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Album
Aghora, le père-mère
Série : La Caste des Méta-barons    Album précédent tome 7  Album suivant

Scénario : Alexandro JODOROWSKY
Dessins : Juan GIMENEZ

Humanoïdes Associés (Les) , janvier 2002
 
Cartonné
Format 320 x 240
64  pages  Couleurs
ISBN 2-7316-1464-1
 
Quatrième de couverture
     — C'est une histoire qui parle du Méta-Baron, mon maître !...
     — Ah, Tonto, le Méta-Baron, c'est le plus sauvagement imprévisible de tous. C'est le plus grand, le Méta-guerrier !...
     — ...une longue histoire, Lothar, qui remonte à Othon le trisaïeul et se poursuit sur toute la lignée. Je vais te conter les origines de la Caste des Méta-Barons...
 
Critiques
     Né de Melmoth, l'entité double, et de Dona Vicenta Gabriela de Rokha, Aghora est un couple d'enfants siamois, séparés à la naissance et fusionnés en une seule créature au corps de femme — mutilé et masculinisé — et au cerveau d'homme. Cet étrange « androgyne » s'avère digne de prolonger la dynastie des Méta-barons : il peut par exemple se mettre le bras dans une machine à trancher le jambon sans sourciller...
     Pour discutables qu'elles soient, les lois méta-baroniques (héritier mâle et parricide ; apprentissage de la souffrance, mutilations volontaires et prothèse cybernétique...) autorisent les auteurs à mettre en scène des situations extrêmes. Après avoir imaginé l'étonnant Melmoth — qui achève dans ce tome son évolution cybernétique vers une machine invulnérable, sans plus rien d'humain en surface, et peut-être plus grand chose d'humain en profondeur — , Jodorowski repousse une nouvelle fois les limites de cette thématique en démontrant la possibilité d'un auto-inceste !
     Plusieurs problèmes se posent : comment Aghora peut-il/elle être le père du futur Méta-baron alors qu'il/elle est une femme ? Et comment tuer son père, comme le veut la tradition, si celui-ci est indestructible ?

     Bref, les auteurs n'hésitent pas à s'enfoncer toujours plus loin dans une ambiguïté volontairement malsaine. Le thème du cyborg et de la transformation du corps a rarement été exploré de façon aussi complète, sauf peut-être au Japon où ce cocktail mélangeant un code d'honneur guerrier, des fantasmes sexuels morbides et des métamorphoses en machine fait partie de l'héritage culturel et de thématiques assez souvent abordées par le cinéma nippon ou les mangas.

     A contre-pied de la SF humaniste, ces albums semblent ainsi vanter sans réelle distanciation les valeurs guerrières et le mérite de la souffrance, ce qui suscite un malaise chez le lecteur, voire l'écœurement. On peut légitimement refuser de lire cette série d'une rare cruauté. On peut aussi accepter l'étrange fascination qu'elle provoque et réfléchir aux questions qu'elle pose sur les limites de l'humain et les façons de transcender — ou de détruire — son humanité.
     Mais jusqu'où vont-ils aller ?

Pascal Patoz          
nooSFere          
01/06/2002          


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