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Herbert George Wells

(Grande-Bretagne ; 1866-1946)

George W. BARLOW

Le Monde de la Science-fiction. M.A. éditions, 1987

          C'est un des pères-fondateurs de la S-F, dont, au tournant du siècle, il aborda nombre des principaux thèmes : le voyage temporel dans La Machine à explorer le temps (Folio — The Time Machine, 1895), les manipulations biologiques avec L'Ile du Dr. Moreau (Folio — The Island of dr. Moreau, 1896), les pouvoirs surhumains avec L'Homme invisible (Livre de Poche — The Invisible Man, 1897), les invasions extraterrestres avec La Guerre des Mondes (Folio — The War of the Worlds, 1898), le long sommeil dans Quand le dormeur s'éveillera (Mercure de France — When the Sleeper Wakes, 1899), l'exploration d'autres planètes avec Les Premiers hommes dans la Lune (Folio — The First Men in the Moon, 1901). On vit alors en lui « le Jules Verne anglais », et c'est toujours un parallèle aussi classique que Voltaire-Rousseau ou Comeille-Racine, d'où il ressort que sa variante du cocktail SF est moins riche en science. Il avait pourtant une formation scientifique, ayant travaillé comme apprenti-chimiste, étudié la biologie avec le très darwinien Thomas Huxley (grand-père d'Aldous) et obtenu en 1890 une licence de sciences. Néanmoins, Verne n'avait dans l'ensemble pas tort de dire : « J'utilise la physique ; lui, il l'invente. »
          Mais inventer une « science future » — qui, au moins dans le cas de la potion d'invisibilité ou la cavorite anti-gravité, n'a aucune chance de se réaliser jamais — pour quoi faire ? Pour l'attrait du sensationnel ? Celui-ci a beaucoup fait pour sa popularité, en Grande-Bretagne d'abord, puis aux USA, où des magazines comme Amazing ou Wonder Stories rééditaient volontiers ses nouvelles et romans. Mais Wells ne serait pas un grand de la SF s'il n'y avait pas aussi l'intérêt humain et social de ses textes. Le Voyageur du Temps découvre à quelle affreuse différentiation entre Eloïs infantiles et Morlocks bestiaux risque d'aboutir la séparation des classes ; Prendick, après avoir échappé aux bêtes que le Dr. Moreau avait en vain cherché à rendre humaines, voit dans tout homme qu'il rencontre le fauve prêt à ressurgir ; l'homme invisible illustre le danger de la puissance individuelle incontrôlée, et les Sélénites ultra-spécialisés, celui de la dépersonnalisation au profit de la collectivité ; cependant, Le Grand Lunaire (gigantesque cerveau-maître) trouve non sans raison les Terriens déraisonnables avec leur babel de langues, leur poussière d'états et leurs guerres — et voilà le pendule ramené dans l'autre sens !
          Pour sortir de ce dilemme, Wells s'efforça de mettre au point dans Une utopie moderne (Mercure de France — A Modern Utopia, 1905) les rapports idéaux entre ordre à imposer et liberté individuelle — dont le mépris a été « le péché commun à toutes les utopies  ». Cette constatation ne l'empêche pas de préconiser, pour la « coordination des activités » et l'administration de la justice, une caste de Samouraïs, « noblesse volontaire » soumise à des règles ascétiques mais non à la sanction des électeurs. Cela lui valut d'être accusé de fascisme, système qu'il attaque pourtant dans La Dictature de Mr. Parham (Malfère — The Autocracy of Mr Parham, 1930) — typique de sa 2ème période, la plus longue mais non la plus fructueuse, son oeuvre perdant en valeur littéraire ce qu'elle gagnait en conviction prophétique.
          Obsédé (non sans raison, vu l'époque) par les conflits armés, il y prévoyait le rôle de l'aviation dans La Guerre dans les airs (Folio — The War in the Air, 1908) et même la bombe atomique dans The World Set Free (1914) mais — ce titre le montre — en attendait qu'ils fassent place nette pour la réalisation de ses idéaux. C'est que son action — tentative de prendre en main la Société Fabienne (1903-1908), puis d'influencer les grands de ce monde — n'avait abouti à rien. Son court mais excellent roman Le Pays des Aveugles (Folio — The Country of the Blind, 1904) prenait ainsi valeur prémonitoire ; il est à regretter qu'il n'ait pas appliqué à lui-même l'humour avec lequel il avait peint les déconvenues de son héros auquel n'apportait aucune supériorité le fait de voir ce qui était caché aux autres.

          Lecture

          - M. Barnstaple chez les hommes-dieux (Albin Michel — Men like Gods, 1926).
          - Au temps de la comète (Folio — In the days of the Comet, 1906).
          - Enfants des étoiles (Folio — Star Begotten, 1937).
          - Sur Wells : Revue Europe n° janv/fév — 1986

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