cyberspace. Par une prouesse relevant du miracle, l’hyperréalisme se mêle ici à l’imaginaire, le labeur au génie, la sensualité à la technologie, le monstrueux au divin, le rêve au cauchemar, le coït à la mort, ingrédients aussi inconciliables que l’eau et la peinture à l’huile. Mandy le magicien, à coups de précisions hallucinantes et d’élans artistiques, nous guide aux mille coins de l’univers et du temps. Parfois ses œuvres me propulsent dans un futur que je ne connaissais pas. Parfois, elles me ramènent aux années soixante-dix quand dans la longue file d’attente du Grand Rex, je bavais pendant des heures devant les affiches de Siudmak qui illustraient le Festival Fantastique de Paris. C’est ma madeleine à moi, organique et mécanique, plus George Lucas que Marcel Proust, plus du côté de chez Alien que du côté de chez Swan, plus à la recherche du futur que du temps perdu. Ces visions saisissantes vous racontent des histoires (pas étonnant que Mandy ait illustré de nombreuses couvertures de romans) et vous emmènent loin de la grisaille sur des airs de Space Rock, un peu comme si Tangerine Dream, Godspeedyou!Black Emperor ou les Pink Floyd d’Interstellar Overdrive avaient jeté sur toiles leurs notes de musique.  Dépaysement fulgurant et étrange intemporalité… c’est à un véritable trip à l’acrylique que nous convie cet artiste hors normes.  A coup sûr, vous en ressortirez chamboulé et plus intelligent.

Aïssa Lacheb-Boukachache
Quand on se promène chez Mandy, chez lui, dans sa maison, on se croirait dans un musée où les toiles accrochées aux murs se poussent jusqu'au plafond, les escaliers … On n'est plus chez un éditeur, on est chez un peintre. Au premier coup d'oeil, moi qui ai l'instinct des peintures chères, j'ai remarqué toute la valeur artistique de nombre de ces toiles. J'ai ce don de savoir rapidement qu'un tableau est plus que ce qu'il montre immédiatement, qu'il est au delà de nos perceptions superficielles, qu'il faut l'aller chercher loin … Et ce qui nous est donné là relève d'un Maître en son mystère et son art.

Roland C. Wagner
Lisses visages indigo d'androïdes sans mémoire, architectures cyclopéennes plongant leurs fondations dans la mémoire collective de ce siècle, une technologie sans rien de clinquant qui refuse le flambant neuf : la corrosion ronge le métal, la mousse grignote les façades. Impermanence.