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Pierre Pelot

(France ; 1945)

Denis GUIOT

Le Monde de la Science-fiction. M.A. éditions, 1987

          Pelot est né à Saint-Maurice-sur-Moselle, un petit village en plein coeur des Vosges. « J'ai toujours vécu ici, explique-t-il à Daniel Walther, venu l'interviewer dans sa maison isolée au milieu de la forêt. J'y suis né et j'ai choisi d'y rester. De ma part, il ne s'agit pas d'une attitude. J'ai refusé de partir, et ça n'a pas toujours été facile. Un village de deux mille habitants, cela n'était pas évident. Tu vois, j'étais le fainéant communal et c'était parfois difficile à supporter. Mais je voulais écrire. Vivre en écrivant. J'ai toujours eu besoin de ça, c'est ma liberté (... ). Une de mes fiertés, c'est que je me suis fait admettre ici, dans mon village, comme écrivain » (Année 78/79 de la SF, Julliard).
          Son premier roman date de 1966, c'est un western Sur la piste des Dakotas (Marabout). Vingt ans plus tard, il a dépassé les 120 romans : westerns, romans pour la jeunesse, polars, S-F. Raconteur d'histoires avant tout, Pelot commence sa carrière d'auteur de science-fiction au Fleuve Noir en 1972, sous le pseudonyme de Pierre Suragne, où il publie une dizaine de romans jusqu'en 1975, dont certains sont d'authentiques chefs-d'oeuvre : La septième saison (1972), son premier Fleuve, Et puis Les loups viendront (1973), le dickien Mais si les papillons trichent (1974) et surtout Une si profonde nuit (1975) : après la Grande Guerre du Hym, l'humanité est devenue aveugle. Dans cette nuit perpétuelle, naissent des jumeaux, Jahel et Syll, deux êtres différents, hors de la normalité puisqu'ils ont les yeux que possédaient leurs ancêtres. Sont-ils les Sauveurs de leur peuple ou tout cela n'est-il que mensonges et illusions ?
          En 1977, Pelot (qui, soit dit en passant, n'est pas non plus son vrai nom) éclate littéralement avec six titres, dans des collections aussi différentes que J'ai Lu, Présence du Futur, Presses Pocket, Ailleurs et Demain et Fleuve Noir Anticipation. Citons tout particulièrement Le sourire des crabes (Presses Pocket), qui est un cri rageur, une explosion de colère, une virée sanglante le long des autoroutes du pouvoir et Delirium Circus (J'ai Lu) : dans l'univers clos de la roue à aubes régie par les lois du showbiz, tout est factice. Aidé par Marylin, Citizen, prenant conscience de son aliénation, décide de découvrir ce qui se cache derrière le Dieu-Public.
          Dénoncer notre société de faux-semblants, dévoiler les « décors truqués », telle est l'obsession de Pelot. Suivront entre autres, La guerre olympique (Présence du Futur, 1980), Kid Jesus (J'ai Lu, 1981), Mourir au hasard (Présence du Futur, 1982) dédié à Bill Deraime « comme une manière de blues ». Mais comment être sûr que l'on vous écoute ? Du fond de son cratère, Ron Dublin écrit des histoires avec sa machine à raconter, les poste, reçoit de l'argent, des exemplaires imprimés... mais si personne ne les lisait ? Si le monde, hors du Cratère n'existait pas ? (Le sommeil du chien, Presses Pocket, 1979).
          L'engloutissement tentateur de la schizophrénie est tapi au coin de chaque phrase d'une oeuvre brûlante comme une mauvaise fièvre qui, au fil des années, va devenir de plus en plus noire, désespérée. Commencé en 1981, le cycle des Hommes sans futur est l'histoire de la fin de l'Homme, sans tambour ni trompette, supplanté par ses propres enfants, les Supérieurs, tout comme naguère l'homo sapiens avait détrôné le singe. A propos d'un des derniers Fleuve Noir, Mémoires d'un épouvantail blessé au combat (1986), Andrevon écrit : « Pelot, c'est net, est une sorte de David Goodis de la déchéance sublime et dérisoire » (Ecran Fantastique n° 74). Pourtant, la tendresse de l'auteur pour ses personnages englués dans de vertigineux cauchemars statiques est toujours présente, bourrue, incandescente, déchirante. A son image.

          Lecture

          -Les îles du vacarme (Presses Pocket, 1981)
          -Le cycle des Hommes sans futur (Presses Pocket) comprend : Les mangeurs d'argile (1981), Saison de rouille (1982), Soleils hurlants (1983), Le père de feu (1984), Le chien courait sur l'autoroute en criant son nom (1984) et Ce chasseur-là (1985).

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