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John Varley

(USA ; 1947)

Denis GUIOT

Le Monde de la Science-fiction. M.A. éditions, 1987

          Passionné de physique, le jeune John rentre à l'Université de Michigan. Mais quand il se rend compte que cette science — qu'il avait découverte à dix ans dans les romans d'Heinlein, son auteur préféré — nécessite des connaissances mathématiques de très haut niveau, il abandonne tout et « prend la route », vivant pendant des années comme un marginal, avant de se lancer à corps perdu dans l'écriture, en 1974. Les clés du succès de Varley sont, sans doute, à chercher dans cette équation personnelle : goût pour une hard SF irisée de surréalisme (l'auteur joue à pousser la science dans ses derniers retranchements, à la presser avec humour et poésie pour en extraire l'inquiétante étrangeté), ingrédients de la SF classique qu'il n'utilise que pour mieux les détourner avec intelligence et une sensibilité à la Sturgeon — qui est son deuxième auteur préféré — pour décrire ses personnages, souvent des femmes d'ailleurs. Cette « Varley touch » est particulièrement reconnaissable dans les deux novellas Frappez : entrée (Press : enter, 1984) et Champagne bleu (Blue Champagne, 1981) réunies en 1 volume de la collection Etoile double chez Denoël, deux fascinants récits mettant en scène des êtres blessés par la vie, tentant de communiquer, sur fond d'ordinateurs meurtriers et de station orbitale en forme de bulle de champagne.
          Son premier roman, Le canal ophite (J'ai Lu, The Ophiuchus line, 1977), époustouflante variation sur le clonage, fit grand bruit. Millenium (Présence du Futur, Millenium, 1983) est un brillant récit de voyages dans le temps, bourré de clins d'oeil à la SF des années 50. La trilogie de Titan (Présence du futur, Titan, Titan, 1979 ; Sorcière, Wizard, 1980 et Demon, Demon, 1984) est de la jubilatoire S-F d'aventures revue et corrigée par Tex Avery. Mais le meilleur de Varley réside dans ses nouvelles, réunies en trois volumes en Présence du Futur : Dans le palais des rois martiens suivi de Persistance de la vision (Persistence of vision, 1978) et Les Mannequins (The barbie murders, 1980) ; des textes pétillants d'invention et d'humour comme Le Fantôme du Kansas (The phantom of Kansas, 1976, in Dans le palais des rois martiens) — ou comment échapper à son meurtrier lorsque celui-ci est votre propre clone et qu'il vous a déjà tué trois fois ! — ou bouleversant d'émotion comme Les yeux de la nuit (The persistance of vision, 1979 in Persistance de la vision) : chassé par la crise et le chômage, le héros se réfugie dans le village de Keller, une communauté de sourds-aveugles surdoués, un lieu où ceux-ci ont repensé le monde en fonction de leur infirmité, un univers différent qui a sa logique, son organisation, son éthique, un organisme vivant qui possède sa propre façon de concevoir les relations humaines. Au bout de quelques mois, le héros se rendra compte que le seul infirme de Keller, c'est lui.
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