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Les Écumeurs du silence

Michel JEURY

Cycle : Les Écumeurs du silence (omnibus)

Illustration de Philippe JOZELON
IMAGINAIRES SANS FRONTIÈRES n° (5), dépôt légal : avril 2002
360 pages, catégorie / prix : 16 €, ISBN : 2-84727-007-8

Omnibus des 2 romans publiés initialement au Fleuve Nor : Les écumeurs du silence & Le sombre éclat.
Couverture

    Quatrième de couverture    
     Ravagée par la pollution, la Terre se meurt... Seul, le « Grand Moratoire » offre un espoir aux générations futures : suspendre l'activité humaine pour permettre à la nature de revivre.
     Cinq siècles ont passé...
     Juo Jombro, officier révolté, abandonne pourtant son vaisseau de Surveillance pour regagner la Terre. Hélas, les rivalités, la peur, la faim n'ont pas déserté la planète...
     Pire : des chiens géants, dotés d'une intelligence diabolique, y sèment la terreur !
     Dans ce monde où rôde la violence. le destin de Juo Jombro va se confondre avec celui d'Haroun le Nomade, de Naha, l'enfant visionnaire, et d'Ushaïa, dont le village a jadis été ravagé par les terrifiants « Écumeurs du Silence »
     Le « Peuple de la Présence », lui, attend toujours, plein d'espoir... Les Maîtres s'éveilleront-ils enfin ?

     Grand Prix de la SF française 1974 pour Le Temps incertain, Prix Rosny aîné 1980 et 1981 pour Le Territoire humain et Les Yeux géants, Michel Jeury a été l'auteur phare de la SF des années 70. Venu à la littérature générale dans les années 80 avec un succès considérable, il a obtenu, en 1988, le Prix Terre de France/La Vie pour Le vrai goût de la vie (Robert Laffont). Une carrière exemplaire qui confirme qu'en littérature une chose compte plus que les étiquettes : le talent !

 
    Critiques    
     La pollution et la surpopulation ont dévasté la Terre et ont contraint l'humanité à décider un « Moratoire » durant lequel l'humanité a été mise en sommeil — au sens littéral de l'expression... « Une idée tellement sage qu'elle avait été considérée pendant un siècle au moins comme tout à fait folle. » (p.70)
     Cette période a permis à la planète de redevenir progressivement l'Eden qu'elle n'aurait jamais dû cesser d'être. Mais pendant que, sous terre, les « Dormeurs » attendent de s'éveiller dans un monde régénéré, les « Peuples de la Présence » assurent une permanence de la vie humaine en surface, sous le contrôle des « Surveillants ». Ces derniers, surnommés « les Ecumeurs du silence », ont pour mission d'empêcher le développement de toute technologie polluante et bruyante.
     Mais cinq cents ans ont passé, les stocks et les puits d'alimentation s'épuisent et nul ne sait si les Dormeurs s'éveilleront un jour. En leur absence, les Ecumeurs ont-ils encore un rôle à jouer : « si personne ne les arrêt[[]e], ils continuer[[]ont] longtemps encore, peut-être des siècles, muselant le peuple, bloquant tout progrès et interdisant à l'humanité de prendre un nouveau départ. » (p.71)
     Avec le temps, les origines du Moratoire se sont perdues dans l'oubli et la tradition orale donne peu à peu naissance à des dogmes et à des mythes. Certains s'interrogent : combien y a-t-il de Dormeurs ? Quelques dizaines ou centaines de mille selon la tradition... Mais alors, que sont devenus les milliards d'habitants qui peuplaient la Terre à l'époque du Moratoire ? Comme dans toute religion, « quand il y a dans un système une contradiction insoluble, on en fait un mystère et le tour est joué ! » (p.83)

     Un long résumé serait nécessaire pour donner un aperçu de la richesse de l'univers imaginé par Michel Jeury. Bien que le décor du roman soit de type « post-apocalyptique », c'est une décision réfléchie — celle de mettre la majeure partie de la population en hibernation, le temps pour la planète de faire une pause — qui remplace ici le cataclysme originel. Cette différence est capitale, car contrairement aux récits de survivance habituels, l'évolution de la Terre future a été programmée à l'avance et des systèmes de régulation ont été mis en place. Ainsi, diverses « castes » se côtoient pour assumer des fonctions précises, comme celle des « Ecumeurs » — soldats conditionnés par programmes et enzymes neuro-magnétiques — , celle des « Destructeurs », celle des « Envoyés »... Certains cependant se sont placés en marge du système, comme les nomades ou les « Technoïs » réfugiés dans les îles de l'espace...

