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Album
Le Signe de la lune
Série : Le Signe de la Lune    tome 1 

Scénario : Enrique BONET, José-Luis MUNUERA
Dessins : José-Luis MUNUERA

Dargaud , coll. Long courrier, octobre 2009
 
Cartonné
Format 320 x 240
136  pages  Couleurs
ISBN 978-2-2050-6265-6
 
Critiques
       Une vieille femme, assise sur un tabouret, attend le lever de la lune. Elle porte au front un signe en forme de croissant qui la fait souffrir quand elle pense à sa mère. Elle entreprend de raconter l'histoire de celle-ci à ...son chien.

      Artémis, une adolescente, est irrésistiblement attirée par la lune. Pour la voir de plus près, elle se rend, avec son jeune frère, à la maison des branches. Celle-ci étant déjà occupée par la bande à Rufo, un trio de bravaches, elle n'hésite pas à aller à la Tour du fou, près du puit du monstre. En chemin, elle croise Brindille, un garçon qui parcourt la forêt et parle aux animaux. Par jalousie, Rufo les poursuit. Brindille, qui s'arrête pour qu'Artémis et son frère puissent s'enfuir, se fait sévèrement rosser.
      En approchant du puits, son frère prend peur. Au village, les adules racontent des histoires de monstres qui entraînent les enfants dans les profondeurs.
      Chaque nuit, Artémis revit le même cauchemar, un petit garçon se noie et l'appelle à son secours.
Pif, un étrange nain au nez démesuré, est au service de la Guérisseuse. Il lui vole un bijou représentant un croissant de lune souriant. Aussi, quand sa maîtresse lui demande de lui rapporter un plein pot de limaces, animaux qui le répugnent, il imagine un moyen de faire faire son travail. Il convie tous les enfants à un jeu de piste pour retrouver un bijou. Ceux qui lui apportent beaucoup de limaces auront des indices. Mais le jeu se termine tragiquement...

      Les scénaristes s'appuient, pour leur récit, sur les sources universelles de terreur que sont la nuit et la forêt. Ils opposent, à ces peurs générées par l’ombre, l'astre brillant qui peut fasciner, étant le seul phare dans l'obscurité profonde. Avec ces éléments, les auteurs élaborent une histoire fantastique de la plus belle eau, à mi-chemin entre récit d’aventure, drame psychologique et conte philosophique. Ils pointent, avec cet attrait pour la lune, les dangers du clinquant, de la fausse lumière. Ils montrent que les véritables craintes à avoir viennent des hommes et non de la nature, qui reste bienveillante pour qui sait l'aimer et la respecter.
      Autour d'Artémis, Bonet et Munuera ont déployé une galerie de personnages hauts en couleurs, sur fond de ruralité intemporelle. Avec ces composants, ils façonnent un récit dans le plus pure tradition du fantastique espagnol, si riche en métaphores. Ils dotent leur histoire, synthèse de nombre de contes universels, d'une dimension profondément humaine.

      Cependant, ce récit resterait bien classique sans la mise en images magistrale de José Luis Munuera, un des dessinateurs les plus talentueux de notre époque. Révélé au public français grâce à Joann Sfar dans la série Merlin (Dargaud), c’est avec J.D. Morvan, qu’il explose et révolutionne les personnages de Spirou et Fantasio, redonnant à ces héros toute la dimension merveilleuse, tout le dynamisme qu'André Franquin avait su générer en son temps.
      Il traite Le signe de la lune, un album de 136 pages au lavis noir et blanc, rehaussant dans certaines vignettes, le manteau d'Artémis d'une tache rouge. Il obtient une ambiance crépusculaire propice au climat du récit.

      Le signe de la lune est une révélation de l'automne 2009. Si, pour Noël qui approche, vous ne savez quel cadeau faire à des proches qui ont déjà tous les appareils ménagers imaginables, tous les gadgets inutiles au fond de leurs placards, offrez cet album. Ils retrouveront la fraîcheur de l'enfance, revivront les frissons nés des contes, les émois des jeunes adultes, la nostalgie d'une époque où tout leur était encore possible.

Serge Perraud          
nooSFere          
16/11/2009          


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