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Album
Le Roman de la mère de Renart
Série : Merlin (a)    Album précédent tome 4  Album suivant

Scénario : Joann SFAR
Dessins : José-Luis MUNUERA
Couleurs : WALTER

Dargaud , septembre 2001
 
Cartonné
Format 295 x 225
48  pages  Couleurs
ISBN 2-205-05094-x
Voir une planche.
 
Quatrième de couverture
     « — Moi, j'aime bien casser la figure des gens...
     — Ca va pas, de se comporter comme des bêtes sauvages ? !
     — Justement, je suis une bête sauvage.« 
 
Critiques
     Les Merlin se succèdent et se ressemblent, mais chaque nouvel épisode semble meilleur que le précédent. Le premier tome de la série était déjà fort sympathique, mais le troisième volume, déstructurant l'histoire de la conquête de l'Angleterre par Guillaume le conquérant était déjà un pur régal...
     Sfar et Munuera s'attaque cette fois à l'un des plus grands classiques de la littérature, Le Roman de Renart, que certains instituteurs continuent à infliger à nos enfants. Ces enseignants seraient bien avisés de faire étudier dans la foulée cet album époustouflant qui revisite l'oeuvre avec beaucoup d'humour mais aussi beaucoup d'intelligence.

     Le récit débute par l'un des épisodes les plus célèbres du Roman de Renart, celui de la queue d'Ysengrin prise dans la glace. Merlin trouve ici une solution efficace – à défaut d'être élégante... – pour sortir le loup de ce pétrin.
     Mais ce n'est qu'un début  ! Le récit s'éloigne très rapidement du modèle pour accumuler les gags les plus divers à un rythme infernal. Comme dans les précédents épisodes, plusieurs niveaux de lecture s'entremêlent afin de réjouir petits et grands.
     Ainsi, il est peu probable que les enfants reconnaissent une séquence directement extraite du film Hannibal dans le supplice infligé par Renart à une pauvre vache (ou alors les parents feraient bien de surveiller leurs cassettes vidéos  !). Ils n'apprécieront peut-être pas non plus à leur juste saveur les considérations de Merlin sur le déterminisme – demandant notamment aux autres personnages « Vous vous souvenez vraiment de trucs qui sont arrivés avant qu'on vous rencontre  ?  » comme dans tout bon ouvrage traitant de la perception de la réalité. Ou encore l'irruption de Renart dans l'univers de son créateur durant deux planches dessinées à la manière de Sfar (ou par Sfar  ?), où le goupil taquin s'exclame « Bon Dieu que c'est mal dessiné  »  ; ce passage où Renart marchande pour ne pas être tué, arguant de sa stature de « légende appartenant à la mémoire occidentale  » est absolument fameux, même si beaucoup d'autres personnages de BD ont déjà dialogué avec leur démiurge. La mort de Renart responsabilise les autres personnages qui pensent subitement être « dans la vraie vie  ».
     Bref, une fois encore, les blagues scatologiques de cours de récréation côtoient de fines parodies ou de subtils détournements, permettant à chaque âge d'y trouver son compte.

     Le dessin de Munuera demeure d'un dynamisme époustouflant. La moindre scène en devient hilarante, comme celle où le loup investit le château en voltigeant sur les murs dans le plus pur style « kung-fu de cinéma  ». Le parfait équilibre entre la drôlerie issue du texte et celle apportée par le graphisme créé ainsi une synergie qui dépasse de loin la simple addition des talents. Bref, rien que du bon.

Pascal Patoz          
nooSFere          
02/01/2002          


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