     Ce futur programmé est-il encore valide ? Un dysfonctionnement a-t-il définitivement écarté toute chance d'aboutissement du plan initial ? Les hommes qui arpentent encore la planète ont-ils intérêt à réveiller les Dormeurs ? Doivent-ils chercher à s'affranchir des Ecumeurs ? Le « Moratoire » s'est-il bâti sur un génocide ? Les questions soulevées sont nombreuses et passionnantes. Pourtant, construit autour des itinéraires mouvementés d'une maîtresse de village — les Peuples de la Présence sont dirigés par des femmes — , d'un Ecumeur rebelle et de divers autres personnages, Les Ecumeurs du silence est tout d'abord un réjouissant roman d'aventures — en dépit de quelques longueurs à l'approche du dénouement.
     Publié en 1979 au Fleuve Noir, en deux volets, ce roman est évidemment moins ambitieux que les ouvrages plus ardus de Michel Jeury, mais, paradoxalement, l'excellent et difficile Temps incertain, premier volet de la Trilogie chronolytique et œuvre majeure de la SF française, a peut-être plus vieilli que les Ecumeurs du silence. En effet, ce dernier n'a rien perdu de sa pertinence : son rythme et certaines de ses thématiques font d'ailleurs qu'on le rapprochera volontiers d'œuvres plus récentes, comme celles de Pierre Bordage.
     Bref, une bien heureuse réédition !

Pascal PATOZ (lui écrire)
Première parution : 2/9/2002
nooSFere


     Depuis cinq siècles, la Terre vit sous le Moratoire pour guérir des plaies de la pollution : l'humanité est en hibernation ; seuls quelques millions de personnes, le Peuple de la Présence, restent éveillées. Si des mystérieux Puits de Stocks leur fournissent des objets manufacturés, les pratiques bruyantes et polluantes de l'ère industrielle leur sont interdites, et les Surveillants — alias Écumeurs du silence — font respecter l'édit. Avec, souvent, une brutalité inutile.
     Le livre suit les destins de deux francs-tireurs : Juo, un officier des Surveillants qui choisit de déserter, et Ushaïa, chef du village d'Acharac en passe de perdre son mandat, qui retrouve le premier dans des circonstances dramatiques. Au passage, nous rencontrons Nomades, chiens géants, Technoïs (installés dans des stations spatiales, ils rendent visite à la planète-mère), tous porteurs d'une parcelle de réponse au mystère de l'absence des Dormeurs.
     Ce roman était paru en 1980 au Fleuve Noir « Anticipation », en deux volumes titrés Les Écumeurs du silence et Le Sombre Eclat. À l'époque, Jeury commençait tout juste à écrire pour la grande collection de SF française populaire, et on sent l'écrivain comme emprunté dans son nouveau rôle : structure narrative flottante (le premier volet se déroule en quelques jours, le deuxième sur des années ; des péripéties paraissent superflues), thématique hétéroclite (est-il besoin d'introduire ces communications télépathiques bien commodes pour tirer les protagonistes d'affaire...), sexe et violence dispensés çà et là comme pour pimenter.
     On n'a donc pas affaire à un chef d'œuvre comme ceux qui sont sortis chez « Ailleurs et Demain » dans les années 70, mais le roman est intéressant parce que ses personnages sont attachants, et le paysage bucolique fort bien rendu. Point notable : si Jeury adopte un cadre très répandu dans la SF française des années 50-70 (et bien au-delà), le monde campagnard post-catastrophe, il n'idéalise jamais la vie « naturelle ». Michel Jeury a vécu dans un monde d'agriculteurs, œuvrant à dompter la nature plus qu'à l'encenser, et met en scène une quête constante de la technologie, doublée de la conscience de ses dangers.


Pascal J. THOMAS (lui écrire)
Première parution : 1/6/2002
dans Galaxies 25
Mise en ligne le : 1/2/2004


 
Base mise à jour le 24 septembre 2017.
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