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Album
Africa
Série : Djinn    Album précédent tome 5  Album suivant

Scénario : Jean DUFAUX
Dessins : Ana MIRALLES
Couleurs : Ana MIRALLES

Dargaud , octobre 2005
 
Cartonné
Format 298 x 225
48  pages  Couleurs
ISBN 2-87129-757-6
 
Critiques
     C'est à travers le récit de Charles Augery, le responsable de la sécurité du comptoir de Manokko, que Jean Dufaux nous raconte l'épopée que poursuivent Jade et le couple Nelson. Après le Turquie, c'est sur les rives des grands fleuves africains que l'auteur poursuit son histoire. Il passe ainsi de l'exotisme du Moyen-Orient à la magie de l'Afrique profonde.

     Augery, dans une position périlleuse, se remémore les événements qui l'ont conduit à attendre la mort. Tout commence quand il découvre un massacre sur le pont d'un bateau échoué contre un banc de sable. Il trouve une seule survivante, une femme blonde, blessée et profondément choquée. Au dispensaire où elle se remet, Lady Nelson raconte l'attaque menée par un sorcier noir lépreux, qui commande à sa maladie. Lord Nelson et Jade ont été emmenés. Depuis, quelque temps cette dernière attirait l'attention avec la perle noire qu'elle portait en boucle, à l'oreille droite.
     Et la colonie blanche découvre soudain un mouvement de révolte armée, de la part d'une tribu qui se revendique de Anaktu, la déesse des fièvres et des anéantis. Pendant que Nelson est traité comme un prisonnier, sans ménagement, les femmes de la tribu préparent Jade pour une cérémonie.

     « L'homme n'est rien face aux légendes et aux mythes. ». C'est avec cette phrase que Jean Dufaux ouvre le second cycle de Djinn. Il s'attache, dans ce volume, à transcrire l'âme d'un pays, l'esprit d'un peuple et l'image d'une Afrique qui commence à se rebeller face aux excès, aux abus du colonialisme. Un panel de personnages, fort bien choisi, lui permet d'exprimer les différentes opinions, les différentes attitudes des blancs par rapport aux populations locales, en cours à cette époque et les dérives qui en découlaient. Il en profite pour dénoncer l'exploitation des animaux.

     Dans le cycle précédent, les auteurs avaient créée une atmosphère envoûtante, faite de douceur et de sensualité, voire de libertinage. Cependant, ils avaient su gérer une situation qui pouvait très vite devenir scabreuse avec un tel trio de héros, conjuguant un érotisme proche du masochisme et des liaisons amoureuses ardentes. Ce volet semble mis en veilleuse au profit d'un climat mêlant envoûtements, mystères ancestraux et mouvements de révolte. Toutefois, comme il est toujours présent, même dans les moments les plus noirs, s'esquisse un amour difficile à vivre, presque impossible.

     Et puis, et puis, ...il y a les couleurs enchanteresses de Ana Mirallès, ses aquarelles qui restituent toute la beauté d'un monde, révèlent toute une sensualité riche en éclairages, en odeurs. Ses planches sont de plus en plus belles. Je la crois capable de faire sourdre l'érotisme d'un caillou, tant son talent pour suggérer, adoucir ou forcer les tons est grand. La mise en scène s'allie à une capacité à appréhender le climat de l'histoire, à faire ressentir la tension de l'action et le picotement de l'adrénaline qui se répand dans les organismes.

     Dans cet épisode l'auteur ouvre de nombreuses pistes, donne de nouvelles orientations pour un renouveau de la série. La magie et la valeur des précédents tomes sont intactes.
     C'est une nouvelle réussite d'un couple d'auteurs d'exception qu'il faut saluer !

Serge Perraud          
nooSFere          
04/12/2005          


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