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La Vérité avant-dernière

Philip K. DICK

Titre original : The Penultimate Truth, 1964

Traduction de Alain DORÉMIEUX

Robert LAFFONT (Paris, France), coll. Ailleurs et demain n° (32)
Dépôt légal : 4ème trimestre 1974
catégorie / prix : nd
ISBN : néant   
Genre : Science-Fiction



    Quatrième de couverture    
     Ils attendaient la fin de la guerre qui faisait rage à la surface.
     Ils attendaient depuis quinze ans, prisonniers des abris souterrains qui les protégeaient des bombes, de la radioactivité et des maladies artificielles comme la fièvre gonflante ou la contractivite.
     Et ils n'étaient informés des progrès du conflit que par les discours tonitruants de Talbot Yamy, président de la Dém-Ouest.
     Qui n'était qu'un pantin animé par les nouveaux maîtres de la terre, qui s'étaient partagé la Terre redevenue verte.
     Et qui avaient fait du mensonge une industrie, un art, un mode de gouvernement.
 
    Critiques des autres éditions ou de la série    

 
Edition J'AI LU, Science-Fiction (1959 - 1984, 1ère série) (1979)


 
     VOTRE PRESIDENT N'EST QU'UN SIMULACRE

     Depuis 15 ans des millions d'Américains sont enfermés dans des abris antiatomiques, et regardent à la télé la guerre qui fait rage à la surface. Depuis 15 ans ils écoutent par le coax la voix bienveillante du gouvernement d'Estes Park en la personne du Protecteur Talbot Yancy, qui affiche tous les jours sur les écrans géants son visage grave et serein. Depuis 15 ans ils fabriquent à un rythme sans cesse accru des solplombs, ces soldats électroniques qui vont se battre pour eux à la surface, ne craignant ni les radiations, ni la fièvre gonflante, ni la contractivité.
     Cette réalité va commencer à se désagréger le jour où Maury Souza, le meilleur mécanicien de l'abri Tom Mix, meurt d'une maladie du pancréas. Il est aussitôt placé en hibernation, et le président du Tom Mix, Nicholas Saint-James, est quasiment forcé de monter à la surface chercher un grefforg, un pancréas artificiel. Car le quota de solplombs ne sera jamais atteint sans Souza, ce qui peut entraîner des représailles.
     Une autre réalité va soudain s'imposer à Nicholas Saint-James : celle de la surface...
     La guerre est finie depuis 13 ans. La Terre est devenue un immense jardin stérile que se partagent les Yancees, isolés dans d'immenses domaines, avec une armée de solplombs domestiques/gardes du corps à leur service.
     Autre facette de cette réalité : Talbot Yancy n'existe pas. Ce n'est qu'un simulacre, un pantin électronique en double exemplaire (américain et soviétique) programmé par ordinateur avec des discours rédigés par les Yancees...
     Comme Joseph Adams, un brillant rédacteur malade de solitude et craignant la concurrence, qui devient malgré lui une pièce importante sur l'échiquier du pouvoir. Le pouvoir, c'est Stanton Brose, un gros tas bourré de grefforgs à tel point que la seule parcelle de Stanton Brose original réside dans le cerveau. Lequel est dévoré par la graisse, la mégalomanie et la paranoïa. Brose est accroché à son pouvoir, il a trop peur de le perdre. C'est pourquoi il s'enlise en complots et machinations — mais il est dépassé par les répercussions de la supercherie.
     Car toute cette mystification est son œuvre, inspirée par les deux documents primordiaux de son maître Gottlieb Fisher : deux films datant soi-disant de la IIe Guerre Mondiale, prouvant que les ennemis véritables des USA ont toujours été les Soviétiques (et inversement), que les Allemands, grandes victimes de cette guerre, étaient en fait des alliés secrets... Une merveille d'illusion, malgré quelques erreurs bénignes — que l'on retrouve, amplifiée, dans le système de Stanton Brose.
     Que faire de ces milliers de gens qui, comme Nicholas Saint-James, remontent des abris ? L'architecte Louis Runcible les loge dans des cités prisons — car ils ne doivent surtout pas redescendre ! Et ces milliers de gens, dans leurs clapiers, continuent de fabriquer des pièces pour les solplombs, exploités, bernés et conscients de l'être. Ça tourne rond — trop bien même : Runcible est en train d'implanter un état de réfugiés dans l'empire illusoire de Stanton Brose.
     Et Joseph Adams, le pauvre rédacteur en perte de vitesse, est secoué comme un bouchon dans une lutte pour le pouvoir entre Brose, Runcible, Foote (de Webster Foote Int., l'agence d'espionnage qui sait tout sur tous), et Lentano, un autre brillant rédacteur du Talbot Yancy — qui est bien plus que ça en fait : d'une autre réalité, 600 ans en arrière. C'est pourquoi il oscille sur le temps...
     Nicholas Saint-James et Joseph Adams se rencontreront au carrefour de leurs trajectoires hiératiques (chez Lentano), pareillement désemparés par une réalité qui leur échappe, essayant de parvenir malgré tout à leurs fins.
     Mais sous la façade fragile d'un quotidien presque immuable se masque une illusion qui dissimule un mensonge... Tous les leitmotivs/locomotives de Dick nous envahissent : simulacres, temps désarticulé, pouvoirs Psi, pouvoir monstrueux, luttes entre empires industriels, réalités divergentes... Encore un de ses meilleurs livres. Mais qu'est-il arrivé à Dick en 1964 ? Dorénavant, quand vous allumerez votre télé, regardez bien la gueule du pantin qui discoure : peut-être lui trouverez-vous le regard un peu trop... électrique.

Jean-Marc LIGNY (lui écrire)
Première parution : 1/6/1979
dans Fiction 302
Mise en ligne le : 13/12/2009




 

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