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Album
Le Protocole Pélican - Tome 3
Série : Le Protocole Pélican    Album précédent tome 3 

Scénario : Richard MARAZANO
Dessins : Jean-Michel PONZIO
Couleurs : Jean-Michel PONZIO

Dargaud , février 2013
 
Cartonné
Format 320 x 240
56  pages  Couleurs
ISBN 978-2205-06790-3
 
Critiques
     Ce troisième tome s'ouvre sur l'arrivée d'un nouvel individu parmi le groupe des Unités, ces personnes, apparemment ordinaires, enlevées à travers le monde pour vivre une expérience inédite sur une plateforme perdue au cœur d'un océan. Ce n'est autre que le professeur Kresse, le responsable du projet. Il semble démis de ses fonctions et ramené à l'état de sujet d'études. Son arrivée suscite deux types de réactions à des degrés divers : les uns le considèrent comme un ennemi venu les étudier de près, les autres pensent qu'il peut leur apporter une aide pour retrouver leur liberté.
     Dans un premier temps, Kresse explique à certains, avides d'informations, ce qu'il sait du programme, précisant bien qu'il ne le connait pas entièrement. L'expérimentation est pilotée par un calculateur surpuissant qui a dépassé, en intelligence, ses concepteurs et qui est devenu autonome.
     Le protocole, révèle-t-il, a pour but de traquer une idée qui, comme un virus, pourrait coloniser un corps social et le menacer, voire le détruire. C'est cette idée que les initiateurs du projet recherchent, ainsi que le porteur inconscient de celle-ci. Or, le porteur est l'un d'eux...
 
     Avec ce troisième tome, sur les quatre prévus pour la série, Richard Marazano fait entrer plus avant le lecteur dans un univers de concepts, d'axiomes qui touchent les domaines psychologiques, sociologiques. Il y ajoute les neurosciences et la physique quantique. Il offre un scénario à la richesse exceptionnelle, jonglant avec les réflexions, les postulats. Il ouvre une voie passionnante avec le rapprochement entre l'idée et le virus, la première se comportant comme le second, pouvant rester en état latent puis se réactiver pour venir infecter le porteur et se répandre dans un corps social.
     Il joue avec nombre d'axiomes comme, par exemple, celui qu'on attribue à Einstein : « Il n'y a pas de de Dieu et ce Dieu, qui n'est pas, joue effectivement aux dés... » Mais, il ne se contente pas de jongler avec les aphorismes, il détaille de façon remarquable, les différents comportements des individus, leurs réactions face à des événements incongrus, déstabilisants. Certains répondent par la révolte ou la soumission, d'autres par la violence ou la ruse.
     Il livre, également, une explication sur les raisons qui ont motivé le choix du titre de la série.
    Richard Marazano construit un huis-clos angoissant où il mène des réflexions sur le libre-arbitre, sur le pouvoir et ses dérives humanitaires, sur la résistance à l'oppression, sur la préservation de la liberté de penser, d'agir.
 
     Le dessin hyperréaliste de Jean-Michel Ponzio renforce ce sentiment d'angoisse avec ses visages travaillés à partir de photos, ses décors anonymes et glaçants. Il propose une mise en page oppressante jouant sur le format des vignettes, multipliant les gros plans dans des cases longitudinales suscitant un sentiment d'écrasement.
 
     Après l'impressionnant Complexe du chimpanzé (Dargaud), ces créateurs offrent une série d'une grande qualité, au scénario particulièrement riche et novateur, au graphisme en accord subtil avec le sujet.
 

Serge Perraud          
nooSFere          
09/04/2013          


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