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Requiem pour dix cerveaux en fugue

Jean-Pierre ANDREVON

Science Fiction  - Illustration de Michel GALVIN
FLAMMARION, coll. Quark Noir n° (4), dépôt légal : avril 1999
294 pages, catégorie / prix : 69 FF, ISBN : 2-08-067653-9

Consultant scientifique : Alim-Louis Benabid, chef de service de neurochirurgie.
Couverture

    Quatrième de couverture    
     Nom de code : slavine. Zone concernée : le système limbique. Effet produit : un sacré grabuge dans la communauté scientifique ! Qu'un vieux toxicologue à la retraite soit retrouvé raide mort, la tête dans son vivarium de grenouilles venimeuses, passe encore. Mais quand la mort se met à frapper en cadence les plus grands cerveaux de la science, ça vaut bien que Mark Sidzik vienne y mettre son nez... Ou plutôt son oreille. Car allez comprendre pourquoi : tout ce petit monde ne meurt qu'en musique...

     Jean-Pierre Andrevon vit à Grenoble, où il est né. Peintre, musicien, écrivain, ce touche-à-tout considéré comme le maître de la science-fiction des années 70 (Gandahar, Le Désert du monde, chez Denoël) s'est reconverti depuis quelques années dans le polar et le thriller, notamment chez Baleine.

 
    Critiques    
     Tout commence par une drôle d'expérience que l'on ose à peine qualifier de scientifique : un étudiant avale une potion à tester, un peu de musique s'élève, on lui présente un clochard, il l'étrangle jusqu'à ce que mort s'ensuive, l'infirmière revient, fait sortir l'étudiant, rideau.

     Peu de temps après, Mark Sidzik, agent du World Ethics and Research, est convoqué par son boss parisien. Paru dans une revue scientifique, un article étrangement imprécis et alarmiste a attiré l'attention du W.E.R. : qu'est-ce que le docteur Angela Boam-Carter, neurobiologiste du M.I.T., veut donc faire passer comme message ? Et pourquoi a-t-elle subitement quitté son laboratoire, après la publication de cet article cryptique ? À Mark Sidzik de retrouver sa trace et de lui poser ces questions... Et sa trace, il la retrouve d'ailleurs très vite : Angela Boam-Carter débarque justement en France !

     Cependant, des scientifiques se réunissent en secret chez le docteur Théo Kramer, un petit vieux tyrannique et sans scrupules. Parmi les chercheurs : Angela Boam-Carter. Accusée par le groupe d'avoir essayé de vendre la mèche. Les accusations ne fusent pas longtemps : les récriminations du petit groupe sont interrompues par l'arrivée sur l'ordinateur de Kramer d'un inquiétant message. Signé des « Gardiens des Commandements Divins », ce message convoie des menaces obscures et des sous-entendus d'ordre religieux, apparemment en rapport avec les expériences menées depuis de nombreuses années par le petit groupe. Mais qui peut bien savoir ? S'agirait-il d'une nouvelle secte ?

     Un premier chercheur est assassiné — biologiste presque oublié, spécialisé dans l'étude des dendrobatides (les minuscules grenouilles empoisonnées d'Amazonie), mais ayant fait partie du groupe de Kramer. C'est ensuite au tour de Kramer lui-même de succomber aux mises en scène des tueurs. Chaque fois, une musique s'élève, ravissant la santé mentale des victimes... Et un copain de Mark Sidzik reçoit également les menaces — alors qu'il n'a participé au groupe que fort brièvement et l'a quitté depuis longtemps.

     Jean-Pierre Andrevon prend décidément l'habitude de se couler dans les moules des nouveaux « mondes partagés » de la littérature populaire française : après un « Poulpe » magistral et un « Macno » décevant, c'est un « Quark Noir » de bon niveau qu'il nous livre. Car la nouvelle collection de chez Flammarion marche bel et bien sur les traces des créations de chez Baleine : on y retrouve un personnage « libre », Mark Sidzik, menant des enquêtes policières — comme le « Poulpe » — et un cadre plus ou moins science-fictif — comme chez « Macno ». J'ai également songé aux personnages esquissés par Serge Lehman dans quelques trop rares romans du Fleuve Noir signés Karel Dekk et Martin Dirac : même mélange de personnalités attachantes (jolie trouvailles des éditrices que la grand-mère Joanna), de vie intime tumultueuse, et d'enquête aux limites de la science et du crime. Ceci étant dit, je ne vois rien de négatif dans une telle inspiration. Bien dirigée (ce qui ne semble pas être le cas de « Macno »), une telle collection/œuvre collective peut s'avérer des plus astucieuses. D'autant que l'hybridation polar/S-F donne généralement de beaux bébés...

     Jean-Pierre Andrevon tisse une intrigue bien trouvée, aux rebondissements scientifico-criminels originaux. Tout juste pourrai-je reprocher à l'auteur d'avoir trop brièvement esquissé les présentations de chacun des nombreux personnages secondaires : je m'y suis parfois un peu perdu... Pour le reste, suspense bien mené et style impeccable (Andrevon sème régulièrement de belles descriptions dans ses pages, et sait trousser des dialogues comme personne). Un roman vite lu : ce n'est pas un reproche mais la simple constatation d'une lecture agréable, sans heurts. Exactement ce que l'on doit demander d'un bon polar, à mon sens. Si tous les « Quark Noir » sont d'aussi bonne facture, je pourrai facilement devenir un amateur de la collection.

André-François RUAUD (lui écrire)
Première parution : 1/6/1999
dans Bifrost 14
Mise en ligne le : 12/10/2003


 
Base mise à jour le 9 septembre 2017.
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