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H. P. Lovecraft

(USA ; 1890-1937)

George W. BARLOW

Le Monde de la Science-fiction. M.A. éditions, 1987

          « Rien ne me fascine tant que quelque curieuse interruption des lois de la nature, ou quelque monstrueuse intrusion dans notre monde familier d'entités inconnues venues de l'infini extérieur » : bonne auto-définition d'une oeuvre commencée professionnellement en 1922 avec Herbert West, réanimateur (Herbert West, reanimator in Dagon, J'ai Lu), et foisonnant en monstres sous-humains — tels les hommes-poissons du Cauchemar d'Innsmouth (The shadow over Innsmouth in La couleur tombée du ciel, Présence du Futur) — et surhumains — empruntés aux anciennes mythologies comme Dagon, ou en formant une nouvelle, comme Azathoth, Nyarlathotep, Cthulhu, Yog-Sothoth. La démarche habituelle d'une histoire de HPL, c'est le passage de la curiosité à l'horreur, chez le lecteur, mais aussi chez le héros qui, appâté par quelque élément insolite, cherche à en savoir plus, et découvre une vérité insoutenable. Et « un jour viendra », lit-on au début de L'Appel de Cthulhu (The call of Ctbulhu, 1928 in Dans l'abîme du temps, Présence du Futur), « où la synthèse de ces connaissances dissociées nous ouvrira des perspectives terrifiantes sur la réalité et la place effroyable que nous y occupons ; alors, cette révélation nous rendra fous. »
          C'est ce qui est censé être arrivé à l'auteur d'une telle synthèse, Le Nécronomicon : Abdul al-Hazred. Or Lovecraft s'affublait de ce nom quand, enfant émerveillé par les Mille et une nuits, il jouait à l'Arabe. On pourrait donc penser que, premier découvreur de la vision d'ensemble distillée dans ses récits, il en a été la première victime. Mais il se déclare « complètement athée et matérialiste », et ajoute : « L'étrange et le surnaturel me fascinent d'autant plus que je n'en crois pas un mot. » Le visionnaire de génie n'était-il donc qu'un faiseur de talent ?
          D'abord, ses évocations — qui semblent relever du surnaturel comme la malédiction qui frappe génération après génération dans L'Alchimiste (in Dagon) — trouvent une explication, hors du commun certes, mais non hors de l'univers, et ses dieux et démons ne sont pas transcendants mais venus d'ailleurs : c'est de la science-fiction. Par ailleurs, Lovecraft, ne confondait pas ses inventions avec la réalité, mais (de son propre aveu rêvées avant d'être écrites) elles exprimaient sa vérité : sa crainte du monde extérieur (il a vécu toute sa courte vie en reclus à Providence), sa « xénophobie légendaire » et ses « préjugés ethniques » notés par Sprague de Camp, cependant que Damon Knight le qualifie d'« infirme sur le plan émotionnel ». Mais, sur le plan littéraire, ce géant a exploré un nouveau domaine — beauté d'un univers horrible — largement exploité ensuite par d'autres : Clark Ashton Smith, August Derleth, Brian Lumley, Colin Wilson... Il existe même depuis 1978 (chez J'ai Lu) une édition du Nécronomicon.

          Lecture

          - Je suis d'ailleurs (Présence du Futur), Par-delà le mur du sommeil (Présence du Futur), Démons et merveilles (10/18), trois recueils de nouvelles.
          - Night Ocean et autres nouvelles (Belfond, The Night ocean), recueil des nouvelles parues, avant 1922, dans divers fanzines.
          - Sur Lovecraft : Cahiers de l'Herne n°12 (1969).

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Biographies, catégorie Bios
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